‹ Discours de Sir Georges Cartier, baronnet [microforme]Chapitre 211 sur 247 · DE MONTRÉAL-EST · texte numérisé non relu

DE MONTRÉAL-EST

Une députation non:breuse des citoyens les plus influents de Montréal-Est se présenta, le 21 avril après-midi, à une heure, chez sir Georges Cartier, le priant d'accepter de nouveau le mandat comme représentant de ce collège électoral à la législature de Québec. Le président de la députation fit le discours suivant : ‘“ Monsieur le Ministre, nous sommes heureux d’être en ce moment l'écho de nos concitoyens pour vous témoigner notre reconnaissance pour les services que vous avez rendus non-seulement au collège électoral dont vous êtes le digne représentant, mais aussi à tout le Canada. C'est certainement un honneur d’avoir pour député, celui qui a le plus contribué à faire de notre petit coin de terre, un grand et beau pays. La Confédération est votre œuvre et une œuvre qui restera pour glorifier son auteur. (Applaudissements.) Depuis que nous avons eu l'honneur de vous confier notre double mandat, vous nous avez agrégé deux nouvelles provinces. Il reste encore deux Iles et votre œuvre sera complète. Alors d'un commun accord tous sauront reconnaitre les bienfaits de cette grande alliance des provinces-sœurs. (Applaudissements.) Par votre libéralité les gouvernements locaux ont pleine et entière liberté d'action, particulièrement notre législature locale de Québec. Là aussi vous avez donné preuve de vos bonnes intentions en aidant à la faire fonctionner de manière à satisfaire et à protéger même la minorité. Il est à espérer que le Nouveau-Brunswick suivra l’exemple de la province de Québec. Aujourd’hui nous sommes venus vous prier de vouloir bien accepter de continuer à nous représenter à la législature de Québec. Il est inutile pour nous de vous renouveler les témoignages de la confiance que nous avons toujours eue dans votre habileté et de la satisfaction que nous avons des services que vous nous avez rendus par le passé.” Sir Georges Cartier répondit comme suit :

Messieurs,

Jo vous suis très reconnaissant de l'appréciation flatteuse que vous fuites de ma conduite parlementaire. Je vous avoue franchement que tout-ce que mon cœur m'a inspiré, tout ce que mes connaissances et mon expérience m'ont fourni, a été consacré au bien-être et à la prospérité de mes compatriotes en général et de Montréal-Est en particulier, Je suis heureux de constator votre satisfaction de la manière que je vous ai représentés à la législature de Québec ; je n'ai pas suivi les sessions dans les détails, mais chaque fois que ma présence a été nécessaire, soit pour une question d'intérêt public ou pour une question d'intérêt local, je me suis fait un devoir d'être présent.

Pendant une session, ayant été délégue en Angleterre, j'ai été forcé de m'absenter, mais vos intérêts n’en ont nullement souffert. À cette mission, Messieurs, j'ai réussi à négocier l'acquisition du Nord-Ouest qui est destiné à devenir une province très importante. Nous avons donné à cette province, un gouvernement calqué sur celui de Québec et je suis heureux de dire que les habitants du pays en sont satisfaits.

Maintenant, Messieurs, qu’il me soit permis de vous dire que, malgré tout le désir que j'ai de me rendre utile, par délicatesse, je sens qu'il vaudrait peut-être mieux pour vous qui habitez une ville où les besoins sont plus grands ct surtout plus fréquents que dans un comté rural, mon devoir est de vous conseiller de choisir au milieu de vous quelqu'un, un homme pratique surtout, qui puisse consacrer son temps à surveiller vos intérêts dans votre législation locale, qui, permettez-moi de le dire en passant, est un modèle de législation. !

1 M. Célestin Prgevin, qui était candidat à Beauharnois, s’effaca en faveur de sir Georges Cartier qui fut élu par acclamation pour ce comté. M. Ferdinand David remplaca sir Georges comme député de Montréal-Est à la législature locale.

prononcé Le 17 auin 1871

Page 1