REDISTRIBUTION DES SIÈGES
Mais, messieurs, quel intérêt M. Mowat at-il porté à notre ville depuis cette époque ? Il a dernièrement présenté à la Législature, un bill au sujet de Ja redistribution des sièges dans la Province d’Ontario. Quand le Parlement d'Ottawa redistribue les sièges pour le Canada on appelle cela ‘‘ gerrymanding” mais quand M. Mowat fait la même chose dans Ontario on appelle cela : redistribution, (Rires.) Eh bien, comment ontils fait cette redistribution des sièges ?
La population d'Ottawa est beaucoup plus considérable aujourd’hui qu’elle ne l'était il y a quelques années. La ville d'Ottawa est si grande et si importante qu’elle a deux représentants au Parlement du Canada. Mais M. Mowat n’a pas cru qu’elle était assez importante pour lui donner un second représentant dans la Législature locale. Vous, M. le Président, vous avez avec à-propos, fait comprendre que les habitants de la ville d'Ottawa, ‘‘ de race française et anglaise ’’ vivent ensemble en paix et avec bonne entente, et je ne puis voir aucune raison qui empêcherait M. Movwat dans son grand amour pour cette partie de la Province de donner deux représentants à la ville d'Ottawa. Que résulte-t il du fait que vous n’avez pas deux représentants? La population de cette ville est partagée presqu’également entre les citoyens de race anglaise et de race française ; mais les premiers sont en majorité. Maintenant, si vous aviez deux représentants à la Législature ; les deux nationalités pourraient être repré: sentées comme elles le sont actuellement au Parlement du Canada. Mais avec un seul député, qu’il arrive quelque grand combat, qu’il surgisse de ces malheureuses discussions de races, que les deux nationalités se retranchent chacune dans son camp, la conséquence est que la minorité sera toujours réduite à l'impuissance, et les citoyens Canadiens-français d'Ottawa, n'ayant personne pour les représenter, seront virtuellement défranchisés. Voilà encore une preuve concluante de l'affection sincère qu'a M. Mowat pour cette partie de la Province, et je dois dire que je suis vraiment surpris de voir qu'il ait eu le courage de venir ici avec un tel bilan vous demander vos suffrages et les suffrages des différents comtés de la vallée d'Ottawa. (Vifs applaudissements).