LOI DES ÉCOLES DU NOUYEAU-BRUNSWICK
PRONONCà LB 29 AVRIL 1872
A LA GHAMBRB DES COMMUNES
La question des écoles du Nouveau-Bninswick souleva plus d*un débat orageux durant la session de 1872. Il avait été d*usage jusqu'à Tannée précédente d'accorder une certaine allocation à chaque école confessionnelle {denominational), mais cet usage n'était pas garanti par une loi spéciale à l'époque où la Confédération fut accomplie. Or, il plut un jour à la législature du Nouveau-Bru nswick de décréter un système d'instruction publique, qui équivalait à la suppression des écoles séparées ou confessionnelles pour ne reconnaître que l'éducation purement laïque. Les députés protestants du Nouveau-Brunswick s'opposèrent à toute intervention de la part des autorités fédérales, l'instruction publique étant, disaient-ils, du ressort exclusif des législatures provinciales. L'un deux, le colonel Gray, lit observer qu'à la conférence de Westminster, à Londres (1866), il avait été proposé d'appliquer au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Ecosse le système des écoles séparées, qui existait dans Ontario et Québec, mais qu'il s'y était opposé, vu qu'il s'agissait d'une législation purement locale et que les catholiques formaient un corps assez considérable pour protéger leurs droits. La première discussion à la Chambre des communes fut suscitée par une motion de M. Renaud, ancien député de Kent, Nouveau-Brunswick, laquelle demandait production de toute la correspondance échangée avec le gouvernement au sujet de la loi des écoles en vigueur dans cette province. Sir John Macdonald, premier ministre et ministre de la justice, et sir Georges Cartier, se déclarèrent partisans des écoles séparées, mais exprimèrent Topinion que le gouvernement fédéral ne pouvait désavouer la loi passée par la législature du Nouveau-Brunswick, qui était absolument de sa juridiction. Les paroles suivantes de sir John Macdonald méritent d'être reproduites: " Personnellement, je suis d'accord avec l'orateur précédent (M. Anglin), et durant toute ma longue carrière parlementaire, je me suis montré un ami constant des écoles séparées, puisque j'ai contribué à donner ce système à la