‹ Discours de Sir John Macdonald [microforme]Chapitre 14 sur 43 · LE SECOND FAIT PRINCIPAL · texte numérisé non relu

LE SECOND FAIT PRINCIPAL

est que l'importation des matières brutes, pour être fabriquées ici, a été de 1874 à 1878 de $45,750.000. soit $9,200.000 par année Tandis que pendant l'opération de la politique nationale, l’importation de ces matières a été de $105,500,000 ; soit $17,600,000 par année. Cette augmentation de $9,200,000 par année à $17,600,000, démontre combien nos ouvriers ont bénéficié de la politique actuelle. Prenant, pour base moyenne cette augmentation de la consommation des matières brutes importées pour être fabriquées ici, nous constatons une augmentation de quatre-vingt-treize pour cent dans le nombre des ouvriers employés dans les fabriques du pays. En cela encore, le cultivateur a trouvé son avantage, comme l’ouvrier. Ce dernier, trouve ici plus de travail, parce que nous fabriquons aujourd’hui chez nous, ce que nous importions autrefois de l'étranger. Le cultivateur trouve de même un marché beaucoup plus abondant et une grande diminution dans l'importation des provisions de bouche des autres pays. De là notre prospérité qui est d'autant plus remarquable, que partout, autour de nous, on avait fait entendre le cri de

‘ dépression.” LE CANADA ET LES AUTRES PAYS.

Une dépêche de Sydney, Nouvelle Galles du Sud annonce que le F. dernier exercice a été marqué par la baisse la plus considérable qui ait É Ê sévi dans cette province depuis vingt-deux ans. Or, la Nouvellé Galles Fi du Sud est libre-échangiste, et son tarif douanier est le moins élevé de tous ceux du groupe des colonies australiennes. Le revenu de ses à douanes sur toutes les importations est en moyenne de 7.29 pour cent ; À d tandis qu’er Canada la proportion du revenu des douanes dans la valeur $ totale des importations est de 18.07 pour cent. 4 d ‘ Le Canada a à peine ressenti la baisse sérieuse qui, depuis 1882, s’est 1 d fait si cruellement sentir dans la Grande-Bretagne, en Allemagne, en ( Belgique, en France et aux Etats-Unis (ces cinq grandes nations manufac- # turières rivales de l’univers) et dans tous les pays de moindre importance, qui à cause de leur politique de libre-échange, ont permis à ces grandes M rivales de déverser chez eux le surplus de leurs productions. D 0 Le Canada ne sentant que la plus légère atteinte de cette baisse géné. # 1! rale, a été le premier à s’en défaire entièrement et à revenir à son ancien * état de choses, alors que son revenu était florissant et solide. 4 |! Pourquoi avons-nous le moins souffert et pourquoi avons-nous été les # d premiers à nous rétablir? Pourquoi avons-nous peu souffert (si toutefois M on peut dire que nous avons souffert) tandis que la Nouvelle Galles du 4 [He Sud a été plus affectée qu’elle ne l'avait été depuis un quart de siècle ? » | Voici la réponse : %

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Le tarif protecteur que nous avions nous a sauvés. Nous nous sommes efforcés d'empêcher, autant que possible, les grandes nations d’écouler leurs marchandises à vil prix sur nos marchés. La Nouvelle Galles du Sud s’est exposée aux assauts de ces grandes nations, et en a souffert énormément, tandis que nous en avons été exemptés, comme on peut le voir par le fait que les faillites en Canada, ont été rhoins nombreuses chaque année ; et pendant les six dernières années, elles ont été de trois mille moins nombreuses que pendant l'administration Grif qui a duré cinq ans. Nous avons donc avec une année de plus que les Grifs, et avec un nombre de commerçants plus considérable, à enrégistrer une diminution de trois mille faillites !

La politique que le gouvernement à inaugurée en 1879—la politique nationale—ne consistait qu’en ceci : elle admettait en franchise, autant que possible, tous les articles qui, à cause de notre climat, ou pour d’autres raisons, nous ne pouvions manufacturer en Canada ; elle voulait que la matière brute qui pouvait être fabriquée ici fut importée sans droit, et que les articles que le Canada pouvait produire d’une manière profitable, fussent sujets à des droits ; ainsi que les objets de luxe, que les riches seuls ont le moyen de payer. (Vifs applaudissements.)

C'est là, messieurs, la politique que nous avons inaugurée comme vous pouvez le voir par les chiffres que je viens de citer. Je voudrais que ces faits et ces chiffres se gravent dans votre mémoire ; vû qu’ils démontrent d’une manière concluante que la politique adoptée en 1878 et confirmée en 1882 quand nous en avons appelé de nouveau au peuple, a réussi en tout point (Applaudissements.) Il n’y avait qu’une chose à craindre dans l'adoption de la politique nationale. Dans tous les pays qui ont adopté la protection, le grand danger à craindre, c’est l’excès de production, c’est que les marchés regorgent de productions au point que les fabricants ne peuvent vendre leurs marchandises ; de là les mauvaises affaires, la perte du crédit, la faillite et enfin toutes les conséquences qui résultent du fait que les produits excèdent les commandes. C'était là le danger, et nous le prévoyions jusqu'à un certain point en inaugurant le système protecteur. Les fabricants de coton eurent de suite tant de succès que de toutes parts, en Canada

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