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LE NOMBRE NES MINISTRES FÉDÉRAUX

La formation du cabinet montre que, si la province de Québec a cédé volontiers aux prétentions d’'Ontario, elle n’a pas demandé la même concession de la part des provinces maritimes, ce qui fournit une nouvelle preuve de son extrême libéralité. Mais il n'était guére possible que Québec eût moins de quatre ministres, de même qu'Ontario n'aurait pas été satisfaite si elle n'avait pas eu cinq ministres. Notre province compte un million de Canadiens-Français, et trois ministres sur treize pour les représenter n’est certainement pas un chiffre exagéré. Les 250,000 ou 300,000 personnes d’origine anglaise, qui habitent la province, ne pouvaient pas non plus être ignorées, car un gouvernement qui n'aurait pas leur confiance ne pourrait pas tenir debout, (Ecoutez ! Ecoutez !) L'on pourrait croire que la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick ont eu plus que leur part, mais il ne faut pas oublier que c'étaient autrefois des provinces indépendantes, et que ‘ le nombre ne doit pas toujours dominer toute autre considération.

Le principe de l'administration britannique est basé sur la diffusion du pouvoir autant que possible, et c’est en vain que l’on cherche de l’analogie entre les institutions américaines et les nôtres. Le président des Etats-Unis est indépendant du Congrès, sauf quand celui-ci le met en accusation, et les secrétaires d'Etat ne sont pas des ministres responsables tenus de mettre de l'harmonie entre les autorités législatives et exécutives, mais de simples chefs dans leur département respectif. J'espère donc que l’honorable député hésitera une autre fois avant de citer les Etats-Unis pour nous donner la preuve d’une supériorité administrative, qui se traduit trop souvent par des actes despotiques, et, dans le moment, par un démélé insolite au sujet du secrétaire d'Etat pour la guerre.

Je le repète, le nombre des ministres n’a jamais été définitivement réglé. Nous avons avisé que Son Excellence ferait bien d'organiser certains départements.

M. MaoKkENzIE.—C'est-à-dire que les ministres, qui avaient été nommés, ont avisé que le gouverneur ferait bien,après qu'ils eurent prêté serment, de les créer ministres. (Rires)

M. Carrier.—L'honorable chefdela gauche s’est mépris entièrement sur la nature de l'opération. (Rires) Le premier juillet, tout pouvoir administratif était éteint ou presque éteint. (Nouveaux rires.) Le gouverneur général se trouvant sans ministres nous invita à constituer le conseil privé, et celui-ci recommanda à Son

Excellence d'instituer les différents départements, et le public ratifia nos nominations aux élections subséquentes. (Aires et applaudissements.)

Le nombre de ministres que nous avons recommandé ne saurait être considéré comme excessif, car l’acienne province du Canada a été administrée par autant de ministres moins un seulemnent. Le député d'Hochelaga qui trouve à redire sur tant de choses, oublie qu’il était entouré d'autant de collègues lorsqu'il gouvernait. Ontario avec une seule Chambre compte cinq ministres et Québec sept, tandis que les provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse réunies en ont neuf, tout en ayant chacune un petit nombre de députés. Le gouvernement fédéral n'a pas à souffrir de la comparaison.

Je nie que l’admission de nouvelles provinces dans la Confédération doive nous forcer plus tard d'augmenter le personnel du cabinet d’une façon injustifiable. Ce qui importe, c'est que toutes les sections du pays soient représentées afin qu'elles aient voix au chapitre et que le gouvernement soit administré de façon à leur donner pleine et entière satisfaction.

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