‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 39 sur 286 · L'INSTRUCTION PUBLIQUE DANS LE BAS-CANADA · texte numérisé non relu

L'INSTRUCTION PUBLIQUE DANS LE BAS-CANADA

Français confondu dans les rangs du parti où se trouve le député de Lambton (M. George Brown), qui a pour organe le Globes cet ennemi acharné de noire race et de notre religion."

M. l'Orateur,

J'ai écouté avec beaucoup d'attention le discours de Thonorable député de Montréal (M. A.- A. Dorion) sans avoir pu trouver le correctif dont sa proposition avait besoin. On pourrait en conclure que le Bas-Canada est dans un état d'is^norance déplorable, mais je dois dire que cette prétention est fausse, et que non seulement le Haut mais le Bas-Canada a été félicité par des hommes importants de la république voisine sur ses progrès intellectuels. Ijc Bas-Canada présente à nos yeux une augmentation considérable dans le nombre des écoles et des élèves. Cette augmentation est la meilleure réponse aux assertions de M. Dorion et des jouniaux ^rits du Haut-Canada, qui s'évertuent à déprécier les Bas-Canadiens, c'est-à-dire ceux qui professent la religion catholique. C'est ainsi qu'en 1853, le nombre des écoles était de 2,352, en 1854 de 2,571, tandis qu'il s'élevait en 1855 à environ 3,000. Le chiffre pour le Haut-Canada est de 3,250. La différence n'est pas aussi grande qu'on pouiTait le croire entre le Haut et le Bas-Canada pour ce qui est de l'enseignement élémentaire. Le Bas-Canada a l'avantage dans l'enseignement supérieur. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer les étudiants qui sortent chaque année des collèges et universités du Haut-Canada avec ceux du Bas-Canada.

M. WiLSON (London). — Que deviennent-ils tous?

M. Cartier. — Tous, je suppose, sont de vos amis, et le reste du Bas-Canada, à vos yeux, doit être plongé dans une ignorance profonde. J'ai lu dans un journal, qui n'est pas suspect de partialité sur ce point, que les grammar schools du Haut-Canada, où l'on enseigne les langues mortes, reçoivent des élèves incapables de lire et d'écrire.

Plusieurs voix. — ^Nommez le journal.

M. Cartier. — Je ne désire pas le nommer.

Plusieurs voix. — Nommez-le.

M. Cartier. — Puisqu'on insiste, je dirai que ce journal est le Globe. De l'extrait que je vais lire il résulte que les salaire.s des instituteur dans les grammar schools ont été réduits l'an dernier de onze à dix mille louis dans le Haut-Canada, et que, sur cent

de ces écoles, cinquante-six admettaient des élèves incapables d^écrire, et que trente-deux sur cent en recevaient qui ne savaient pas lire. De plus, je connais une de ces écoles dans le Haut-Canada que Ton a dû fermer faute d'élèves.

Le New York Herald reconnaît que, partout dans le Bas-Canada, on répond avec empressement aux efforts qui se font pour répandre l'instruction publique. Et cependant il ne manque pas de gens qui essaient de soulever les préjugés des cultivateurs contre l'éducation. Mais ces préjugés disparaissent rapidement, et je ne connais aujourd'hui qu'une seule paroisse qui n'ait pas d'école élémentaire.

Je ne crains pas d'ajouter que maints comtés du Bas-Canada pourraient soutenir avantageusement la comparaison avec ceux du Haut-Canada, sous le rapport des élèves dans les écoles communes et supérieures. Un seigneur du Bas-Canada a constaté en renouvelant son terrier, que, sur cinquante cultivateurs, trois seulement ne pouvaient signer leurs noms. Le comté de Yerchèi'es, je suis fier de le dire, peut être comparé avec n'importe quel comté du Haut-Canada quant au nombre des écoles et des élèves.

On a parlé d'écoles noiTnales ; eh bien ! le gouvernement est prêt à en établir dans le Bas-Canada dès que la Chambre votera le crédit nécessaire. Jusqu'ici une seule école normale a été subventionnée, mais elle est insuflSsante, et il en faudra au moins trois.

L'honorable député de Lincoln (M. W.-H. Merritt), — je dois dire qu'il n'est aucun de mes honorables collègues que je respecte davantage — se rappelle peut-être que, lorsque je siégeai pour la première fois dans cette Chambre, qui tenait alors ses réunions à Montréal, je n'hésitai pas à le défendre quand il y fut attaqué à cause de ses discours en faveur du canal Welland. On prétendait que la dépense à faire serait au profit exclusif du Haut-Canada. Je ne craignis pas de répondre que cette entreprise profiterait non seulement au Haut-Canada mais aussi au Bas-Canada, puisque le canal amènerait les produits agricoles de l'Ouest aux ports de mer de Montréal et Québec. Oui, je soutins hautement qu'il profiterait d'une manière permanente au Bas-Canada. Il en sera ainsi de toutes les entreprises qui, exécutées dans la région supérieure, auront pour but de faire écouler les produits de l'Ouest jusqu'au bord de la mer. J'ai même dit au député de Lincoln, en une certaine occasion, qu'il n'avait pas à s'occuper de son monument

Page 1