DÉCEMBRE
Le 20 novembre 1857, fut formé le ministère Macdonald-Gartier. La seclion bus-canadienne èlait composée des honorables G.-E. Gai^tier, procureur général ; Louis V. Sicotte, commissaire des terres ; N.-F'. Belleau, président du Conseil législatif ; C. Alleyn, commissaire des travaux publics; T.-J.-J. I^ranger, secrétaire provincial. Après avoir organisé un cabinet, sir Edmund Ilead ordonna la dissolution des Chambres, et les élections générales se firent au mois de décembre et de janvier suivants. Le ministère se trouva en minorité de quelques voix dans le Haut-Canada, mais la phalange libérale du Bas-Canada, qui avait commis la faute de s'allier à George Brown, fut réduite aux plus simples proportions, à six pu sept membres, MM. Papin, Holton. Doutre, Plamondon, C. Daoust, Fournier, Letellier et J -B.-E. Dorion étant restés sur le carreau. Aux élections de 1854, l'école de V Avenir avait réussi à enlever une quinzaine de comtés. M. Cartier posa sa candidature dans Montréal et Verchères. II fut réélu dans son ancien comté, mais battu dans Montréal, qui n'était pas encore divisée en trois circonscriptions. Les candidats vainqueurs à Montréal furent les honorables A.-A. Dorion, John Rose et Thomas D'Arcy McGee. Celui-ci, qui était alors libéral, adhéra à la politique conservatrice, après la formation du cabinet Macdonald-Dorion en 1863. Voici la circulaire que M. Cartier avait adressée aux électeurs de celte ville:
Messieurs,
Sollicité, par un grand nombre, de me porter candidat à 1 élection qui doit prochainement avoir lieu dans votre ville, je crois de mon devoir de céder aux instances qui m'ont été faites. J'ose
donc me flatter que, lorsque le temps d'enregistrer vos votes sera venu, vous m'honoreres de vos suffrages.
Ija connaissance que vous avez de mes principes politiques et de la carrière que j'ai déjà fournie comme membre de T Assemblée législative et comme membre de Tadministration provinciale, me dispose d'en faire ici la revue.
Vous ne trouverez pas hors de propos, toutefois, que je touche certaines questions qui vous agitent. Si je puis vous dire que vous avez raison d'être fiers de la prospérité et de l'importance que votre cité a acquise par son commerce, sou industrie et ses manufactures, j'ajoute que vos intérêts industriels et manufacturiers ne doivent pas être exposés à succomber sous l'empire d'un tarif et de lois fiscales qui, sans nécessité, leur porteraient atteinte.
L'Acte de la dernière session de la législature, relatif à la compagnie du chemin de fer du Grand-Tronc, a été considéré, lors de son adoption, comme contenant le maximum d'aide que la province pouvait accorder. Je n'ai pas besoin d'ajouter que l'état des finances ne permet point de lui octroyer d'autres secours. La province doit insister tout particulièrement sur l'exécution d'une des conditions imposées à la compagnie, à savoir l'achèvement du pont Victoria et l'entière confection du chemin depuis Sarnia jusqu'à la Rivière-du-Loup, j compris l'embranchement des Trois-Eivières à Arthabaska.
Vous me permettrez bien de dire qu'il n'est pas juste que le port de Montréal supporte seul les frais du creusement du lac Saint-Pierre et de l'amélioration do la navigation du Saint-Laurent entre Québec et Montréal.
Si vous m'honorez de vos suffrages vous n'aurez pas lieu de rcirretter do me les avoir accordés.
J'ai l'honneur d'être,
Messieurs,
Votre très-humblo et très-obéissant serviteur,
GEO. ET. CAETIER.
SUR LR