LE COMMERCE AVEC LES ÉTATS-UNIS
pour quand il ne serait plus, que le canal Welland rappellerait tout aussi bien sa mémoire que le canal Érié rappelle le nom de De Witt-Clinton.
Malgré mon respect pour Thonorable député, je ne puis m'empêcher de différer avec lui sur quelques points. Ix)rsque Thonorable député songea à construire le canal Welland, il espérait sans doute que la protection accordée aux produits américains transportés sur les eaux canadiennes serait continuée par la Grande- Bretagne ; jusque même en 1849, personne ne songeait au changement que le tarif a subi depuis ; mais, malgré ce changement, l'honorable député ne s'est pas trompé dans ses calculs à l'égard du canal Welland, puisque le trafic n'a pas cessé d'augmenter. Sous d'autres rapports, l'honorable député s'est plaint que le commerce s'éloignait du pays. Ceci a eu lieu parce que ce commerce ne s'étayait d'abord que sur des tarifs.
Je crois devoir en prévenir mon honorable ami, je crains que pour le commerce, dont il fait sa spécialité, il n'ait aujourd'hui un sérieux rival dans la personne de l'honorable député de Montréal (M. John Young). Cet honorable monsieur a publié un rapport favorable au canal de Caughnawaga, mais son discours m'a convaincu que son projet est plutôt favorable aux intérêts de New- York qu'à ceux de Montréal. Si ce projet s'accomplissait, je crois que les citoyens de Montréal n'en retireraient d'autre bénéfice que celui de voir le commerce de leur ville prendre la route des Etats-Unis par la voie du lac Champlain. Dût-il augmenter le revenu des canaux, il n'ajouterait pas au commerce que possèdent Montréal et Québec. Si les canaux de New- York ne sont pas dans un état florissant, c'est qu'ils souffrent de la concurrence des chemins de fer.
Le canal de l'Érié est un fiasco comparé au chemin de fer. J'ai en main le rapport de l'auditeur du canal, qui recommande l'imposition de péages sur le chemin de fer afin de permettre au canal de soutenir la concurrence. Autrement l'on devra avoir recours à la taxe directe pour payer les dépenses du canal. Quoi qu'en ait dit le député de Lincoln, l'état financier du canal de l'Érié est tel que, par la constitution de 1846, il avait un fonds d'amortissement de 11,300,000 à payer, outre l'intérêt de la dette. Le mauvais succès du canal Érié ne doit pas nous eflrayer. En outre, l'honorable député de Montréal semble avoir oublié que le commerce de New- York n'est pas aussi considérable qu'autrefois, eu égard à
l^accroissement de sa population. Il y a cinq ans, la population de cette ville était de 500,000 âmes, et depuis le recensement de 1855, elle ne dépasse guère maintenant 600,000. On croit cependant qu'elle atteindra bientôt 750,000. Et pourquoi son commerce u'eet-il pas plus considérable ? Parce que New- York a des concurrents pour le commerce de l'intérieur et de l'extérieur. Boston, avec ses steamers océaniques et ses nombreuses lignes de chQjnin de fer ; Philadelphie, avec ses chemins de fer et le commerce du lac Érié, et, dans une certaine mesure, la Nouvel le- Orléans, sont devenues des villes rivales pour le commerce qui autrefois se concentrait à New- York.
Je ne suis pas de ceux qui voient tout en noir. Je préfère les prospectives encourageantes. J'ai foi dans nos populations, dans nos ressouiKies, dans l'avenir. Si le commerce de Montréal ou de Québec n'est pas aussi considérable qu'il devrait l'être, cela est dû principalement à la dépression subis par le commerce du bois. Mais il n'y a pas lieu de désespérer.
La Nouvelle-Orléans a aussi éprouvé une diminution dans son commerce, cependant ni New- York, ni la Nouvelle-Orléans, ni Montréal ne se sont cnies alors ruinées. Montréal est encore la plus belle ville de l'Amérique britannique du Nord, celle qui montre la plus grande somme d'entreprise. Mais, si Baltimore et Philadelphie sont toutes deux éclipsées par New- York, comment peut-on croire qu'une ville de 75,000 âmes puisse soutenir les concurrences à l'égal d'une ville de 620,000 âmes ?
SUR LE
NUMERAIRE PROVINCIAL
\ L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
M. Mackenzie (Haldimand) propose, appuyé par M. Dewitt, la résolution suivante: "Après le 31 janvier 1857, il n'y aura qu'un système monétaire ayant le dollar pour l'unité principale et la plus élevée. Les comptes publics seront en dollarsy cents et mi7/5, et l'argent monnayé aura la môme valeur intrinsèque qu'aux Etats-Unis." MM. Cayley, Cartier et Brown prennent part à la discussion, et la Chambre rejette la proposition par 58 voix contre 37.
M. l'Orateur,
L'honorable député do Ilaldimand (M. "Wra. Lyon Mackenzie) devrait être satisfait des explications qu'il a entendues. Bien que le principe du système décimal ait été affirmé, il veut cependant aller plus loin encore ; c'est-à-dire que la Chambre se prononce pour l'adoption du dollar américain, comme unité monétaire.
M. Mackenzie. — Pour le système actuel du dollar divisé on cents et mxlU,
M. Cartier. — L'opinion publique voudrait que nous eussions un cours monétaire décimal qui facilitât le plus possible nos relations commerciales avec les Etats-Unis, et aussi avec l'Angleterre et les autres nations européennes. Il ne faut pas oublier que notre commerce avec l'Angleterre représente plus des deux tiers de nos importations et exportations. Sans doute, notre commerce