‹ Discours de Sir Georges Cartier, baronnet [microforme]Chapitre 140 sur 247 · ÉLOGE FUNÈBRE DE M. L'ABBÉ GRANET · texte numérisé non relu

ÉLOGE FUNÈBRE DE M. L'ABBÉ GRANET

sagesse, la science, la modestie et les vertus vraiment chrétiennes äont ce digne prêtre a donné l'exemple à cette ville et au pays pendsat les dix années qu'il a passées à la tête de cette importante maisor, et de cette vaste et populeuse paroisse.” M. Cartier accompagna cette résolution de quelques remarques.

M. le Président et Messieurs,

Après les paroles pleines d’éloquence ot de vérité que nous venons d'entendre, bien peu d'observations sont nécessaires pour faire connaître les qualités éminentes du très regretté supérieur du séminaire, M. Granet. La religion et la société également font en lui une grande perte. La direction des affaires du Séminaire de Saint-Sulpice, à Montréal, est une charge très considérable et très difficile ; elle est aussi, pour ainsi dire, d'utilité publique, car à la prospérité de cette maison se rattache étroitement la prospérité de la ville elle-même. Combien d’églises ont été construites par notre Saint-Sulpice ? Combien d'enfants pauvres sont nourris, habillés et instruits par lui ? A voir la modestie et l'humilité des membres de cette congrégation, on ne se douterait point des grands biens qu'elle possède et emploie à cet usage. Il n’est pas une parole de ces saints prêtres, pas une de leurs démarches, qui ne soit inspirée par le désir de rendre service à la société et à la religion. Aussi, est-ce un grand bonheur, pour nous, habitants de Montréal, d’avoir au milieu de nous leur maison, liée avec l’illustre m£'son de Saint-Sulpice en France. Et dans la douleur que nous cause la disparition d’un homme qui personnifiait si bien par sa science et ses vertus la société qu'il dirigeait dans notre pays, il se mêle un adoucissement à nos regrets, en pensant que cette société renferme tant d'autres prêtres vouant comme lui lcur existence au salut des âmes, au progrès et à la gloire de la religion.

Au mois de juin dernier, le jour de la Fête-Dieu, je vis, dans les rues de la capitale de la France, défiler une procession de deux ou trois cents prêtres, appartenant à cette maison tant aimée dans notre pays.

Je suivis des yeux cette longue suite de sulpiciens, dont la figure respirait l'intelligence et la paix intérieure. Je pensais au Canada, et à l'avantage dont nous jouissons d'avoir de ces prêtres remar-

quables par toutes les qualités qui honorent le sacerdoce. A ce même voyage de France, visitant certaines campagnes, j'eus aussi l'occasion d'apprendre comment la compagnie de Saint-Sulpice recrutait ses membres. Malgré le faible traitement accordé par le gouvernement français aux curés, chacun d'eux prend soin de l'instruction de quelque enfant choisi parmi les plus intelligents de la paroisse ; puis quand l’âge est venu, cet enfant est envoyé à Saint-Sulpice où il continue ses études sous une direction qu’il est peut-être destiné à illustrer plus tard.

Voilà, sans doute, une des raisons pour lesquelles les prêtres de cette communauté sont toujours si dignes de l'estime publique.

Les sulpiciens ont eu une très grande part aux progrès des Canadiens-Français; et leur modestie, leur simplicité, leur tact ont toujours été si admirables, leur zèle a toujours été si désintéressé que jamais ils n’ont excité la moindre jalousie chez ceux de nos concitoyens qui ne sont point de notre race ni de notre communion,

SUR LA

CONFÉDÉRATION DES PROVINCES DE L'AMÉRIQUE BRITANNIQUE DU NORD

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