LA CHUTE DU MINISTÈRE CARTIER-MACDONALD
Ion, Huol, Jobin, Joly, Kierkowaki, Labrèche-Viger, LafVamboise, Loranger, D.-A. Macdonald, John-S. Macdonald, Mackenzie, Macdougall, McGee, Mao kellar, MoDgenais, Munro, Notman, O'Halloran, Patrick, Prévost, Rankin, Rémillard, J. J. Ross, Rymal, Scatcherd, Sicotte, Simard, Starnes, Stirton, Sylvain, Taschereau, Wollbridge, White, Wilson et Wright. — 61.
M. rOrateur,
Comme c'est probablement la dernière fois que, mes collègues et moi, nous occupons les fauteuils ministériels, qu'il me soit permis d'offrir mes remerciements aux membres de la législature, qui m'ont si constamment honoré de leur confiance dans ma carrière ministérielle. Je sais bien que nous avons été renversés par le vote d'un certain nombre de ceux qui nous avaient appuyés jusqu'à ce jour, mais leur conduite ne m'inspire aucun ressentiment, car en votant pour ou contre un gouvernement, le représentant du peuple exerce un droit qu'on ne peut lui contester et dont mes collègues et moi nous ne devons point nous plaindre.
Je ne puis m'empêcher de féliciter mon collègue, l'honorable J.-A. Macdonald, d'être tombé avec Tappui d'une nombreuse majorité haut-canadienne. Je suis vraiment heureux de voir mon honorable ami, auquel on a si souvent reproché de n'avoir pas la majorité dans le Haut-Canada, de le voir, dis-je, tomber ainsi avec gloire, entouré d'une majorité de sept, qui aurait été de quatorze, si tous les députés du Haut-Canada avaient été présents. (Cris de non ! non ! oui I oui /)
Le vote de mardi nous a renversés ; je ne le déplorerais pas, s'il n'avait atteint que le ministère. Mais je crains que ceux qui sont hostiles aux institutions du Bas-Canada, et ils sont nombreux, ne s'en servent comme d'une arme. (Applatuîissements dérisoires sur les bancs de la gauche,) L'opposition a le droit de choisir pour renverser le ministère la mesure sur laquelle il est le plus faible, mais je le répète, les ennemis du Bas-Canada, surtout ceux des Canadiens-Français, voudront tirer avantage de ce vote. (Nouveaux applaudissements dérisoires.) J'espère, cependant, que la noble conduite de notre clergé et les sentiments manifestés par les Canadiens-Français, l'automne dernier, paralyseront les efforts qui se feront pour rendre suspecte leur loyauté. Une
pensée nous console dans notre chute, c*est que nous tombons à l'occasion d'une mesure destinée à la protection, à la défense de notre pays, une mesure que nous croyions nécessaire pour mettre les Canadiens en état do jouir librement de leurs institutions politiques, à Tombre du glorieux drapeau de la Vieille Angleterre.
DISCOUKS
SUR LE
MINISTÈRE MACDONALD-SICOTTE
PRONONCé LE 28 MAI 1862
A L* ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
Après la défaite du cabinel Macdonald-Cartier, lord Monck chargea l'honorable M. Sandfield Macdonald de former une nouvelle administration. Celuici accepta cette tâche, et le 24 mai 1862, le gouvernement se trouva constitué comme suit : Haut*Ganada, les honorables MM. Sanddeld Macdonald, procureur général ; M.-H. Foley, maître général des postes ; W.-P. Howland, ministre des linances ; Wm Macdougall, commissaire des terres ; James Morris, receveur général ; A. Wilson. solliciteur général. Bas-Canada, les honorables L.-V. Sicotte, procureur général ; A.-A. Dorion, secrétaire provincial ; T.-D. McGee, président du conseil e.xécutif ; U.-J. Tessier, commissaire des travaux publics ; F. Evanturel, ministre de Tagriculture ; J.-J.-C. Abbott, solliciteur général. MM. Wallbridge et Loranger furent chargés d'expliquer le programme du gouvernement. Les principaux articles comprenaient régalité de représentation dans chaque province et le système de double majorité, aucune loi ne devant être imposée à une province contre la volonté de la majorité de ses représentants. Beaucoup ne furent pas peu surpris de voir MM. Foley, Macdougall et Wilson accepter Tégalité repn^ sentative et la double majorité quand ils avaient combattu si longtemps pour obtenir la représentation basée sur la population. Lp Globe les accusa carrément de trahison. A la séance du 28 mai, M. John Rose demanda si le cabinet avait Tintention de proroger ou d'ajourner le Parlement, et se prononça pour Tajournement. vu qu'il épargnerait les frais d'une nouvelle session et qu'il favoriserait l'expédition des affaires. M. Cartier fut de cet avis.
M. l'Orateur,
L'honorable député de Laprairie (M. Loranger) pourra-t-il nous dire quels sont les " innocents " * que le gouvemoraent penserait à sacrifier ? (Bires.)
M. LoBANOER. — Le gouvernement n'a pas l'intention do passer à la délibération des mesures de législation générale ; en conséquence, il demande à la Chambre do se limiter aux bilis privés.
M. Caetier. — Les observations de l'honorable député de Peel (M. John Hylliard Cameron) méritent l'attention du gouvernement au double point de vue de l'économie et de l'expédition des affaires. Beaucoup de temps serait perdu par une prorogation ; car alors, nous aurions avec une session nouvelle le débart d'usage sur l'adresse avec tous les délais qui s'ensuivent. A la suite d'un ajournement, au contraire, nous reprendrions notre travail législatif dès le premier jour. Il est bien désirable que la Chambre ne perde pas le fruit de son labeur jusqu'à l'heure actuelle. Par là elle économisera beaucoup de tVais et de temps. Il y aura aussi ime grande épargne d'opérée par rapport aux indemnités des membres de la Chambre. Nous n'avons aucunement l'intention de créer de l'embarras au gouvernement ; tout au contraire, nous voulons lui accorder le temps d'essai raisonnable. Si j'avais à voter dans quelqu'un des comtés où les nouveaux ministres iront solliciter leur réélection, je ne voterais contre aucun d'eux. • C'est affaire grave d'ouvrir un crédit au gouvernement, sans avoir pourvu tout d'abord aux voies et moyens. Notre crédit est excellent, mais il ne faut rien faire qui puisse lui porter atteinte.