M. G. BROWN ET LE COMITÉ DES COMPTES PUBLICS
L'auteur de la motion nous a dit que le député de Toronto avait été éliminé parce qu’il est le chef d’un parti. Cette allégation n’est pas sérieuse. Il a ajouté que le comité des comptes publics devait se composer de membres des deux partis en proportions égales, et que l'opposition avait fait de nouvelles recrues depuis la dernière session. Or, loin d'être plus forte, l'opposition est plus faible, les votes sur l’adresse le prouvent. Je présume que l'honorable député de Waterloo ne peut pas nier cela.
M. Focey.—Sur un vote l'opposition a eu une majorité hautcanadienne de huit voix.
M. CarrTier.—Sur un seul vote, mais nous avons eu une majorité des deux sections de la province sur la plupart des votes concernant l'adresse. Plusieurs membres de la gauche regardent comme l’un des leurs mon ancien ami et collègue, le député de Saint-Hyacinthe (M. Sicotte), mais ils sont dans l'erreur. Je tiens de l'honorable député lui-même, et sa conduite ici le prouve, qu'il n'appartient pas à l'opposition et qu’il ne diffère avec le gouvernement que sur la question de la capitale. Je défie qui que ce soit de soutenir le contraire, car nous voulons savoir qui est pour nous et qui est contre nous.
Si ma mémoire est fidèle, l'honorable député n’a paru l'an dernier au comité des comptes publics, que cinq ou six semaines après sa nomination. Et il signala son apparition par une charge à fond de train contre l’inspecteur général, s'appuyant sur l’information d’un ancien employé qui était supposé connaître toutes les faiblesses du ministre.
Le député de Waterloo nous a parlé des capacités financières de l'honorable député de Toronto; mais son talent est très problématique, si l’on en juge par le fait que lorsque l’honorable député de Renfrew présenta une bonne mesure législative pour consolider la dette de la province, le député de Toronto prit la consolidation de la dette pour l'émission d'obligations d’une autre espèce. L'inspecteur général eut la complaisance de lui expliquer l'opération, au risque de faire rougir profondément ce grand financier. : Et que devinrent les fameuses accusations du député de Toronto et de son journal le Globe? Quand le député de Renfrew lui en demanda compte, les accusations disparurent à l'instant comme disparaît le brouillard du matin. Le député de Toronto ne fit pas le moindre effort pour convoquer le comité et confondre l'accusé ; l’enquête a fini par
avoir lieu, néanmoins elle n’a rien prouvé contre le député de Renfrew.
M. Brown.—Pourquoi alors l’avez-vous mis à la porte ?
M. CanriEr.—-Il a donné tout simplement sa démission. La Chambre ne saurait se plaindre que l'explication du gouvernement n’est pas assez notte, Si le nom du député de Toronto était ajouté au comité, le gouvernement regarderait cette décision comme un vote de blâme et agiraït en conséquence,
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