‹ Discours de Sir Georges Cartier, baronnet [microforme]Chapitre 5 sur 247 · VI DISCOURS DE SIR GEORGES CARTIER · texte numérisé non relu

VI DISCOURS DE SIR GEORGES CARTIER

digressions, mêlant une idée philosophique à une vive boutade, et cela quand il avait quelque avantage à en tirer, comme d'attendre quelque trainard ou de peser de tout le poids de son raisonnement sur un vote important, parfois décisif. Et sa voix, qui n'était pas belle, ne rachetait pas ce que la forme laissait à désirer.

N'ayant guère le temps d'écrire, au milieu d’occupations absorbantes, les discours de Cartier se ressentent nécessairement de l'improvisation. S'ils ne sont pas des modèles d'éloquence, on y trouve une rare unité de vues, souvent de l'élévation, des pensées profondes, des observations justes, le sens exact des ressources et des besoins du pays, une admiration réfléchie da système monarchique anglais, une aversion déclarée pour le républicanisme américain, la fierté du nom canadien, la passion de sa race, un inviolable attachement aux principes catholiques. Sur ce dernier point, son plaidoyer en faveur du pouvoir temporel du Pape (1860) et sa défense des Zouaves Pontificaux, dans son discours sur la milice (1868), sont des témoignages éclatants de son courage autant que de la fermeté de ses convictions.

Ces discours respirent aussi le mépris des préjugés populaires. Plus d’une fois, il se plaira à proclamer que s’il a pris, lors de la Confédération, le portefeuille de la milice, c’est qu'il était le plus impopulaire !

À ceux qui mettraient en doute son attachement à sa race, nous conseillons de lire, entre autres, son discours sur la tombe de Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste, et celui qu'il prononçait à la fête nationale des Canadiens-Français d'Ottawa, le 24 juin

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Ses premiers discours furent pour les chemins de fer tout comme les derniers, Il voyait dans ces communications, le seul moyen de peupler rapidement le Canada et de consolider ses institutions. Peu d'hommes ont mieux vu à travers l'avenir. À lire certains de ses discours, on croirait entendre un prophète !

Dans cette tâche difficile, j'ai eu le concours éclairé de M. Alfred Garneuu, l’un des principaux officiers du Sénat, qui, à une érudition considérable, joint une profonde connaissance de la langue française. MM. Elie Tassé, David Major, Alfred Olivier et autres m'ont aussi donné une assistance active. M. Benjamin Sulte, qui fut pendant plusieurs années secrétaire de sir Georges Cartier, s’est chargé de préparer la table des noms. L’honorable M. Laviolette, conseiller législatif, qui fut un ami intime de Cartier, m'a aidé de toute façon dans la publication de ce livre. M. J.-C. Augé a eu la complaisance de mettre à ma disposition la série de la MINERVE. Je dois aussi reconnaître l'extrême obligeance des officiers de la Bibliothèque fédérale.

À la mort de Cartier, le Parlement fédéral décida de lui faire des funérailles publiques, d'accorder une pension à sa famille, et d’ériger une statue à sa mémoire. Les funérailles eurent lieu avec un éclat incomparable, à Montréal, le 18 juin 1878. Mais un changement survenu dans le ministère, quelques mois après, fut cause que l’on perdit de vue le monument. Elu député de la capitale, au mois de septembre 1878, l’auteur de ces lignes crut qu'il devait appeler l'attention du Parlement sur cet oubli. C’est ce qu'il fit dans deux sessions consécutives, et un bronze superbe rappelle le nom de Cartier, à l'ombre

Virt DISCOURS DE SIR GEORGES CARTIER

mue du Palais législatif où il régna si longtemps. Le muuument quiest présenté aujourd’hui au publie, œuvre de la pensée du plus grand homme d'Etat que les Canadiens-Français aient produit, sera plus durable que

l’airain.

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