‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 207 sur 286 · LES FORTIFICATIONS DU CANADA · texte numérisé non relu

LES FORTIFICATIONS DU CANADA

gouvernement impëria], pour construire des fortifications destinées à protéger Montréal, Kingston, Toronto, Hamilton, Paris ou London, et Saint-Jean du Nouveau-Brunswick.

LorsquMl Ait question de cet emprunt, il 7 a quelque temps, des adversaires prétendirent qu'on ne voulait l'appliquer qu'à fortifier Montréal Je sois heureux de leur répondre aujourd'hui par les résolutions que je viens de lire. Cette Chambre sait que le gouvernement impérial s'est chargé de fortifier Québec. Il fera également tout le nécessaire pour la défense d'Halifax qui est la station navale la plus importante que l'Angleterre possède sur ce continent. Le gouvernement impérial a constamment déclaré que toutes les ressources de l'Empire seraient, au besoin, employées à la protection du Canada ; mais nous devons le seconder. Les dépêches, exposant là-dessus ses désirs, ont été communiquées à la Chambre. Il nous demande de pourvoir à la défense de Montréal. On avait dit qu'il ne serait rien moins que prudent de laisser la province d'Ontario sans défense. Mais le gouvernement impérial déclara qu'une fois les villes de Montréal et Québec fortifiées, il se chaînerait de défendre le Canada. C'est ce qui avait pu faire croire que tout l'emprunt serait employé à Québec et à Montréal. Il y a eu plus tard, entre le gouvernement impérial et le gouvernement canadien des conférences où celui-ci est convenu d'élever aussi des fortifications sur plusieurs points stratégiques du Haut-Canada : tels que Toronto, Kingston, Hamilton ; et, de son côté, le gouvernement impérial a promis d'étendre sa garantie au montant nécessaire.

Je ne puis pns, chacun le comprend bien, communiquer à la Chambre les rapports secrets sur la nature précise de ces fortifications. Dévoiler le contenu de ces ittpportâ serait une très grande faute. La somme nécessaire pour mettre à couvert Monti*éal^-c'est le point le plus important de notre système de défense, — ^ne dépassera pas £430,000, ou £440,000 sterling. On y construira un camp retranché, destiné à arrêter toute invasion soit par le lac Champlain, soit par Ogdensburg. Ce camp et ces fortifications couvriront, protégeront l'île de Montréal jusqu'au comté de Vaudreuil. Les £440,000 sterling suffiront pour les ouvrages que demande le gouvernement anglais. Les fortifications nécessaires à Saint- Jean, tant du côté de la terre que du côté de la mer, coûteront de £190,- 000 à £200,000 sterling. Bestera donc plus de la moitié de l'emprunt pour les fortifications défensives d'Ontario. Une grande partie de cette dernière somme sera dépensée à Kingston, clé du

Haut-Cannda, et le reste à Toronto, Hamilton, Paris ou London. Il est probable que Ton aura à London nne sorte de camp permanent.

Si Ton objecte que ce sont là des travaux improductifs, je répondrai que la position de notre pays est devenue assez importante, pour qu'à Texemple des autres nations, nous opposions une barrière aux aggressions. En élevant une barrière entre nous et nos voisins, nous déclarons par là solennellement au monde entier, que nous voulons rester unis à la Grande-Bretagne. Eappelezvous que nous avons reçu beaucoup d'argent de l'Angleterre : les capitaux de nos banques, les frais nécessaires à la construction de nos voies ferrées, etc. Quand nous aurons élevé les grandes fortifications dont j'ai parlé, les capitalistes anglais seront encore plus convaincus que leurs fonds sont en sûreté chez nous, et le Canada sera eu pouvoir d'obtenir des placements multipliés à des conditions plus avantageuses. Ainsi l'objection contre un projet, qui n est pas autre chose au fond que le projet même du gouvernement britannique, cotte objection que j'ai prévue, à savoir que nous allons dépenser des sommes considérables pour des travaux improductifs, tombe d'elle-même.

On objectera encore que ces dépenses sont au-dessus de nos ressources. Mais il a été démontré que, l'année prochaine, nous aurons un excédent suffisant pour acquitter l'intérêt et faire l'amortissement des emprunts contractés pour ces fortifications et le chemin de fer Intercolonial. Supposons que l'emprunt applicable aux ouvrages militaires se réalise par cinq versements annuels, de £220,000 sterling chacun à quatre pour cent d'intérêt, plus un pour cent versé au fonds d'amortissement, nous aurons à payer la première année $52,532; la seconde année $107,066; la troisième année $160,600; la quatrième année $214,133 ; la cinquième année et les suivantes $267,666. Dans trente-huit ou quarante-deux ans, soit que les fonds d'amortissement se placent à six ou à cinq pour cent, tout l'emprunt sera remboursé.

Je pense que la charge imposée au trésor public est bien

légère en comparaison des énormes avantages que le Canada

tirera des dépenses faites. Les dépenses ordinaires de la

milice n'excéderont pas $900,000 ou $1,000,000. Si donc j'ajoute

à cette somme $267,000 pour l'intérêt et l'amortissement de

l'emprunt après la cinquième année, nous arriverons au total

annuel de $1,267,000, qui représente toutes les charges qu'un

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