‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 180 sur 286 · RETOUR DE SA MISSION A LONDRES · texte numérisé non relu

RETOUR DE SA MISSION A LONDRES

dans les conférences de Québec, mais que les autorités impériales la changeraient, l'altéreraient à leur guise.

Eh bien, Messieurs, vous savez ce qui est arrivé : nous sommes allés en Angleterre, et nous y avons été traités justement, généreusement. On a eu égard à toutes nos représentations, quand nous avons élevé la voix, on n'a point fait la sourde oreille ; au contraire, on nous a écoutés avec intérêt, et l'on a recueilli nos réclamations. Les Canadiens, ont dit les ministres anglais, viennent nous trouver avec une constitution toute faite, résultat d'une entente cordiale entre eux, d'une discussion mûre de leurs intérêts et de leurs besoins. Ils sont les meilleurs juges de ce qui leur convient, ne changeons point ce qu'ils ont fait, sanctionnons leur Confédération.

Oui, c'est dans cet esprit, que l'Angleterre a accueilli notre demande. Nous avions besoin de sa sanction, elle l'a donnée sans hésiter, sans vouloir intervenir dans notre œuvre ; et je puis dire que s'il est des hommes à vues larges, des hommes justes, ce sont les hommes d'Etat d'Angleterre.

Maintenant, Messieurs, permettez-moi de vous dire que cette entente qui a présidé à nos efforts jusqu'à ce jour, doit désormais continuer. A vous, mes compatriotes canadiens-français et catholiques, à vous aussi, compatriotes anglais, irlandais, écossais ; je dirai : soyez sans alarme I L'Acte constitutionnel que nous avons fait adopter en Angleterre, sauvegarde les privilèges et les droits de la minorité, comme ceux de la majorité.

Sous la Confédération, les droits de tous et de chacun seront amplement protégés. Avec ce système de gouvernements provinciaux et d'un pouvoir central, les intérêts individuels comme les intérêts généraux, trouveront toujours des défenseurs et une enceinte pour être défondus. Tout dépend de notre patriotisme et, sans parler des autres garanties que nous donne la constitution, cela déjà suf3rait pour me faire dire que tout ira bien.

Messieurs, permettez-moi de vous remercier une fois de plus de votre cordiale réception ; elle me flatte et me touche plus que je puis dire.

PnONONCÉ LE 17 MAI 1867

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