‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 62 sur 286 · LE CHOIX DE LA CAPITALE · texte numérisé non relu

LE CHOIX DE LA CAPITALE

négative ; elle n'est pas active, et, par conséquent, elle n*est pas digne de remplacer le gouvernement actuel.

Les soupçons manifestés par quelques membres à Tégard de Sa Majesté, qu'ils ont accusée d'avance de partialité dans là décision de la question, sont injustifiables. U est vrai que F Acte d'Union a été rendu dans un dessein hostile au Bas-Canada ; mais c'était après les troubles de 1837 et 1838. Les circonstances sont entièrement changées. Notre langue, après avoir été proscrite, n'a-t-elle pas été rétablie, sur notre demande? Quant à cette clause de l'Acte d'Union qui décidait que la représentation ne poun*ait être modifiée que par le vote des deux tiers de la Chambre, elle a été maintenue par une seule voix, celle de M. Papineau. M. La Fontaine, qui proposa l'augmentation de la représentation, soumit de nouveau son projet deux ans plus tard ; la voix de M. Papineau lui fit éprouver encore le même sort. M. Hincks, en 1852, fit enfin adopter la mesure de l'augmentation de la représentation. La Chambre vota ensuite une adresse à Sa Majesté, pour obtenir des changements à la constitution, afin de rendre le Conseil législatif électif; ni la Chambi*e ni le gouvernement ne demandèrent la rupture de l'Union, mais les obstacles que la Chambre avait appelles à la loi sur l'augmentation de la représentation frappèrent l'attention du Parlement britannique à tel point qu'il finit par biffer cette clause.

J'accuse M. Brown de vouloir retarder le règlement de la question du siège du gouvernement, parce qu'il espèi'e que le Haut-Canada va prendre une telle prépondérance qu'il deviendi'a impossible de fixer la capitale dans le Bas-Canada, au bout de quelques années. Je crois, cependant, que le dernier recensement n'a pas été fait exactement et que le prochain montrera que la différence de population entre les deux provinces n'est pas aussi considérable qu'on le dit.

J'ai toute confiance que Sa Majesté trouvera des raisons puissantes pour fixer le siège du gouvernement dans le Bas-Canada. Si les raisons commerciales l'emportent, Montréal devra être choisie ; si on prend en considération la possibilité prochaine d'une confédération de toutes les provinces britanniques, Québec aura tout l'avantage de sa position centrale et fortifiée ; si. Sa Majesté ne veut donner raison ni à l'une ni à l'autre section de la province, alors elle désignera une ville appartenant iK)ur ainsi dire à chacune d'elles et dont la population est mixte, elle choisira Bytown.

Avant d'être soumises à Tapprobation des partisans du ministère, les résolutions du gouvernement ont été acceptées en conseil. Le ministère n'a pas entrepris de faire voter qui que ce soit contre scn opinion ou sa volonté. Le député de Saint-Maurice (M. Turcotte) a prétendu se justifier en disant qu'il a été pris par surprise, mais je peux lui dire, en mon nom et en celui de mes collègues, que, s'il regrette l'appui qu'il peut avoir donné au ministère, celui-ci, de son côté, est bien aise de se débarrasser de lui ; loin d'éprouver aucun regret, j'aurai plutôt du plaisir à voir l'honorable député de Maskinongé passer de l'autre côté de la Chambre.

M. Turcotte ^ — C'est bien !

^ M. Turcotte fût élu en 1851 par le comté de Saint^Maurice, comme partisan du cabinet Hincks-Morin. En 1854, il fit place au Dr L.-L. Désaulniers pour devenir le représentant de Maskinongé. Aux élections de 1857, il émigra à Champlain, son successeur à Maskinongé étant M. Louis-H. Gauvreau. M. Turcotte, qui s'était séparé de ses amis politiques sur la question du choix de la capitale, appuya de sa parole et de son vote la décision de la reine, à la session de 1859. En 1861, la ville des Trois-Rivières Télut d'emblée, M. John Jones Ross, qui plus tard deviendra premier ministre de Québec et président du Sénat, le remplaçant comme député de Ghamplain. A la session de 1862, M. Cartier le proposa comme orateur de l'Assemblée législative, et il remporta sur M. Sicotte par une majorité de 13 voix. L'auteur de V Histoire du Canada sous V Union fait erreur lorsqu'il dit que M. Turcotte avait alors ** une expérience parlementaire de vingt années," puisqu'il ne formait partie de la Chambre que depuis onze ans. Réélu aux Trois-Rivières en 1863, M. Turcotte disparut de la scène deux ans après ; il fut remplacé par M. C. Boucher de Niverville.

SUK

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