REPRÉSENTATION DE MONTRÉAL
A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
M. rOrateur,
L'honorable député (M. A.-A. Dorion) a surtout invoqué le secours des députés français pour combattre cette partie du bill qui a trait à la division de Montréal en trois collèsces électoraux. Je ne cache pas ma surprise de le voir tout à coup poser en défenseur de nos compatriotes, quand il est celui qui a le plus travaillé contre eux.
L'honorable député se glorifie de l'élection de 1857 ; il devrait être le dernier à on parler, puisqu'il a eu la minorité des suffrages français ; il m'a reproché d'avoir conservé quelque amertume de ma défaite, je me rappelle au contraire cette élection avec plaisir, car je dois exclusivement au zèle de mes amis la majorité des votes canadiens qui ont été enregistrés pour moi, mes engagements dans d'autres comtés m'ayant empêché de leur donner mon concours.
Je ne m'attendais pas d'avoir le vote des Irlandais ; non pas que j'y tienne peu — au contraire ; j'ai de la sympathie pour eux, je les ai toujours aidés autant qu'il a été en mon pouvoir ; mais je sais que les Irlandais, s'étant mépris sur les motifs qui m'ont fait refuser l'alliance de M. McGee, ont cru que je les dédaignais.
Les chiffres qu'il cite montrent que l'honorable député n'est pas sincère en faisant appel à la nationalité, mais qu'il songe surtout à son propre intérêt. Pourquoi n'avoir pas dit : il y a à Montréal