‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 79 sur 286 · CUEMIN DE FER INTERCOLONIAL · texte numérisé non relu

CUEMIN DE FER INTERCOLONIAL

BM DATE DU 13 NOVEMBllE 1858

PeDdant que MM. Cartier, Ross et Galt se trouvaient en Angleterre, ils s'occupèrent du projet de construire le chemin de fer intercolonial de Québec à Halifax. Des délégués du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse agirent de concert avec eux. Les trois provinces s'engageaient à fournir £1,500,000, à la condition que les autorités impériales donnassent la môme allocation. Leurs démarches n'eurent toutefois aucun succès, le gouvernement britannique prétendant avoir besoin de toutes ses ressources. Ces négociations furent reprises en 1862 par MM. Si cotte et Howland, mais elles échouèrent également. Elles amenèrent la retraite de l'honorable M. Dorion, qui était opposé à la construction du chemin, vu l'état des finances. Deux ans plus tard, le ministère Macdonald-Dorion fit entreprendre une exploration, sous la conduite du célèbre ingénieur, M. Sandford Fleming, afin de s'assurer du coût de l'entreprise. Il était réservé aux auteurs de la confédération de mettre à exécution ce grand projet.

Londres, 13 novembre 1858.

Au Très Honorable B. Disraeli,

Chancelier de V Echiquier, etc., etc.

Monsieur,

Dans l'entrevue que nous avons eu Thonneur d'avoir avec le secrétaire d'Etat pour les colonies, au sujet du chemin de fer d'Halifax à Québec, sir E. Lytton nous a dit que la construction de

ce chemin, tout en intéressant incontestablement la politique générale de l'Empire, touchait néanmoins à des questions plus particulièrement financières, et qu'il désirait, en conséquence, que nous vous soumissions notre demande, en j ajoutant Texpression de nos vues sur la manière dont Féchiquier britannique pouvait être affecté par Tassentiment que vous donneriez à notre proposition. Yous verrez par notre lettre à sir E. Lytton, dont copie est ci-incluse, qu'en évaluant le capital nécessaire à £3,000,000 > nous demandons au gouvernement impérial d'appliquer les £1,500,000, maintenant payables par le Canada, à l'œuvre en question, et de garantir, au besoin l'allocation annuelle de £60,000 proposée par les trois colonies. En admettant, ce qui, nous nous en flattons, ne sera pas mis en doute, que les obligations des diverses provinces soient acquittées comme elles l'ont toujours été jusqu'à présent, l'aide que nous sollicitons du gouvernement britannique pour une entreprise qui touche, de l'aveu de tous, aux plus chers intérêts de l'Empire, se borne à l'allocation de £1,500,000, représentant à 4 pour cent une charge annuelle sur l'échiquier britannique de £60,000

Comme compensation, la construction du chemin de fer déchargerait la Grande-Bretagne de certaines dépenses bien connues:

Paiement au gouvernement deefBtats-Unis pour le transport des malles du Canada et au Canada £25,000

Béductions dans les services océaniques maintenant exécutés par la ligne Cunard, Halifax étant de 54? milles plus près de Liverpool que ne l'est New- York, en proportion de la subvention, au moins 35,000

Epargne sur le transport des troupes et des munitions

de guerre, au moins 15,000

A quoi l'on peut ajouter ce qu'aurait à payer le gouvernement des Etats-Unis pour le transport de ses malles par le chemin de fer, c'est-à-dire autant au moins que la somme que paie présentement le gouvernement britannique 25,000

1 Nous sommes loin de cette estimation. En 1891, il avait été dépensé sur l*Intercolonial plus de cinquante-quatre millions de piastres.

Nous n'hésitons donc pas à exprimer notre conviction qu'une réduction considérable pourrait être effectuée sur les sommes que paie maintenant le gouvernement anglais, tandis qu'on atteindrait en même temps les autres buts politiques, d'une bien plus grande importance pour TEmpire.

Nous venons d'exposer nos vues sur cet important sujet, et il ne nous reste plus qu'à exprimer l'espoir que, si le gouvernement de Sa Majesté consentait à accorder l'aide sollicitée, il voudra bien, à son tour, nous communiquer les siennes ; et que, s'il arrivait qu'il ne tUt pas disposé à adopter précisément le plan soumis par nous, il voudra bien nous faire connaître le moyen le plus propre, selon lui, à assurer l'objet de notre demande, de la manière la plus compatible avec les intérêts du gouvernement impérial. Nous pourrions ajouter que, s'il vous paraissait préférable d'accorder l'aide au chemin de fer projeté sous la forme de subvention pour les services ci-dessuc énumérés, au lieu d'une allocation en argent, la promesse de ces subventions répondrait également aux désirs et aux espérances des différentes colonies.

Nous avons l'honneur d'être,

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