‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 196 sur 286 · BILL DE LA MILICE · texte numérisé non relu

BILL DE LA MILICE

A LA CHAMBRE DES COMMUNES

L'une des mesures les plus importantes de la carrière publique de M. Cartier est incontestablement celle de la milice et de la défense qu'il fit adopter en 1868, six ans après avoir perdu le pouvoir sur la môme question. C'était un projet de loi très clair, très élaboré, très pondéré, qui ne contenait pas moins de 101 clauses, et qui est encore la base fondamentale de notre organisation militaire. L'estimation de la dépense était portée à $900,000 par année, et TefTectif volontaire à 40,000 hommes. Il ne fallut pas moins de cinq heures à M. Cartier pour faire une exposition complète de son bill, laquelle fût écoutée avec une religieuse attention. Ceux qui craignaient l'établissement d'une armée permanente purent se calmer, il n'y avait rien de tel, quoique le projet de loi contint beaucoup d'innovations, telles que la nomination de neuf adjudants généraux de district, l'extension du système des écoles militaires au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Ecosse, le tirage au sort sur les listes spéciales et la création d'une milice navale devant faire le service actif en temps de guerre seulement. La députation et la presse, tant anglaise que française, accueillirent avec faveur le bill, comme étant parfaitement adapté aux exigences du pays. Le chef de l'opposition, M. Mackenzie, déclara que ses amis ne feraient aucune opposition de parti à la mesure, et qu'ils ** seconderaient le gouvernement dans toute dépense nécessaire pour la défense du pays et l'honneur du drapeau britannique." M. Cartwright, aujourd'hui sir Richard, n'hésita pas à dire que le rejet du bill de 1862 avait été un acte peu patriotique. L'honorable M. Cauchon écrivait au Journal de Québec : ** M. Cartier a obtenu un succès où beaucoup espéraient ou du moins pensaient le voir succomber. Il a noblement pris la revanche de 1862. Il y a tout à la fois efficacité et économie dans la mesure du ministre de la milice, et c'est à ces deux importants caractères qu'il doit son succès. Dans ce bill le volontarisme ne prime pas, et c'est ce qui devait être, puisque le volontarisme c'est l'enthousiasme de la guerre et l'enthousiasme ne dure

Page 1