CONFÉDÉRATION DES PROVINCES
faire ici. Pour moi, Canadien-Français, cette réanion, cette " approbation " donnée à la politique du gouvernement dont je forme partie, tout cela a une importance vi*aiment exceptionnelle. Comme vous pouvez le voir, ma stature n*a rien de formidable ; mais Dieu m'a doué de quelque audace, de beaucoup de persévérance et de Tamour du travail. (Applaudissements,)
Vous n'ignorez pas que ma position est très difficile et que les obstacles ne sont pas rares sur mon chemin, obligés que nous sommes, nous, Canadiens-Français, de rivaliser avec d'autres nationalités qui ont sur nous certains avantages. La réception que l'on me fait ce soir, m'honore et me cause une grande joie.
J'ai de bien sincères remerciements à adresser aux dames de Comwall, qui ont bien voulu par leur présence donner encore plus d'éclat à la réunion. (^Applaudissements.)
J'avouerai qu'en entrant dans cette salle, je n'ai pas été peu embarrassé quand je me suis vu au milieu d'une foule serrée, composée d'£cos8ais à la taille athlétique, j'ai failli désespérer de faire mon chemin jusqu'à mon siège. Cependant en tournant les obstacles dont je ne pouvais triompher, j'ai pu arriver à la place qui m'était destinée. C'est là une image de ma conduite en politique, je n'ai jamais longtemps désespéré de gagner la partie, et c'est ce qui explique mon succès. (^Applaudissements.)
Je suis content, Messieurs, que cette occasion me soit offerte d'adresser la parole à des habitants de l'ancien district de l'Est ; j'en profiterai pour vous dire quelques mots à l'égard du Haut- Canada. Il existe dans beaucoup d'esprits, chez vous, des préjugés contre le Bas-Canada. (Cris de non I non I) Quoi qu'il en soit, je n'en serais pas surpris, je n'en suis pas effrayé non plus. J'aime toujours à rencontrer de front les objections qu'on élève contre ma politique. J'aime à faire connaissance avec ceux qui nourrissent des préjugés contre mes compatriotes et contre moi. C'est une bonne tactique, car elle me réussit. J'espère que s'il y avait ici de ces préjugés, ils vont disparaître.
On a répété que j'avais tenté de soumettre le Haut-Canada à la législation de cette section de la province que je leprésente. Jamais accusation n'a été plus fausse. J'en appelle hautement au témoignage de mon ami, l'honorable John-A. Macdonald, avec qui, comme ministre, j'ai travaillé dix ans, au bien-être et à la prospérité du pays ; il peut dire, lui, si jamais dans le ministère ou dans le Parlement, j'ai essayé de commettre pareille injustice.
La direction de la politique canadienne étant devenue très difficile depuis quelques années, nous avons cru que le meilleur moyen de sortir des difficultés, était de proposer une confédération. (Applaudissements prolongés.) L'union des deux Canadas a contribué dans une grande mesure au progrès et à Tavancement du pajrs ; et elle nous a inspiré le désir d'une union plus large encore, établie sur des bases plus solides. Quand la politique divise de plus en plus nos voisins et que le Nord, le Sud, l'Est et l'Ouest, en un mot chaque section do l'union américaine se détache tous les jours des autres, est-ce le temps de songer à une annexion à ces pays troublés ? {Cris de non / non /)
Nous devons, tout au contraire, nous rattacher plus étroitement à nos institutions, fonder notre avenir politique plus solidement encore sur les principes monarchiques, établir un gouvernement fort sous la souveraineté de la couronne britannique. (Acclamor tiens générales.)
La confédération a pour cause première notre commune affection pour les institutions politiques de la Grande-Bretagne, elle a pour objet d'entourer de toutes les garanties possibles leur conservation dans l'avenir.
Tout le monde connaît les difficultés au milieu desquelles s'est opérée l'union de l'Ecosse et de l'Angleterre ? Et cependant, aujourd'hui, qui voudrait qu'elle ne fdt pas accomplie et qui pourrait nier qu'elle n'ait eu des fruits excellents pour les deux pays ? Il en sera de même de notre confédération, combattue aussi tout d'abord ; une fois établie, mise en action et en œuvre, elle ralliera toutes les opinions, par la réalisation de tout le bien que nous en espérons. (Applaudissements.)
D'autres ici vont parler après moi, et vous expliqueront différents points de la politique du gouvernement actuel. Avant de reprendre mon siège, je veux vous donner l'assurance que les Canadiens-Français savent apprécier les institutions politiques de la Grande-Bretagne et qu'ils désirent sincèrement continuer à vivre sous la souveraineté de l'Angleterre. C'est donc pour resserrer davantage les liens qui nous unissent à la métropole, et pour mieux sauvegarder nos institutions que mes compatriotes ont appuyé si cordialement la confédération.
Permettez-moi, Messieurs, de vous remercier encore une fois de rhonneur que vous nous faites par cette éclatante démonstration. Soyez assui'és que noits ne Toublierons pas de longtemps. Pour