‹ Discours de Sir Georges Cartier, baronnet [microforme]Chapitre 51 sur 247 · LA RESPONSABILITÉ MINISTÉRIELLE · texte numérisé non relu

LA RESPONSABILITÉ MINISTÉRIELLE

Mongenais, Jos, C, Morrison, A. Morrison, Polette, Poulin, Pouliot, Price, Roblin, Russ, Shaw, Smith, Sidney Smith, Southwick, Spence, Stevenson, laché, Terill, Thibaudeau, Turcotte, Valois et Whitney—-61,

M. l'Orateur,

Le vote sur la motion de l'honorable député de Toronto (M. J-H. Cameron) a été mêlé, amis et adversaires se trouvant confondus. C'était un vote de non-confiance. Mais les ministres étunt directement opposés à la majorité, il leur fallait nécessuirement agir en leur double qualité de conseillers responsables et de leaders de la Chambre. C'est pourquoi nous avons voulu nous assurer si le gouvernement possédait la confiance de la Chambre, et nous l'avons fait sans consulter ceux qui nous appuient d'ordinaire.

On pourrait prétendre, mais à tort, que le cabinet était tenu de donner suite au vote qui vient d'être rescindé. Il nous restait, je le répète, à nous enquérir si le gouvernement possédait encore la confiance de la Chambre. Or, ce vote de confiance, nous ne pouvions le solliciter nous-mêmes, qu’en provoquant la discussion sur le sujet du vote primitif. ÆEt quelle a été l'expression de l'opinion de la Chambre ? L'honorable député même qui a proposé l'adresse, a déclaré qu'il n'avait pas entendu demander un vote de non-confiance, puisqu'il avait, au contraire, confiance dans l’administration. Après avoir fait savoir ce que serait l'avis du ministère, nous l'avons emporté par une forte majorité, et nous avons alors avisé Son Excellence selon notre conscience. Nous n'avons attaqué aucun des droits ou des principes de la Chambre, ct la seule question qui pourrait être discutée maintenant serait de savoir si l’avis du ministère est satisfaisant ou non.

Le député de Montréal a trouvé moyen de réduire cette question aux dimensions de son esprit. M. Cameron avait cru que la question se liait à de grands principes ; le député de Montréal, lui, la ramène à une simple affaire de privilège. Le ministère avait deux devoirs à remplir : l'un plus important que l’autre. On ne dira pas, certes, que la transmission purement matérielle du message constituait le devoir principal ; non, c'était l’avis à donner. Si le représentant de Montréal a raison, que resterait-il à faire aux

minist: 8 dans ce cas ? Conseiller au Gouverneur de se conformer à la demande de la Chambre, Muis le ministère à trop le sentiment d'une indépendance digne pour donner cet avis,

Devruis-je, par hasard, abdiquer ma conscience pour me maintenir au pouvoir ? Non, je me suis toujours efforcé de mo tenir en règle avec ma conscience, et si je puis lui demeurer fidèle, tout en restant d'accord avec la majorité, tant mieux, mais si je ne le pouvais point, je me rangerais volontiers du côté de ln minorité. Heureusement, j'ai toujours eu pour moi la majorité de mes compatriotes, bien que, pour me détruire, mes ennemis soient allés jusqu'à dire que j'étais un Anglais.

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