L'ÉLECTION DE QUÉBEC
A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
L*èIection de la ville de Québec en 1858 est restée fameuse dans nos annales politiques. Elle fût réellement contrôlée par la populace et non par les officiers désignés à cet effet. Actes de violence, intimidation des électeurs, prise de possession des poils par des hommes armés d'armes à feu et de bâtons, fermeture forcée de plusieurs bureaux de votation pendant des heures, meurtre de deux hommes, un plus grand nombre sérieusement blessés, inscription frauduleuse de cinq à six mille votes : rien ne manqua aux deux journées qui se terminèrent par l'élection de l'honorable Charles Alleyn et de MM. Hipolyte Dubord et George-Honoré Simard. Beaucoup d'individus votèrent plusieurs fois sous des noms dilférents, grâce à des déguisements : cette pratique n'est pas tombée en désuétude dans nos grands centres ! C'est en vain que cinq cents constables spéciaux avaient été employés à maintenir Tordre; le flot populaire les balaya. L'élection fût contestée devant un comité de la Chambre, qui, après avoir rapporté tous ces faits, en conclut que, malgré les milliers de faux votes, MM. Alleyn, Dubord et Simard avaient eu réellement la pluralité des suffrages. Il s'était donné à cette élection 15,151 votes! Le comité n'avait pas fait preuve de beaucoup de diligence, car ce n'est qu'à la troisième session qui suivit l'élection qu'il accoucha d'un rapport. L'intérêt de parti n'est pas toujours conformé à la justice ! Le comité cependant ne se contenta pas de recommander que rélection fût annulée, il proposa d'enlever à la ville de Québec ses droits de neprésentation. Mais cette proposition fut combattue à la fois par M. Cartier et M. Dorion, qui n'avaient pas pour habitude d'être du même avis. La proposition par M. Cartier de remettre la prise en considération du rapport obtint 66 voix contre 44.