LE CREUSEMENT DU LAC SAINT-PIERRE
$1,164,235. La profondeur de vingt pieds ne suffisant plus à cause de Taugmentation du tonnage des navires, elle fut portée, en 1878, à 22 pieds, et plus tard à 27| pieds.
Jo vais répéter en français quelques-unes des observations de rhonorable ministre des finances (M. Galt). Il s'agit d'une question bien importante pour tout le commerce du pays c'est-àdire de l'approfondissement du chenal du lac Saint-Pierre entre Montréal et Québec. Cette amélioration forme partie de tout un plan que le gouvernement a conçu pour faciliter le commerce et la navigation.
Nous avons déjà dépensé à cette fin £170,000, qui ont été garantis par les droits que prélève la commission du port de Montréal : il en résulte pour le commerce une charge annuelle de £12,000 à £14,000. Le chenal a été creusé de onze pieds à dixhuit pieds par eau basse, et nous avons l'intention de l'approfondir jusqu'à vingt pieds.
Je dois rappeler à l'honorable député de Kamouraska (M. Chapais) que l'approfondissement du lac Saint-Pierre n'intéresse pas seulement Montréal, mais aussi toute la province. Mon honorable ami croit que le gouvernement a trop donné de son attention au commerce et qu'il a négligé l'agriculture ; il oublie que la forte dépense causée par la construction du Grand-Tronc a été plutôt favorable à l'agriculture qu'au commerce.
Je partage l'opinion de l'honorable député, que l'établissement d'un port d'hiver au Bic mérite une sérieuse attention, et j'espère que le jour n'est pas éloigné où l'on pourra donner suite à ce projet.
Toute notre dette a été contractée jusqu'à présent pour exécuter des travaux publics fort importants : le canal Welland, les canaux du Saint>-Laurent, le canal Eideau, le canal Lachine, les phares, etc. Mais nous n'avons pas encore atteint notre but qui était de détourner le commerce des grands lacs des routes américaines pour le diriger vers le Saint-Laurent. Ce commerce continue de passer par New- York et la Pensylvanie, et tout ce que nous en voyons est le trafic à destination d'Ogdensburg et d'Oswégo.
LE 1 t MAI 1860 249
Quel moyen faut-il prendre pour remédier à cet état do choses? Nous sommes venus à la conclusion de supprimer tous les péages sur les canaux et de rendre la route du Saint-Laurent parfaitement libre depuis la mer jusqu'aux grands lacs. Il en résultera une perte de revenu de $110,000 à $115,000 au plus. Nous traiterons de la même façon les canaux de TOttawa lesquels desservent le commerce de bois, qui est le plus important du pays. Quant au canal Welland, nous nous proposons d'abolir les péages sur les bâtiments qui descendent le Saint-Laurent ou qui se rendent à des ports canadiens. Ces canaux n'ont rapporté jusqu'ici que très peu de revenu, et je crois qu'il vaut mieux répartir le montant que représente ce revenu, sur toute la population sous forme de droits de douane. La politique que nous suggérons n'a aucun caractère sectionnel, l'Est et l'Ouest y sont également intéressés, et, outre les avantages qu'elle offre au commerce, nous y voj'^ons un lien additionnel entre les deux grandes sections de la province.
L'honorable député de Toronto (M. Brown) nous a dit que la mesure ministérielle paraissait surtout avoir pour but d'attirer le commerce de l'Ouest à Montréal, au détriment du Haut-Canada. Il est bien vrai que les navires descendant le canal Welland à destination d'un port américain, paieront péage ; mais cette imposition est dans l'intérêt de tout le commerce canadien. L'abolition des péages est tout entière au profit du Haut-Canada, et je suis bien surpris que l'on n'en soit pas satisfait. Je ne vois pas pourquoi l'on appréhende tant les avantages que Montréal peut retirer de cette amélioration. Cette ville est la tête de la navigation, et le foyer principal du commerce ; elle est inspirée par l'esprit du progrès; et je crois qu'au lieu de la jalouser, on devrait être fier de ses succès. Quoi que l'on fasse, on ne pourra jamais l'empêcher d'être la cité la plus importante du pays et de devenir plus tard la rivale des grandes villes américaines.
Je ne crois pas que cette mesure ait pour effet, comme l'a dit l'honorable député de Toronto, de mettre en péril le traité de réciprocité. Je crois plutôt le contraire, car nos voisins retireront tout autant d'avantages des privilèges offerts que les Canadiens eux-mêmes.
SUR LES