DD NORD-OUEST
PRONONCÉ LE 6 DÉCEMBRB 1867
A LA CHAMBRE DES COMMUNES
Dans l'esprit de ses fondateurs, la Confédération devait étendre ses limites d*un océan à l'autre, et devenir un grand pays qui ne serait aucunement gêné dans son expansion par ses voisins. Elle ne comptait encore que quatre provinces, quand il y avait, au-delà du lac Supérieur, de vastes espaces à occuper, à cultiver, à civiliser, qui étaient Tapanage exclusif des compagnies de pelleteries ou des chasseurs. Pour arriver à les incorporer dans la Confédération, il fallait tout d'abord désintéresser la Compagnie de la Baie d*Hudson, qui régnait en souveraine sur ces territoires de chasse. Le gouvemement ne perdit pas de temps pour atteindre un but aussi important, et, dès la session de 1867, Thonorable M. Wm McDougall, ministre des travaux publics, présenta une série de résolutions qui, après avoir exposé les avantages de Tunion au Canada des districts de la Saskatchewan, de TAssiniboine et de la Rivière-Houge, demandaient que le Parlement adoptât une adresse à Sa Ma^jesté la Reine pour décréter cette union à des conditions équitables. Ces conditions devaient être réglées entre le gouvernement du Canada et les intéressés ou par les tribunaux judiciaires. La septième résolution portait ** qu'advenant la cession des territoires au gouvernement canadien, les prétentions des tribus sauvages à une indemnité pour les terres réservées pour la colonisation seraient examinées et réglées d'après les principes de justice qui ont toujours guidé la Couronne dans ces transactions avec les aborigènes." L'honorable M. McDougall prononça un remarquable discours à Tappui de ses résolutions, qui furent facilement adoptées, et M. Cartier les appuya dans des termes qui sont rapportés d'une façon très incomplète.
L'ACQUISITION DB LA TBREtE DE RUPËRT
Lee résolutions qui vous sont présenUee sont bneécs sur la 146e clause de l'Actode l'Amérique britannique du Nord, qui pourv^oit à l'admisaioD de la Terre de Rupert et do Territoire du Nord- Oueet, ou de l'un on de l'autre, dans la Confédération canadienne, aux conditions qui seront énoncées dans des adresses du Parlement à Sa Majesté, et qui seront approuvées par la Reine en conseil.
Pour juger de l'importance des possessione du Nord-Ouest du continent, il suffit de se rappeler la somme conffldérabl&— pas moins de t7,200,000^-qui a été payée récemment par les Etats-Unis pour acheter l'Alaska de la Russie. Allons-nous msâquiner lorsqu'il s'agît de 1b bagatelle de cinq ou six millions de piastres pour étendre notre domaine jusqu'il la Colombie- Britannique 7 Depuis que les Etata- Unis sont devenus une nation, leur politique a été de s'agrandir par l'annexion de nouveaux territoires. Or,quand l'on saura en Europe que nous avons acquis d'aussi vastes contrées, qui représentent des millions d'acres de terre, vous verres un grand courant d'émigration se diriger vers notre pays. C'est que nous aurons alore l'attraction qui a tant contribué au peuplement et au prestige des Etats-Unis : une immense étendue de terres à coloniser. Cette acquisition ne doit exciter aucune jatouaie interne ; elle augmentera l'importance de tout le pays, non pas d'Ontario seulement, comme le savent les représentants de Québec.
Le gouvernement anglais 06t prêt à nous transférer le territoire, car il sait ce que peuvent fiùre des compagnies quand elles sont chargées de l'administration d'un paya. Je dois dire cependant, à l'honneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qu'elle a trùté les sauvages d'une façon pateroelle et qui contraste avaotageuaement avec le système destructeur qui prévaut aux Etats-Unis.
J'espère que les résolutions seront adoptées et que nous allons pouvoir agrandir nos horizons à une date rapprochée. L'Ouest, c'est l'avenir I