LES TAXES
On se le rappelle, le gouvernement Boucherville, malgré les promesses de ne pas imposer de nouvelles taxes, a, dès son arrivée au pouvoir, fait adopter diverses lois créant des impôts.
A l'approche des élections de 1897, les conservateurs ont aboli les taxes qu’ils avaient imposées sur les mutatiocs de propritté, les licences de commerce et de manufacture, ainsi que les taxes sur diverses personnes et qui leur avaient rapporté plus d'un million et demi de Piastres, du ler juillet 1892 au ler juillet 1897.
Ces taxes, nous avions promis qu’elles ne seraient pas rétablies et elles ne l'ont pas été.
Veut-on savoir avec quelle mesure d'équité les ancêtres de M. Cousineau répartissaient la fardeau de la taxe?
Qu'on en juge par l'interpellatior: sui- Vante, qui apparaît à la page 571 des Journaux de 1912 :
‘““L. Les gouvernements Boucherville, Taillon et Flynn, ont-ils exempté du Paiement de la taxe imposée en 1892,
sur les transports d'immeubles, leg eolons qui verdaient, cédaient ou échangeaient leurs lots ?
‘Réponse : NCN.
“2. Ont-ils fait payer cette taxe aux concessionnaires de limites qui transportaiert leurs licences ou coupes de bois ?
‘’Réponse : NON'’.
Les petits payaient, mais les gros jouissaient en paix de la protection du gouverrement. A cela, il n’y a rien de surprenant, car les conservateurs ont toujours eu un faible pour les buissants de même qu'ils n'ont ja-
mais cessé de professer un souverain mépris pour les petits.
Les libélaux, il faut leur rendre ce témoignage, r'ont jamais imposé que des taxes équitables, pesant, non pas sur les petits comme celles qui ont été établies par les conservateurs, mais sur ceux qui ont assez de superflu pour ge Payer le luxe de spéculer à la Bourse, de faire de l’automobilisme, d'employer des détectives privés pour moucharder les honnêtes gens, etc.
M. Cousineau et ses amis nous disent : ‘‘Pourquoi imposer des taxes Puisque vous vous vantez d’avoir des surplus chaque année’’?
Et ces bons blcus finissent icvariablement par reprocher au gouvernement d'avoir des surplus, comme gi c'était une marque de génie administratif que de ne pas économiser une Partie de ses revenus, soit en vue du remboursement de la dette publique, soit pour d’autres motifs.
C'est une affaire entendue : les Conservateurs possèdent un talent hors ligne lorsqu'il s’agit de dépenser follement l'argent au Peuple. Ils l’ont Prouvé jadis À Québec ; ils en font la triste démonstration dans tout le pays.