CANAUX DE WELLAND ET DE CHAMPLAIN
A L^VSSEMBLÉE LÉGISLATIVE
M. Doiion, député do Montréal, demande copie de toute la correspondance échangée durant l'année avec le gouvernement concernant la construction du canal projeté de Caughnawaga et l'élargissement du canal Welland. Cette proposition provoque une vive discussion, à laquelle prennent part MM. Holton, Cayley, Young, Galt, Robinson, Stevenson, Merritt, Turcotte, Pelton, Marchildon, Cartier et Wilson. M. Cartier s'applique surtout à réfuter le discours de M. Young, qui était le promoteur du canal de Caughnawaga, et déclare que le gouvernement n'avait pas encore pris de décision à ce sujet.
M. l'Orateur,
Je nie que le gouvernement ou quelqu'un de ses membrew soit opposé à Taugmentation du commerce de Montréal. En ce qui concerne le canal de Caughnawaga, il ne s'agit pas pour Montréal de discuter si cette ville et la province devi-ont en profiter, mais de connaître la route qu'il devrait suivre. D y eut, en 1849, une convention à Saratoga, à laquelle assistaient des délégués de toutes les villes intéressées, et tous les représentants de Montréal s'y prononcèrent en faveur d'une autre voie que celle recommandée par M. Young. J'en sais quelque chose, puisque j'assistais à cette réunion, ainsi que l'honorable député de Montréal (M. A.- A. Dorion). M. Young prétend avoir l'appui des ingénieurs, ce qui est faux, car ceux-ci ont demandé, dans un rapport, que le canal fût creusé
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vis-à-vis de Montréal, et non pas à neuf milles plus haut, là où il ne desservirait que le commerce des Etats-Unis.
Je sais que le député de Montréal revendique pour son tracé l'avantage en ce qui est des écluses— quelque 46 pieds — mais la longueur de son chemin serait de vingt-cinq milles, en plus des neuf milles du canal Lachine, tandis que, de Longueuil à Saint- Jean, la distance n&st que de seize milles. Les intérêts du Bas-Canada semient en outre mieux servis par un canal en face de Montréal, que par un canal en haut, lequel ne serait utile qu'au trafic de rOuest.
Cette différence de longueur est d'une grande importance pour un canal de quatoi'jse pieds de profondeur. J'ai un plan à moi pour trancher la difficulté, et pour rassurer la ix)pulation de Montréal, qui craint de ne retirer aucun profit du canal, s'il se construisait au-dessus de la ville. Ce plan est d'élargir le canal Lachine, ce qui devra se faire bientôt, jwur les besoins non -seulement du commei'ce, mais aussi des fabriques, qu'il ne peut alimenter suffisamment d'eau.
M. YouNO. — C'est la faute du département des travaux publics.
M. Cartier. — ^Je vous demande pardon. 11 n'y a pas un assez gmnd volume d'eau ; quand le canal de Lachine sera élargi, les vaisseaux y passeront, et Montréal deviendra le terminus de la grande navigation. Si le député de Montréal disait à ses électeurs qu'il est en faveur de la construction du canal à Caughnuwaga, il sait quel effet produirait cette déclaration. Aux dernières élections, il a dû donner des explications à ce sujet. Je pourrais ajouter que quelques-uns des amis de l'honorable député m'ont alors demandé s'ils devaient voter pour M. Young, qu'ils disaient être pour la construction d'un canal au-dessus de Montréal. A ceux-là je répondis qu'ils }>ouvaient l'appuyer sans crainte, car ce monsieur ne pouiTait jamais exécuter son projet.
Une voix. — Avez-vous voté pour lui ?
M. Cartier. — J'ai dit à l'honorable député, après son élection, que j'étais fôché de n'avoir pu voter pour lui, vu qu'il se présentait contre mon ami, M. Hincks. Le plan dont j'ai parlé pour l'améliomtion du canal Lachine m'est absolument pei*sonnel, et je suis en faveur du canal de Caughnawaga, à condition qu'il ne se fasse pas à Caughnawaga !
SUR LES