‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 48 sur 286 · LA RESPONSABILITÉ MINISTÉRIELLE · texte numérisé non relu

LA RESPONSABILITÉ MINISTÉRIELLE

Mongenais, Jos. C. Morrison, A. Morrison, Polelte, Poulin, Pouliot, Price, Roblin, Ross, Shaw, Smith, Stdney Smith, South wick, Spence, Stevenson, Taché, Terill, Thibaudeau, Turcotte, Valois et Whitney— 6L

M. rOrateur,

Le vote sur la motion de Thonorable députe de Toronto (M. J.-H. Cameron) a été mêléy amis et adversaires se trouvant confondus. C'était un vote de non-confianoe. Mais les ministres étant direc*tement opposés à la majorité, il leur fallait nécessairement agir en leur double qualité de conseillers responsables et de leaders de la Chambre. C'est pourquoi nous avons voulu nous assurer si le gouvernement possédait la confiance de la Chambi'c. et nous Tavons fait sans consulter ceux qui nous appuient d'ordinaire.

On pourrait prétendre, mais à tort, que le cabinet était tenu de donner suite au vote qui vient d'être rescindé. 11 nous restait, je le répète, à nous enquérir si le gouvernement possédait encore la confiance de la Chambre. Or, ce vote de confiance, nous ne pouvions le solliciter nous-mêmes, qu'en provoquant la discussion sur le sujet du vote primitif. Et quelle a été l'expression de l'opinion do la Chambre ? L'honorable député même qui a pi-oposé l'adresse, a déclaré qu'il n'avait pas entendu demander un vote de non-confiance, puisqu'il avait, au contraire, confiance dans l'administration. Après avoir fait savoir ce que serait l'avis du ministère, nous l'avons emporté par une forte majorité, et nous avons alors avisé Son Excellence selon notre conscience. Nous n'avons attaqué aucun des droits ou des principes de la Chambre, et la seule question qui pourrait être discutée maintenant serait de savoir si l'avis du ministère est satisfaisant ou non.

Le député de Montréal a trouvé moyen de réduire cette question aux dimensions de son esprit. M. Cameron avait cru que la question se liait à de gmnds principes ; le député de Montréal, lui, la ramène à une simple affaii^e de privilège. Le ministère avait deux devoirs à remplir : l'un plus imi)ortant que l'autre. On ne dira pas, certes, que la transmission purement matérielle du message constituait le devoir principal ; non, c'était Tavis à donner. Si le représentant de Montréal a raison, que restenut-il à faire aux

ministi'es dans ce cas? Conseiller au Gouverneur de se conformer à la demande de la Chambra. Mais le ministère a ti*op le sentiment d'une indépendance digne pour donner cet avis.

Devrais-je, par hasard, abdiquer ma conscience pour me maintenir au pouvoir ? Non, je me suis toujours efforcé de me tenir en règle avec ma conscience, et si je puis lui demeurer fidèle, tout en restant d'accord avec la majonté, tant mieux, mais si je ne le pouvais point, je me rangerais volontiers du côté de la minorité. Heureusement, j'ai toujours eu pour moi la majorité de mes compatriotes, bien que, pour me détiniire, mes ennemis soient allés jusqu'à dii*e que j'étais un Anglais.

SUR LES

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