S L'ACQUISITION DU N0RD-OUB8T
tnadien, La brigade du Gmnd-Trooc lui présenta lei armes, pendant que 1 fanfare jouait the conqvering hero ûomet. A l'adresse de bienvenue ui rut présentée par le maire. M, William Workman, sir Georges Cartier ^pondit & peu prèa comme suit :
M. le îfaire et Heseieurs,
Vous voulez bien avoir la bonté do me féliciter du succès qui a louronné ma misBion en Angleterre avec mou très habile collègue, 'honorable M. McDougall. Je suis heureux de ce eucciis pour mon lajB et pour mes compatriotes. Dans quolquen mois, la Fuitjïance lu Cannda s'étendra de l'Atlantique au Pacifique.
Avec quatre provinces unies par la Confédération, nous sommes léjà fort« ; mais il ne faut pas nous en tfinir \k. Une nation comme in individu doit aspirer à grandir et k devenir plue fort. En diverses ■ccasions, quand j'ai eu à adresser la parole & mes amis de l'autre rfilé de l'Océan, dans la mère-patrie, je n'ai jamais manqué de leur lire que le Canada voulait devenir un paye grand et pui-simt; non tas pour satisfaire une ambition égoïste, mais pour ajouter encore LU prestige de la chère vieille Angleterre.
J'ai vu, en parcourant quelques journaux depuis mon arrivée ur le continent, que le résultat de notre union est diversenent apprécié. Naturellement, je ne puis aujourd'hui voua faire onnaître tous les détails de notre compi'omis ; cela viendra à la i^hambre, mais de cette place, comme de mon siège en Chambre, je uis prêt à défendre ce compromis et à en recommander l'adoption LU Parlement. Quelques-uns ont dit que les conditions étaient trop inéreusee pour le Canada. Chacun sait que si la Compagnie de In )aied'Hudsoa avait un titre douteux sur certaines parties de terrioire, son droit était certain sur d'auti'es parties im^xirtantes. On > auF'si prétendu que nouâ aurions d(k demander au conseil privé l'en décider. Mais qu'en serait-il résulté ? Lo proete aurait duré ruis ou quatre ans, et pendant ce tcmp^-là la Puissance aurait été irivée de ces droits et titres, et trois ou quatre années, c'est beaucoup pour un pays progressif comme le nôtre. Il est vrai que nous ivons & payer £300,000, mais, Messieurs, ces £300,000 ne devront ins se payer demain. Nous avons fixé les termes de paiement.
Je me souviens que lorsque j'allai en Ani;leterre, en 1865, avec
rhonorable sir John Macdonald, M. Brown et M. Galt, nous y obtînmes la promesse que, si le Canada achetait les droits de la Compagnie de la Baie d'Hudson, le gouvernement impérial garantirait l'emprunt nécessaire pour l'acquisition. Je ne puis dire autre chose aujourd'hui, sinon que je suis un grand croyant. J'ai de bonnes raisons de croire que la garantie nous sera donnée. Avec cette garantie nous pourrons emprunter à 3J pour 100, et en y ajoutant 2 pour 100 d'amortissement, nous aurons à payer pendant quarante-cinq ans à peu près £15,000 par année, et voilà tout.
Mais qu'avons-nous en échange ? Nous aurons la maîtrise et la propriété du territoire, qui dès lors sera sujet à nos lois douanières, et comme la compagnie continuera à y faire son commerce et qu'il y a aujourd'hui 20,000 à 25,000 habitants, elle aura à payer des droits de douane si considérables qu'elle sera heureuse de les commuer en une somme de £10,000 à £12,000 par année. Maintenant, quel homme de bon sens prétendra que nous avons fait un mauvais marché ? Messieurs, ce n'est pas tout. Nous allons posséder un pays extrêmement fertile. Nous aurons là-bas 50 millions d'acres de terres en prairies pour faire concurrence aux éleveurs et aux cultivateurs de blé des Ëtats-XJnis. Oui, le Canada aura là d'immenses prairies propres au nourrissage et à la culture !
Nous voyons un grand nombre de compatriotes du Haut et du Bas-Canada partir pour les Etats-Unis. Il ne faut pas en être surpris. Tout le monde n'est pas du même goût et le besoin de locomotion produit insensiblement l'émigration. Eh bien, nous aurons chez nous la plus belle diversité de localité qu'on puisse imaginer. L'émigrant se portera volontiers dans le Nord-Ouest et avant cinq années il y aura là 80,000 âmes. Les douanes nous donneront alors un revenu ,de £60,000 par année. Messieurs, ne soyez donc pas effrayés.
La compagnie conservera un vingtième des terrains dans les régions cédées. Ainsi, dans un township de 20,000 acres contenant 100 lots de 200 acres, il lui sera réservé cinq de ces lots. Cela est sans importance matérielle pour nous ; mais cela aura de l'influence sur la colonisation. La compagnie sera fort intéressée à encourager en beaucoup d'endroits la colonisation, utile, en outre, pour tenir en respect les sauvages avec qui elle fait la traite et envers lesquels, du reste, elle se conduit bien. La compagnie épargnera par son organisation propre de grands frais d'administration au gouvernement.