‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 55 sur 286 · LES ÉCOLES COMMUNES · texte numérisé non relu

LES ÉCOLES COMMUNES

baska) n'a d'autre but que de faire passer ces propriétés aux écoles communes. Ce serait aussi injuste que si on enlevait au King's Collège toutes ses dotations pour les donner aux écoles communes.

On a déjà beaucoup fait pour favoriser les écoles communes, dans le Bas-Canada en particulier. On leur a affecté une réserve de 1,000,000 d'acres de terre, qui produit un revenu annuel de £1,000,000. Les biens des Jésuites ne rapportent en tout que £13,000, et le gouvernement veut faire en sorte qu'ils produisent annuellement £15,000 Le député d' Arthabaska a tort de craindre que les intérêts des écoles communes ne soient lésés. Nous y porterons la plus scrupuleuse attention.

Nos honorables adversaires ont cru voir de la partialité dans )a distribution de ces allocations aux écoles. Mais les collèges électoraux qui ont élu des oppositionnistes, ont eu leur part tout comme les autres. Le nouveau plan cependant est préférable à l'ancien. Dorénavant la répartition des fonds sera soumise au contrôle du ministère, et par là, au Parlement lui-même.

A la suite de la mise à exécution du plan adopté en 1853, l'argent fut distribué par les députés et les plus anciens miliciens des comtés. Il en résulta que plusieurs députés se couvrirent de honte, au point que la législature actuelle refusa— à tort, il est vrai, puisque les écoles faisaient du bien — de voter d'autres fondb. Ces députés, qui avaient reçu de l'argent pour acheter des livres de prix aux élèves, empochèrent l'argent ou achetèrent des bonbons pour leurs bambins. Avec le nouveau plan, aucune allocation ne pourra être recommandée en faveur d'un collège qui n'enverra pas chaque année au gouvernement un état de sa bibliothèque.

Si le Bas-Canada a besoin d'un système différent de celui qui a été adopté pour le Haut, c'est qu'il a beaucoup moins de municipalités scolaires. En outre les allocations destinées aux collèges sont contrôlées par le Gouverneur en conseil. La distribution est aussi déterminée par le surintendant de l'instruction publique.

Je suis surpris d'entendre le député de Montréal (M. Dorion) et quelques-uns de ses alliés affirmer constamment que l'on emploie une somme plus considérable dans le Haut que dans le Bas- Canada pour l'instruction publique. L'honorable député a pu être excusable d'avoir risqué cette affirmation une fois, mais il ne saurait l'être de la répéter après la rectification qui a été faite.

SÉANOE DU 18 AVRIL.

L'honorable déi>uté de Drumraond est d'avis que Ton devrait donner aux commissaires d'écoles le pouvoir de taxer les contribuables au montant qu'ils jugeront convenable. Je suis plutôt d'avis que l'on procède graduellement. Chacun sait que la taxation a déjà soulevé des clameurs contre la loi des écoles. ^ Dans un an ou deux, quand l'esprit public sera convenablement éclairé, on pourra déterminer les pouvoirs. Comme le fonds des écoles va être i)orté à £30,000 au moins, et que les taxes locales donneront le double de ce montant, ce qui fait £90,000, auxquels s'ajoutera, il faut l'espérer, la contribution mensuelle, la somme sera suffisante, au moins pour un certain temps. La Chambre doit se rappeler que deux catégories d'écoles communes recevront de l'aide en dehors du fonds général. Par là, le fonds des écoles communes sera plutôt soulagé que chargé d'un fardeau. Mais il est fort à craindre que la contribution mensuelle, maintenant imposée à ceux qui sont capables de la payer, ne soit supprimée.

» En 1859, il y eut môme des émeutes dans plusieurs localités, notamment ù Saint^Gi^goire et à Saint-Michel d'Yamaska, certains démagogues, en quête de |x>pularité, ayant conseillé aux contribuables de ne pas payer les cotisations. Pour ramener à Tordre les émeutiers, l'on fut obligé de sévir avec rigueur. Cela eut pour effet de soumetti*e les paroisses rebelles au foncliounemenl de lu loi.

SUR LA

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