TERMINUS DD CHEMIN DE FER DU PACIFIQUE
Les élections générales de 1872 eurent lieu dans les mois de juillet et août. Sur les dix premières, neuf furent remportées par les conservateurs, ce qui faisait présager pour eux un succès éclatant. Le parti libéral du Bas-Canada subit une transformation apparente et prit le nom de parti national qu'il ne tarda pas à quitter pour arborer ses anciennes couleurs. Plus tard encore, il reprendra le titre de parti national, lors de la tourmente rielliste (1885), pour redevenir subséquemment le parti libéral. Pour mieux donner le change, Ton annonça que M. Dorion qui partait pour l'Angleterre, se retirait de la politique ; mais ce n'était qu'une feinte, ses amis le tirent élire à la iln de la campagne contre M. Coupai, ancien député de Napierville. Le nouveau parti choisit M. L.-A. Jette, aujourd'hui juge de la Cour Supérieure, pour son candidat à Montréal-Est, et engagea une lutte acharnée contre sir Georges Cartier. Il s'évertua surtout à convaincre les électeurs que le chef conservateiu* refusait toute protection aux minorités, qu'il avait foulé aux pieds les droits des catholiques dans l'affaire des écoles du Nouveau-Brunswick, et qu'il trahissait leurs intérêts dans la localisation projetée du chemin de fer du Pacifique. Ce dernier cri de guerre était d'autant plus injuste que sir Georges Cartier avait alors réussi à unir les deux compagnies rivales, qui se disputaient le contrat de la construction du chemin, et à assurer la prépondérance à sir Hugh AUan, dont les vastes intérêts étaient concentrés à Montréal. Cette fois encore, sir Georges Cartier avait fait triompher les intérêts bas-canadiens, mais le peuple, toujours trop facile à duper, faillit le lapider en récompense d'un service aussi éclatant. Sir Georges Cartier ouvrit la campagne, le 9 août, dans une grande assemblée publique sur la Place Saint-Jacques, en face de l'église de ce nom. Il était accompagné de sir Hugh Allan qui attesta hautement que le chef conservateur avait réussi à protéger tous les intérêts qui lui étaient confiés en rapport avec cette grande entreprise. Tous deux ne purent parler qu'au milieu de violentes interruptions.