LA COLOMBIE-BRITANNIQUE
SR GEORGES.—I] coûtera ce que le peuple sera en état de payer sans augmentation des taxes. Un principe a présidé à la construction du chemin de fer du Pacifique Central. Ce chemin a été établi entre Omaha et San-Francisco, distance de 1775 milles, moyennant une dépense de 852,000,000. IL y a eu subside d’argent payé par le gouvernement américain ; la compagnie n’a pas été dans la nécessité de toucher son octroi de terre. La ligne canadienne du lac Nipissing à Victoria sera plus longue de 700 milles seulement que la ligne américaine. On doit se rappeler que le Pacifique Central traverse, pendant une longue distance, un pays désert, Si notre chemin devait coûter le double du chemin américain, la dépense ne dépasserait donc pas $100,000,000.
Sir Georges parle ensuite des sauvages de la Colombie-Britannique. Ce gouvernement, dit-il, a conseillé à la législature provinciale de céder ses terres au gouvernement fédéral comme le recommande le secrétaire d'Etat des Colonies ; et je pense que les destinées des Indiens ne peuvent être confiées à de meilleures mains. Le gouvernement britannique a toujours cherché à assurer le bien-être aux populations indiennes.
Je ne saurais terminer ces explications sans indiquer aux honorables membres toute la grandeur de l’œuvre. Cette jeune Confédération est sur le point de s'étendre sur toute la portion nord du continent. Et quand on considère qu'il a fallu à nos voisins soixante années pour atteindre le Pacifique, où trouver dans l'histoire du monde, rien de comparable à notre merveilleuse prospérité ? J'ai toujours prétendu qu’une nation, pour être grande, doit avoir une puissance maritime. Voyez la Prusse et la Russie : leur force est très considérable, mais peut-on ia comparer à la puissance maritime de l'Angleterre ? Non, elles ne peuvent soutenir la comparaison. Nous possédons la puissance matérielle à un très haut degré. Notre union avec les provinces du golfe nous a donné une marine à l’est, et maintenant notre union avec la Colombie-Britannique nous donnera une marine à l’ouest. Bientôt le voyageur anglais qui débarquera à Halifax, pourra en cinq ou six jours traverser toute une moitié du continent habitée par des sujets britanniques’. Il faut nous faire une juste idée de la grandeur de notre pays,
1 Paroles prophétiques : le trajet se fait aujourd’hui en 135 heures, moins de six jours.
PRONONCÉ LE 21 aAvriz 1871 EN RÉPONSE À UNE DÉPUTATION D'ÉLECTEURS