‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 165 sur 286 · MONSIEUR L'ABBÉ GRANET · texte numérisé non relu

MONSIEUR L'ABBÉ GRANET

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PROMONCé LE 14 FéVRIBH 1866

A MONTRÉAL

Le neur "février 1866, s'éteignait à Montréal, après une longue maladie, M. Tabbé Dominique Granet, vicaire général, supérieur de la maison de Saint-Sulpice en Canada et curé de la paroisse de Montréal. Originaire de France, où il naquit le 24 août 18 10, à Espalem, diocèse du Puy, ordonné prêtre le 13 juin 1835, il arriva à Montréal au mois de septembre 1848, alors qu*il Tut appelé à enseigner le dogme au Grand Séminaire jusqu'au 21 avril 1856, date de sa nomination de supérieur général en remplacement du vénérable M. Billaudèle. C'était un homme éminent, très versé dans la théologie, les sciences philosophiques et la littérature. Il donna maintes conférences au Cabinet de Lecture Paroissial et au Cercle Littéraire, dans lesquelles brillaient une logique inattaquable et une rare érudition. Homme d'initiative, de progrès, il alliait la prudence à la hardiesse, la douceur à la fermeté, se montrant plein de dévoûment pour les nombreux fidèles qu'il avait à desservir, bref, un digne disciple de M. Olier. M. l'abbé Granet était très lié avec M. Cartier, dont il admirait les vues larges et élevées et les convictions solides ; aussi quand le public fût appelé à passer des résolutions de condoléance, à une assemblée de la Société Saiut-Jean-Baptiste, tenue le 14 février, l'honorable ministre fut l'un des premiers à porter la parole pour faire ressortir l'étendue de la perte que la maison de Saint-Sulpice et les catholiques venaient d'éprouver. Voici la résolution que M. Cartier proposa, appuyé par le Dr Trudel, et qui fut adoptée à l'unanimité : «' Que l'Association Sainte ean-Baptiste de Montréal a appris avec une vive douleur la mort du regretté M. Granet, vicaire-général et supérieur du Séminaire de Saint- Sulpice de cette ville et curé de cette paroisse, et qu'elle désire témoigner son respect pour sa mémoire et son admiration pour les grandes qualités, la

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sagesse, la science, la modestie et les vertus vraiment chrétiennes dont ce digne prêtre a donné Texemple à cette ville et au pays pendant les dix années qu'il a passées à la tête de cette importante maison et de cette vaste et populeuse paroisse.*' M. Cartier accompagna cette résolution de quelques remarques.

M. le Président et Messieurs,

Après les paroles pleines d'éloquence et de vérité que nous venons d'entendre, bien peu d'observations sont nécessaires pour faire connaître les qualités éminentes du très regretté supérieur du séminaire, H. Granet. La religion et la société également font en lui une grande perte. La direction des affaires du Séminaire de Saint-Sulpice, à Montréal, est une charge très considérable et très difficile ; elle est aussi, pour ainsi dire, d'utilité publique, car à la prospérité de cette maison se rattache étroitement la prospérité de la ville elle-même. Combien d'églises ont été construites par notre Saint-Sulpice ? Combien d'enfants pauvres sont nourris, habillés et instruits par lui ? A voir la modestie et l'humilité des membres de cette congrégation, on ne se douterait point des grands biens qu'elle possède et emploie à cet usage. Il n'est pas une parole de ces saints prêtres, pas une de leurs démarches, qui ne soit inspirée par le désir de rendre service à la société et à la religion. Aussi, est-ce un grand bonheur, pour nous, habitants de Montréal, d'avoir au milieu de nous leur maison, liée avec l'illustre maison de Saint-Sulpice en France. Et dans la douleur que nous cause la disparition d'un homme qui personnifiait si bien par sa science et ses vertus la société qu'il dirigeait dans notre pays, il se mêle un adoucissement à nos regrets, en pensant que cette société renferme tant d'autres prêtres vouant comme lui leur existence au salut des âmes, au progrès et à la gloire de la religion.

Au mois de juin dernier, le jour de la Fête-Dieu, je vis, dans les rues de la capitale de la France, défiler une procession de deux oa trois cents prêtres, appartenant à cette maison tant aimée dans

notre pays.

Je suivis des yeux cette longue suite de sulpiciens, dont la figure respirait l'intelligence et la paix intérieure. Je pensais au Canada, et À l'avantage dont nous jouissons d'avoir de ces prêtres remar-

qnableB partontea lea qualités qui honorent le sacerdoce. A ce même voyage de France, vieitant certaines oampagiiea, j'eus aussi l'occasion d'apprendre comment la compagnie de Saint-Sulpice recrutait ses membres. Ualgré le faible traitement accordé par le gouvernement français aux curéa, chacun d'aux prend soin de l'instruction de quelque enfant choisi parmi les plus intelligents de la paroisse ; puis quand l'fige est venu, cet enfant est envoyé à SaintrSulpice où il continue ses études sous une direction qu'il est ]>cu('Ëtre destiné à illustrer plus tard.

Voili, sans doute, une des raisons pour leequelles les prêtres de cette communauté sont toujours si dignes de l'estime publique.

Les eulpiciens ont eu une très grande part aux progrès des Canadiens-Fiançais ; et leur modestie, leur simplicité, leur tact ont toujours éU si admirables, leur sèle a toujours été si désintéressé que jamais ils n'ont excité la moindre jalousie cbes cenx de nof< concitoyens qui ne sont point de notre race ni de notre com-

SUR LA

CONFÉDÉRATION DES PROVINCES DE L'AMÉRIQUE

BRITANNIQUE DU NORD

PRONONCÉ LK IbR MARS 1866

A œRNWALL

La ville de Cornwall l'ut témoin, le 1er mars 1866, d'un grand banquet offert aux membres du gouvernement canadien par plusieurs centaines d'électeurs des comtés de Stormont, Oundas et Glengarry, partisans de la Confédération. Le gouvernement y était représenté par les honorables MM. Cartier, Macdonald, Galt, Howland, et McGee. Parmi les convives, l'on remarquait en outre les honorables MM. Yankoughnet et Bennet, et les députés Carling, Bell Ross, Morris, Ault, McGiverin, M. Brydges, gérant du Grand-Tronc, le juge Jarvis, le Dr Bergin, etc. Le maire, le Dr Allen, présidait. La salle du banquet était superbement décorée de draperies et de verdure, et parmi les devises se lisait cello-ci : *' L'Amérique britaniqpie unie pour toujours ; la Confédération et non Tannexion." 11 y eut force toasts et discours. M. Cartier Ait chaleureusement acclamé et porta la parole à peu près dans les termes suivants :

Monsieur le Président, Messieurs,

Je dois commencer par offrir mes remerciements à M. le Préaident et à la population des comtés de Stormont, Dundas et Gelngarry. pour la réception extrêmement flatteuse qui nous est faite, à mes collègues et à moi. Elle no peut manquer d être remarquée, et elle comporte pour nous une signification toute particulière. Il çst une obeçryation que je ne puis m'empêchçr de

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