‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 213 sur 286 · L'ACQUISITION DU NORD-OUEST · texte numérisé non relu

L'ACQUISITION DU NORD-OUEST

de sir Georges Cartier. " Je me réjouis, dil-il d« voir que vous a.yei réussi h vous assurer la présence, ce soir, des représentants de la grande ramille anglaise iAiiplaudistemenli), ei qu'une des plus grandes branches de celle ramille soit représentée parmi nous par un homme qui semble être légion, et qui n'en éprouve pas moins une chaude sympathie, particulière à l'origine d'où il tire sou nom et aux traditions de son pays lApplavdisîemeiUt). et qui, supérieur à aucun de ses prédécesseurs, est éminemment apte à représenter cet esprit de rratemité qui devrait unir la nation parlant anglais dans tout le monde," lÀpplauilisiemtntt.) Sir Georges parla immeiHatemenl apn'ts M. Gladstone, à la santé des parlâmcnts coloniaux. ■■ Je suis sujet britannique. dit-il, comme tous ceux qui m'entourent : la seule d i lié rence c'est que je parle rran^ais.'' Puis il fit un brillant éloge du gouvernement responsable appliqué aux colonies et particulièrement au Canada. M. MoDougall repondit à la santé : " La Nouvelle Puissance et les Colonies de l'Ouest." Lord Granville prononça un discours remarquable et Qt allusion aux négociations {tendantes pour l'acquisition du lerritoire de la Compaguia <ie la Baie d'Hudson. •■ Le transrert, i]il-il, de toute l'Amérique britannique du Nord, à l'exception de la Colombie- Anglaise, à la Puissance du Canada, est l'un des plus importants sujets dont j'aie eu h m'occuper La proposition de mon prédécesseur qui avait invité les de1égui>3 à se reunir à Londres, et qui s'était donné tteaucoup de peine à ce sujet, a été rejelée. Mon vieil adversaire politique, mais ancien ami, sir StalTord Norlbcote, et sir Curtls Lampson. qui tous doux jouissent de la conllance de la grande Compagnie de la Baie d'Hudsou, et les hommes d'Eint êniinenls qui représentent le Canada, proressaient des vues si dilTerentes que j'ai entièrement désespère du succès. Tous me traitèrent d'une manière droite, courtoise et patiente, mais chacun d'eux semblait me considérer comme lui étant hostile et favorable à ses opposants. Je n'avais qu'une arme, mais une arme de grande puissance dans les transactions publiques et privées. On pourrait la définir comme le pouvoirde la fatigue, (fiirej.) Je les bombardai de dépêches, de lettres privées et de notes conll d en ti elles, je les fatiguai d'entretiens interminables, et, enHn, quand je les jugeai suflisamment épuisés, je lançai un feu général avec une proposition qui, désagréable à chacun, pouvait cependant être acceptée par tous comme un compromis raisonnable." [Rires et applatulissemeiUs.) En quoi consistait la proposition dont lord Granville parle ici avec tant d'humourf Elle portait que la Compagnie devait ceiler à Sa Majesté tous ses droits de gouvernement, propriété, etc., dans la Terre de Ruperi et les autres parties de l'Amérique britannique du Nord, dans le but d'être transférés à la Puissance du Canada, aux conditions suivantes: lo. Le Canada paierait £300,000 à la Compagnie, avec la garantie impériale, comme compensation de son territoire et de ses droits ; 2o. la Compagnie conserverait ses postes et terres avoisinantes ne formant pas en tout plus de 50,0110 acres ; 3o. elle pourrait réclamer un vingtième du terrain dans chaque township ou district compris dans la :one fertile du territoire ; 4o. il ne serait imposé aucune taxe exceptionnelle sur la propriété de ta Compugnie, le commerce ou ses employés. Nous sommes bien loin des prétentions de la Compagnie, mais le gouvernement impérial refusait d'ac-

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cpder à la demande des délégués du Canada, qui niaient purement et simplement les droits de propriété du sol qu'elle prétendait tenir en vertu de sa charte. Soumise aux actionnaires de la Compagnie, le 24 mars 1869, la proposition de lord Granville souleva un débat très orageux, au point que rassemblée fut remise au 9 avril, alors quMl leur fallut bien se rendre aux désirs du gouvernement anglais, sous peine de tout perdre. Le 23 mars, la Circulaire de la Cour publiait ce qui suit: ** Sir G.-E. Cartier et M. McDougall, C. B., sont arrivés au Château Windsor, le 24 mars, et ont eu rhonneur de dîner avec la Reine et la famille royale." Sir Georges fut môme rhùte de la Reine pendant quelques Jours. Comme dans ses autres voyages à Londres, il reçut de nombreuses invitations chez les ministres, les comtes et les ducs. Les ambassadeurs eux-mêmes n'ont jamais été traités avec plus d'égards. Sa mission heureusement terminée, sir Georges quitta Londres, le 1er avril, à bord du Norlh American^ pour revenir au pays après une absence do cinq mois. En apprenant cette nouvelle, les citoyens de Montréal se mirent à l'œuvre pour lui préparer une grande réception. Le Telegraph de Montréal disait à ce sujet, le 9 avril : *' Il n'y a pas de doute que le résultat de sa mission a été d'ajouter près d'un quart de l'Amérique du Nord au territoire du Canada. Sans entrer dans aucune controverse politique sur la valeur, les avantages et la responsabilité de cette acquisition, l'on ne peut nier que l'adjonction de ce territoire à la Puissance ne soit un grand événement, un pas nécessaire dans la vie nationale, si jamais nous voulons être une nation, de la population de l'Amérique anglaise. Sir Georges Cartier a été le principal agent de cette opération, et nous ne pouvons oublier que pour cela il a été obligé de combattre et de surmonter une certaine somme de crainte de la part de ses amis et suivants." La réception faite à sir Georges Cartier par les citoyens de Montréal, fut tout aussi enthousiaste que celle qui avait eu lieu deux ans auparavant. Ils comprenaient que leur représentant venait d'agrandir considérablement la sphère de la Confédération en faisant l'acquisition des vastes territoires de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dans lesquels seraient taillées plus tard plusieurs provinces, qui seraient autant de débouchés pour leurs produits. Venu d'Europe vid Portland, sir Georges recueillit une série d'ovations le long de la route. A Sherbrooke, Acton et Saint-Hyacinthe, des adresses de bienvenue, signées par le clergé catholique et protestant et les citoyens les plus influents, lui furent présentées. L'adresse de Sherbrooke disait entre autres choses : ** Votre carrière publique nous est bien connue, et nous savons que vos concitoyens de toutes les origines sont fiers des succès que vous avez remportés dans les hautes fonctions qui vous ont été tour à tour confiées. Permettez-nous de mentionner une promesse que vous nous avez faite en 1865 dans le Parlement, alors que vous vous êtes engagé à régler la question de l'instruction publique sur une base juste et équitable, qui respecterait parfaitement les droits de la minorité. Il vous sera agréable d'apprendre que cet engagement, volontairement donné, a été rempli par l'action unanime de la législature à la dernière session." Lorsque le train du Grand-Tronc atteignit la gare Bonaventure, il y avait bien là cinq à six mille personnes accourues de partout pour saluer le baronnet

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