‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 113 sur 286 · L'ÉLECTION DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

L'ÉLECTION DE QUÉBEC

M. l'Orateur,

Je dois combattre la motion qui nous demande d'approuver le rapport du comité, et en proposer l'ajournement.

Le comité nous expose des cas de violence survenus dans la dernière élection à la suite d'un grand rassemblement d'électeurs. Ses membres ne savent peut-être pas que les électeurs de Québec ne demeurent pas tous dans l'enceinte de la ville, mais qu'ils comprennent aussi la population extra muros^ et qu'ils sont au nombre de huit à neuf mille.

Les honorables membres de cette Chambre n'ignorent pas que le gouvernement doit leur soumettre demain un bill qui a déjà été adopté en seconde délibération et qui tout probablement deviendra loi bientôt. Cette loi, qui décrète une division judicieuse de la ville de Québec eu trois circonscriptions, facilitera considérablement l'élection prochaine.

Les rassemblements ne seront plus aussi nombreux, les votante seront divisés en trois groupes, et il sera plus facile en conséquence de maintenir la paix.

Je m'opposerai à toute mesure tendant à défranchiser les électeurs de Québec. Nonobstant les actes de violence, le comité a été d'avis que les députés élus avaient la majorité des votes réguliers, n est aussi prouvé qu'Us ont été absolument étrangers aux violences. Les votes illégaux d'un certain nombre d'émeutiers ne doivent pas priver les honnêtes électeurs de leurs privilèges.

Québec n'est pas la seale ville qui ait été témoin d'actes de violence en temps d'élection. A ce compte, Montréal, qui a eu tant d'élections tumultueuses, marquées plus d'une fois par des pertes de vies, aurait été privée depuis longtemps du droit d'être représentée dans les Chambres. En Angleterre, il est arrivé que des villes et des bourgs ont été défranchisés pour cause de corruption générale , mais je ne connais pas d'exemple où ils l'aient été pour cause de violence. Ce qui est arrivé à Québec est un cas exceptionnel, qui n'est pas le fait des vrais électeurs, car le caractère calme et paisible de sa population est bien connu.

Je propose en conséquence le renvoi du débat à huit jours.

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