AU COLLÈGE DE MONTRÉAL
maison, me trouvant bous lempire de ce que l'on appelle quelquefois ici, la folle jeunesHe, je n'ai jamaiH mis en oubli les préceptes religieux que m'avait donnés le vénérable M. Bayle ; tous mes condisciples d'alors lui rendent le même témoignage. Très-doux, est pour moi le plaisir de lui en exprimer publiquement ma reconnaissance.
Pour vous, jeunes élèves, vous êtes à votre tour l'espoir de la famille nationale, ne l'oubliez pas. Dépositaires de ces sciences précieuses que l'on vous enseigne, vous aurez plus tard à les faire valoir au profit de la patrie, loi-sque chacun d'entre vous sera entré dans la sphère d'action, que la divine providence vous a départie ; c'est alors surtout que vous devrez mettre en pratique les leçons chrétiennes qui vous sont données dans cette institution bénie, vous rappelant que c'est par notre ferme attachement à la religion de fios pèi*os et à leurs mâles vertus que nous conserverons notre nationalité canadienne-française. Qui sait ? peut-être l'un de vous est-il destiné à occui>er dans ce pays, la j)osition que j'y remplis actuellement ; il fera mieux que moi, je n'en doute point. Je prie celui-là d'avoir toujours présent à la i>ensée cet ensi^ignement qui nous assure la conservation de notre l'ace. Je vous remereie, vous particulièrement, Messieurs, qui avez bien voulu me dédier la belle musique, qui a donné tout à Theure un charme sensible à ma tant vieille chanson, et je remercie M. le Supérieur et M. le Directeur, de ni'avoir accoi*dé la parole, dans cette enceinte, qui est vraiment toute pleine encore de souvenirs pour moi.
SUR LA
A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
La session de 1861 s'ouvrit, à Québec, le 16 mars; c'était la dernière du sixième Parlement. Les débats furent longs et acrimonieux. A peine l'adresse était-elle soumise que MM. William Macdougall et Ferguson Blair proposaient des votes de non-conliance au sujet de la visite du prince de Galles et de la représentation basée sur la population. MM. Sandfield Macdonald et Dorion proposaient ensuite des amendements dans lesquels ils blâmaient le cabinet de gouverner sans avoir la confiance des deux sections de lu province. Ces amendements furent rejetés à une majorité de seize voix. Au cours des débats, M. Sicotte et M. Loranger se séparèrent avec éclat de M. Cartier, leur ancien collègue, pour se joindre à MM. Drummond et Lemieux, qui se trouvaient dans le môme cas, mais qui s'étaient joints avant eux à l'opposition. M. Sicotte devint dès lors le principal chef de l'opposition du Bas-Canada, M. Dorion étant regardé comme trop radical. Il s'unit aux libéraux du Haut-Canada, MM. John Sanlield Macdonald et Poley, déclarant qu'il ne ferait jamais d'alliance avec M. Brown.
M. l'Orateur,
Je désire répondre à quelques-uns des discours qui viennent d être prononcés. Le gouvernement n'a pas l'intention de discuter aujourd'hui la question de la représentation basée sur la population, ni la proposition à ce propos, qui, si elle était adoptée, entraînerait sa chute. Que Ion choisisse quelque autre occasion, et je ne manquerai pas de traiter le sujet à fond. Je me contente à cette
heure de déclarer que l'Union, selon moi, repose sur le principe que les deux provinces coexistent avec des pouvoirs égaux, et qu'aucune ne doit dominer l'autre au Parlement.
J'ajouterai que l'honomble député de Laprairie (M. Loranger) qui m'a accusé d'anglomanie — accusation dont je ne sens pas le besoin de me défendre — a eu tort de s'attaquer aussi vivement à l'honorable J.-C. Morrison ; d'autant plus tort que celui-ci a toujours voté pour maintenir le Bas-Canada dans ses droits. Les reproches que j'ai entendu faire à l'honorable ministre sont d'une nature bien vague, et si on les analyse, on voit qu'après tout il n'a rien dit qui ne soit pas d'accord avec ses déclarations passées. J'ai en main le compte-rendu de son discours, que le Globe a publié, et voici le langage que ce journal lui prête : " Quand nous connaîtrons le recensement, il sera temps de songer à une pareille mesure, si elle était jugée nécessaire."
M. Dbummond. — Tous les journaux ont dit qu'il démissionnerait, à moins que le ministère ne présentât une mesure pour établir la représentation sur la base de la population.
M. J.-A. Macdonald. — Citez donc un journal qui ait dit cela.
M. Cartiee. — S'il avait tenu ce langage, le gouvernement n'eut pas attendu sa démission, il la lui aurait demandée.
M. MoBRisoN. — Jq n'ai jamais tenu ce discours.
M. Cartier. — ^Le député de Laprairie a cru, en s'étayant d'un faux rapport, porter ime accusation accablante contre le gouvernement ; son voisin, le député de Saint-Hyacinthe, le seconde sur ce point. Mais ces deux honorables députés ont fait partie du cabinet il y a quelques années ; ils doivent se rappeler qu'en 1858 le ministre des postes actuel est entré dans le gouvernement. Ils doivent se rappeler aussi qu'il y mit une condition : c'était d'être libre de voter pour la représentation basée sur la population, si elle venait à être proposée. Seulement, il s'engagaità ne pas exiger de ses collègues de démarche à cet effet et l'introduction de la mesure. M. Smith lit cette déclaration devant ses électeurs, et vota comme il avait dit quand la proix)sition se fit en Chambre dans la première session.
