L'INSTRUCTION PUBLIQUE
A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
M. rOrateur,
On aurait pu croire, d'après la discussion, que nous entendions déiHjnser pour les académies et les collèges tout l'argent qui sera volé, mais il n'en est rien. Nous trouvons même, dans la loi actuelle la distinction de trois sortes d'institutions : les écoles élémentaires, les écoles modèles, et les académies. Une partie des crédits sera affectée aux deux classes d'écoles supérieures désignées dans la loi, de même qu'une partie aux collèges qui jusqu'ici ont reçu des allocations spéciales.
Les écoles ont eu par le passé plus de la moitié de la somme allouée pour l'instruction publique, conformément à l'Acte des écoles communes. Il est absurde de prétendre, comme Ta fait le député de Montréal, que nous visons à détruire le système des écoles communes, en détournant les fonds au profit des collèges. J'ai déjà expliqué que la présente loi ne disposait que du revenu des biens des Jésuites et des reliquats du fonds des écoles communes. Mais, nous répond l'honorable monsieur, comment peut-il exister une balance en caisse, lorsque nous voyons, par un rapport déposé sur le bureau, qu'il a été prêté £5,000 à ce fonds ? C'est une somme que le surintendant avait appliquée à tort à la construction et à la réparation de maisons d'écoles. Depuis plusieurs années, il y a eu des balances en caisse, qui se sont élevées à £5,000 en 1852, à £7,500 en 1854, et à £6,400 en 1855. Les biens des Jésuites n'ont
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pas ét^ administrés comme ils auraient dû l'être, et nous pourrons par la présente loi en retirer des sommes considérables. Les arrérages s'élèvent aujourd'hui à £25,000, et de ce montant, nous pourrions percevoir et placer £10,000 à £18,000, ce qui ajouterait £1,000 au revenu annuel. Je crois qu'il serait facile de réaliser £10,000 par année, en administrant sagement, et en plaçant avantageusement les deniers. Peut-être même pourrions-nous atteindre le chiffre de £14,000 ou £15,000 : la balance en caisse s'élèverait alors à £5,000 par année, et nous n'aurions que peu de chose à prendre dans le fonds des écoles communes.
Cette année, quinze collèges seulement ont reçu des allocations. Les institutions telles que les classes de grammaire du Haut-Canada, ont obtenu £11,000, tandis que les écoles communes n'ont eu que £23,000. Bans les établissements subventionnés l'an dernier, on comptait 15,000 élèves, et non pas 9,000, ainsi que l'a prétendu le député de Lambton (M. Brown).
A entendre le représentant de Montréal (M. Dorion), l'on pourrait croire que les écoles du Bas-Canada ont reçu plus d'argent que celles du Haut-Canada. Mais il faut faire abstraction du crédit accordé à l'école normale, lequel monte seul à £3,000, et de ceux qui ont été votés pour les bibliothèques, etc., etc.
L'an dernier, les écoles communes du Haut-Canada se sont partagé £23,800, et celles du Bas-Canada, £29,600. C'est le surin- ^ tendant qui, sous le système actuel, propose la distribution des crédits, basée sur le nombre des écoles ; mais le gouvernement en est responsable à la Chambre. Par la loi de 1853, les reliquats du fonds des écoles communes étaient aussi affectés au maintien des écoles dites de grammaire, dont une, dans chaque comté, recevait £190 ; les comtés pouvaient en établir en donnant à chacune £50.
Les établissements d'éducation supérieure ne sont pas également répartis dans les comtés du Bas-Canada, et pour cette raison les municipalités no doivent pas elles-mêmes distribuer les fonds. Nous voulons, non pas créer dos dotations permanentes, mais encourager les institutions qui auraient besoin d'un peu d'aide et suivant les circonstances. Los dotations de l'université-collège de Toronto sont distribuées par le gouvernement, en vertu de la loi de 1853, et le surintendant a même le droit d'augmenter l'allocation pour les écoles communes, lorsqu'il a lieu de croire que le recensement est incomplet. Pourquoi donc ne confierait-on pas au ministère la distribution des crédits ? Craint-on que nous ne
favorisions trop nos amis ? Avons-nous donc mérité ce reproche ! en accordant de fortes sommes à Montréal, à Napiervilie, à Saint- Jean, à Beauhamois et à l'Assomption, dont les députés n'ont guère donné d'appui au gouvernement ? Presque les deux tiers des crédits sont allés aux institutions de comtés représentés par des adversaires du cabinet.
La tendance jusquïd a été d'encourager les collèges et les maisons d'éducation supérieure, au détriment des écoles élémentaires. Ce présent bill a pour objet de favoriser les écoles-modèles plutôt que les collèges.
M. HoLTON. — Je regrette que le secrétaire provincial ne nous ait pas plus clairement expliqué pourquoi il traite ses concitoyens du Bas-Canada autrement que ceux du Haut-Canada.
Ce bill, qui permet au ministère de donner une pension à tous les instîtuteure mis à la retraite et âgés de plus de soixante-dix ans, n'est qu'un moyen d'exercer du patronage public, et d'acquérir de l'influence politique. De même, les grosses sommes accordées à Montréal n'ont pour but que de renforcer la position du secrétaire provincial.
M. Cartier. — ^Voici tout ce qui en est : dans le Haut-Canada, Ton ne compte que sept ou huit collèges et environ quati'e-vingtcinq écoles de grammaire, au lieu qu'il y en a près do trois cents dans le Bas-Canada.
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