‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 187 sur 286 · R. LYON · texte numérisé non relu

R. LYON

'• Maire. "

La Société Saint-Jean-Baptiste avait aussi présenté une adresse pleine des plus nobles sentiments.

" A l'honorable Georges-Etienne Cartier, procureur général ou Bas- Canada.

Honorable Monsieur,

** La Société Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa, se considérant comme la personnification de la nationalité franco-canadienne dans cette partie du pays, et formant en fait la plus nombreuse et la plus compacte famille française du Haut-Canada, vient au devant de vous pour témoigner la joie que lui cause votre heureux retour, après une aussi longue absence. Elle désire vous exprimer en même temps sa gratitude, que vous n'avez cessé de mériter, particulièrement le jour où il vous a été donné de mettre votre nom dans la balance qui portait les destinées de la patrie.

** La volonté de Dieu nous a détachés du Bas-Canada pour faire de nous, sur les rives de l'Ottawa, dans la capitale du nouvel empire, une colonie française, appelée bientôt à marcher de concert avec la vaillante population des bords du Saint-Laurent.

** Aussi, comprenant notre mission, sommes-nous fiers d'acclamer en toute circonstance les hommes de notre origine qui s'élèvent au^essus du niveau ordinaire. Partout où des Franco-Canadiens se distinguent, partout où il est possible que nos applaudissements les suivent, nous les leur prodiguons avec ardeur, enflammés d'un nouveau courage et pleins d'espoir dans le secours de leurs talents ; c'est que nous voyons en eux les défenseurs de nos intérêts et des traditions qui nous sont chères par-dessus tout.

*' Parmi oes vrais patriotes. Monsieur, vous occupez la première place. Un passé de luttes et de travaux innombrables, marqués au coin du succès, atteste le patriotisme de votre caractère et les ressources de vdtre intelligence. Le prestige qui s'attache à votre nom, la popularité dont jouissent vos actes, le cri qui s'échappe de toutes les poitrines vous proclament hautement le premier d'entre nous.

** A ce titre, vous ne pouvez qu'être le bienvenu dans une ville où la Société Saint-Jean-Baptiste montre avec orgueil tant de franco-canadiens fidèles à sa bannière.

** Soyez convaincu que leurs plus vives sympathies vous sont gagnées par les services qui ont illustré votre vie et dont le plus remarquable, entre les derniers, est le droit confirmé de parler notre langue dans le Parlement des provinces-unies.

" A l'heure solennelle où la Confédération va nous placer dans une sphère politique agrandie, nos vœux vous accompagnent, et c'est en marchant sur vos traces que nous envisageons l'avenir.

"Les époques de transition sont toujours critiques, pour ne pas dire dangereuses ; aussi voyons-nous chacun se hAter de prendre rang auprès d'un chef. C'est autour de vous que les Franco-Canadiens viennent de toutes parts se grouper avec confiance.

'' Au milieu des luttes qui pourraient surgir dans le Parlement fédéral, c'est donc encore avec vous que nous devons combattre.

'* Le jugement de l'histoire sur vos actions à venir, sera, nous n'en doutons pas, le même que l'on porte aujourd'hui sur votre carrière passée : Il était le chef de sa race, il n'a connu que son devoir, et il Ta glorieusement accompli.

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