TERMINUS DU CHEMIN DE PEH OU PACIFIQUE
des œufs pourris furent même lancés à sirHugh AJIan. Voici quelques-unes des paroles de sir Georges que Ton put saisir a travers les cris d'une bande de braillards, qui, évidemment, avait été organisée poiu* la circonstance :
Mûssieurs,
Jo ra'ai^erçois qu*il y a dans cotto assemblée des gens venus pour nouH interrompre ; nous pourrions en avoir bientôt raison, mais il vaut mieux ne pas les maltraiter, quitte, s'il le faut, à les livrer à la police.
Si j'ai tarde à vous adresser la parole depuis le commencement de la lutte, vous me le pardonnerez facilement quand vous en connaîtrez la cause. J'ai essuyé une maladie qui m'a retenu chez moi pendant plusieurs jours pour obéir aux ordrefs des médecins qui me condamnaient au repos. Tout ministre que je sois, je ne suis malheureusement pas plus exempt qu'un autre des maux qui affligent la nature humaine. Mais le temps n'a pas été perdu, vous avez vaillamment engagé la lutte et vous méritez de triompher. Je dis : vous méritez de triompher, car, remarquez le bien, dans cette lutte, vos intérêts sont en jeu plus que les miens et si nous l'emportons, comme j'en ai l'espoir, ce triomphe sera le vôtre. (^Applaudissements.)
Quant à moi, ancien représentant, je viens vous demander la continuation de votre confiance, pour que je puisse comme par le passé me consacrer à la défense de vos intérêts et de ceux du pays.
J'ai un adversaire. Qui est-il ? Je le connais à peine. Je ne puis l'attaquer. Il eut sanb passé politique, et, par conséquent, il échappe à la louange et au blâme. Ck)mme il n'a aucun titre particulier à vos suffrages, il me semble que sa conduite est nonseulement hardie mais téméraire.
Je me présente devant vous avec vingt-cinq ans d'expérience politique, après avoir occupé des positions importantes dans le gouvernement du pays pendant dix-sept ans. L'on peut trouver des actes à critiquer dans ma carrière politique, tout homme est peccable ; mais je puis vous dire, en toute sincérité, que j'ai toujours travaillé à obtenir pour mes compatriotes, la plus grande somme d'avantages et de bonheur possible. J'ai défendu leurs droits
sans jamais broncher et sans jamais empiéter sur ceux des autres nationalités. Tel a toujours été le but de ma vie politique.
Depuis quelque temps, Ton parle beaucoup du chemin de fer du Pacifique et l'on cherche à tromper le public sur cette question. Comme je vous l'ai dit, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, j'ai été chargé par mes collègues de présenter un bill relativement à cette grande entreprise. Les adversaires du gouvernement se sont eflTorcés de mettre ma sincérité en doute dans cette affaire. Ils ont osé dire que je voulais nuire aux intérêts de la partie de la ville que je représente. La sottise et la méchanceté ne pouvaient aller plus loin. J'ai fait tous mes efforts pour favoriser vos intérêts et j'ai toujours voulu que Montréal eût la part du lion. {Applaudissements,)
J'ai le plaisir de vous annoncer que les deux compagnies qui offraient de construire le chemin se sont abouchées, et qu'elles sont parfaitement d'accord. Elles veulent construire le chemin du Pacifique de façon à sauvegarder vos intérêts. Dans l'instant, vous entendrez sir Hugh Allan vous dire que j'ai fait tout en mon pouvoir pour notre ville et le Bas-Canada, et que Montréal sera le principal terminus de cette grande voie ferrée. Il est facile d'exciter les préjugés, de faire naître les soupçons dans une affaire de ce genre. Mais le temps est arrivé de réfuter les mensonges et de dissiper les doutes. {Interruptions violentes.)
Il me serait facile de bâillonner ces braillards, je n'aurais qu'un mot à dire, mais, je le réitère, je ne veux pas qu'on les maltraite, qu'ils se fatiguent à crier.
J'espère que les explications que j'ai données et qui seront appuyées par celles de sir Hugh Allan, apaiseront les craintes et feront taire les gens qui parlent à tort et à travers de choses qu'ils ne connaissent pas. Le chemin do fer du Pacifique se terminera à Nipissing, auprès du lac ; c'est une nécessité géographique. La compagnie construira de là à Montréal un chemin qui vous donnera virtuellement le terminus du Pacifique. Sir Hugh Allan s'en chargera.
Savez-vous pourquoi. Messieurs, certaines gens s'obstinent à m'interrompre ? C'est parce que je viens de vous annoncer cette bonne nouvelle. Voilà ce qui les met en fureur. Ils auraient été si heureux si je n'avais pas réussi. Leurs cris de fureur se changeront avant longtemps en cris de détresse et de chagrin.
A la dernière session, j'ai travaillé avec mes collègues à améliorer la condition des classes ouvrières. J'ai voulu leur donner le droit