Les honorables députés qui paraissent aujourd'hui si chatouilleux par rapport à M. Mornson, n'ont pas élevé d'objection sur ce point quand ils avaient un portefeuille. Si le gouvernement du temps violait les règles constitutionnelles, il était de leur devoir de résigner. Néanmoins, ils ne l'ont pas fait, et ils imputent à
blâme aujourd'hui ce qui leur paraissait juste alors qu'ils étaient ministres. Quel étrange changement ? Les honorables députés qui lancent de pareilles accusations ont sans doute oublié leur conduite passée.
Au reste, je dois dire que M. Morrison, est loin d'avoir agi comme le gouvernement, dont les honorables députés étaient membres, a permis de le faire à M. Smith ; M. Morrison n'a jamais voté pour la représentation basée sur la population. Bien au contraire, son vote négatif sur ce point et ses votes pour les institutions catholiques du Bas-Canada, lui ont valu une défaite dans Grey. L'honorable député de Laprairie est prêt à s'en réjouir si M. Morrison s'est déclaré favorable à la représentation basée sur la population. Se serait-il pareillement réjoui de la chute de son ci-devant collègue M. Smith, en 1858 ?
Je passe à une autre assertion erronnée de l'honorable député. Il accuse mon collègue le procureur général du Haut-Canada d'être l'initiateur de la demande de la représentation basée sur la population. Cette accusation est aussi injuste que fausse. Si l'on se donnait toujours la peine de réfléchir et de s'assurer des faits avant de parler, on s'épargnerait bien des mécomptes.
La première fois que cette proposition s'est dûment débattue en Chambre ça été en 1849. Dans quelles circonstances le ftit-elle ? M. La Fontaine était alors premier ministre, et M. Papineau faisait partie de la Chambre. Le premier ministre avait un projet de loi pour augmenter la représentation du peuple, cette mesure étant réclamée par les masses. Mais M. Papineau, qui désirait amener un autre bouleversement, se mit en tête d'empêcher l'adoption de cette loi ; il lit proposer un amendement ayant pour but de baser la représentation sur la population, et donna ainsi naissance à cette inique demande qui fit partie pendant un temps du - bagage démocratique, et qui a été recueillie ensuite par les clear-gritfi.
Comment vota sur cette question mon collègue, le procureur général du Haut-Canada ? Il vota contre. Que l'on remarque aussi l'époque. C'était dans un temps où la population du Haut- Canada était égale à celle du Bas, sinon plus nombreuse qu'elle ; car deux ans plus tard le recensement général donnait au Haut- Canada une sui)ériorité numérique d'au-delà de soixante-dix mille. L'honorable procureur général n'ignorait pas ce fait, mais il était trop homme d'Ktat, il était animé do sentiments trop généreux
pour prêter son concoui*» à une mesure qui, d'un seul coup eût changé la position relative des deux provinces. En effet, par Texcédent de sa population, le Haut-Canada aurait eu deux ou trois représentants de plus que le Bas-Canada dans l'Ai^serablée législative. Il est malheureux que Ton témoigne si peu de respect pour la vérité et l'histoire, et que l'un de nous fasse un crime à un Haut-Canadien de n'avoir pas voulu être injuste à notre égard.
A l'occasion de
U nSITE DU PRINCE DE GALLES
A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
A la session de 1859, la législaluro adopla plusieurs adresses à la Heine; l'une d'elles invitait la famille royale à visiter le Canada et à assister à l'ouvei^ ture du pont Victoria. L'Orateur de l'Assemblée législative, M. Henry Smith, f\it même nommé pour aller présenter cette adresse. Sa Majesté ne put venir, mais elle consentit d'être représentée par le prince de Galles qui arriva à Québec au mois d'avril 1860. Son Altesse était accompagnée par le duc de Newcastle, ministre des colonies. Le prince fut brillamment reçu à Québec et à Montréal, présida à l'inauguration du pont Victoria, puis à la pose de la première pierre des édifices du Parlement à Ottawa. Il fut empoché d'aller visiter Kingston, la société orangiste ayant résolu de sortir en corps avec ses insignes et ayant élevé des arcs de triomphe portant ses emblèmes. Le duc de Newcastle déclara que toute démonstration de ce genre devait être supprimée. Les orangistes ayant refusé de se rendre à ses désirs, le prince passa outre et ne visita pas Kingston. Le même fait se répéta à Belleville. Il s'engaga à cette occasion un violent débat, les députés clear-grits voulant rendre le gouvernement responsable de l'attitude prise par le duc de Newcastle. M. Cartier parla avec son courage habituel.
M. rOrateur,
Le blâme que Thonorable député de Saint- Hyacinthe (M. Sicotte) a paru adresser à Thonorable procureur général du Haut-Canada, est réellement dirigé contre moi, et il me sera facile de prouver qu'il n^est pas mérité. Cet honorable monsieur est bon logicien,