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LA VISITE DU PRINCE DE GALLES

mais si bon logicien qu*il soit, avec des prémisses fausses, les conclusions doivent l'être aussi. Or, il ne peut pas conclure de prémisses exactes, quand il prétend que le ministère est responsable de tous les actes qui se rattachent à la visite du prince.

M. SicoTTB. — ^J'ai prétendu seulement que la présence du prince ne dégageait pas les ministres de l'obligation d'aviser la couronne.

M. Cartier. — Ce langage ne diffère guère de celui que je vous prête. Il n'en prouve pas moins que vos conclusions sont fausses. Les ministres canadiens ne peuvent être responsabl(^ des actes du duc de Newcastle ; en vertu de la constitution du Canada, ils ont le droit de donner leur avis au gouverneur général sur toutes les affaii-cs qui concernent la province, mais non sur des affaires impériales.

Le prince de Galles représentant dans son voyage notre auguste Souveraine, s'est fait suivre en Canada des mêmes personnages qui accompagnent Sa Majesté lorsqu'elle voyage en Angleterre.

Tout ce qui incombait aux ministres canadiens dans cette cix'constance, c'était d'accomplir les vœux de Son Altesse Eoyale, et de remplir ainsi les intentions du Canada.

Ils devaient rendre la réception qui se ferait au prince aussi agréable que possible, et veiller sur les déi^enses. Là se bornait leur tâche. Les ministres n'ont jamais prétendu se désintéresser des affaires du pays, mais le prince ne venait pas ici pour traiter d'affaires. Le ministère serait donc sorti de ses attributions en voulant le conseiller.

La conduite de l'opposition n'est pas exempte de contradictions : aujourd'hui elle s'efforce de i*ejeter sur le gouvernement canadien la responsabilité de ce qui a été fait 101*8 de la visite du prince de Galles ; mais, comme Ta si bien dit le procureur général du Haut-Canada, si cette responsabilité retombe tout entière sur nous, pourquoi l'opposition a-t-elle demandé, à la session dernière, de partager cette responsabilité ? Comment le député de Montréal pouvait-il demander que la réception de Son Altesse Royale fût organisée en dehors de toute influence de parti ? Pourquoi nos adversaires voulaient-ils la nomination d'un comité, si la i'esiK)nsabilité devait l'etombor sur les ministres ? Avaient-ils donc alors le lX)uvoir de changer la constitution ?

Au reste, lord John Russell et lord Palmerston sont de meilleures autorités constitutionnelles peut-être que les hommes d'Etat qui siègent à votre gauche, monsieur l'Orateur ; ce sont eux qui

Dnt donné mission au duc de Newcastle pour accompagner Son Altesse Eoyale le prince de Galles. Le duc l'entendait bien ainsi ; lui-même a déclaré que toute la responsabilité de ses actes retombait sur lui et qu'il n'avait agi que sous l'empii'e de considérations impériales.

Les ministres n'ont donc fait rien autre chose que leur devoir dans cette occasion-là : les mécontents sont peut-être nombreux ; mais le gouvernement d'une nation n'est point responsable de tous les mécomptes auxquels sont exposés journellement les individus et les familles. Des désappointements, des déce])tions, il s'en rencontre à chaque pas, le plus sage est de les supporter sans récriminations et sans amertume.

Le croiriez- vous ? la portion la plus aimable du genre humain a eu ses mécontents. Que des jolies dames soient inconsolables de n'avoir pu danser avec Son Altesse Royale, cela se conçoit bien ; lorsqu'on a conscience de ses attraits, que l'on connaît la puissance de ses œillades, le charme de son sourire, la grâce de ses traits, il n'est pas étonnant qu'une déception de ce genre cause im peu de colère et de dépit. Encore une fois, jusqu'ici rien d'étrange ; mais ce qui m'étonne, c'est qu'on ait, à ce propos, porté plainte contre le ministère ; qu'on ait voulu le rendre responsable de tous ces froissements d'un amour-propre légitime sans doute, mais en dehors du contrôle du gouvernement de cette province.

L'honorable député (M. Sicotte) nous a parlé d'une prétendue insulte aux orangistes, et là-dessus a exprimé une très vive sympathie pour eux. Je ne lui chercherai pas noise au sujet de son opinion puisque les opinions sont libres incontestablement ; mais je ne puis m'empêcher d'être surpris de voir ce catholique ardent prendre parti pour les orangistes qu'il semble vouloir traiter comme quelque communion religieuse.

3£ SicoTTE. — Non, je n'ai jwint cherché à établir un pareil rapport entre les omngistes et les catholiques, mais j'ai exprimé le regret qu'ils se soient crus insultés.

M. C^ARTiER. — L'honorable député a dit que les protestants avaient été insultés, ce qui est faux. Si les orangistes pensent avoir lieu de se plaindre, ils doivent s'en prendre à leur gitindmaître, l'honorable J.-H. Cameron, qui seul est cause de leurs tribulations, quoiqu'il soit très versé comme avocat dans les matières constitutionnelles. Quand il voulut présenter une adresse an prince, il ne communiqua pas avec les ministres canadiens,

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