‹ Discours du c. Sue ... sur la bibliographie médicaleChapitre 2 sur 2 · CITOYENS ÉLÈVES · texte numérisé non relu

CITOYENS ÉLÈVES

Je suis chargé de ^importante fonction de vous donner des leçons sur la biographie et la bibliographie médecinales : j’ai senti toute l’étendue , toutes les difficultés de la tâche qui m’est imposée : mais j’ai compté sur l’indulgence du public , sur celle de mes collègues et sur la vôtre. J’ai compté sur les conseils de mes amis , sur leur sage critique , sur celle même des Zoïles de ce siècle , quand elle sera juste , et non dictée par l’humeur ou la malveillance : de tels critiques ressemblent à ces insectes parasites qui s’attachent aux fruits , moins pour s’en nourrir , que pour les gâter et les corrompre.

Destinés à la noble fonction de conserver , de réparer le plus bel ouvrage qui soit sorti des mains du créateur 7 ne perdez jamais de vue , Citoyens ^ la dignité , l’importance de la profession que vous embrassez. Songez que dans nombre de circonstances, vous devenez les premiers amis de l’humanité , sur-tout lorsque de funestes querelles divisant les empires , les livrent à toutes les hor-, reurs de la guerre. Ministres de paix dans des temps de fureur , vous seuls opposez à l’art barbare de détruire 9 l’art salutaire de conserver. Portant par-tout l’espoir et la vie , vous établissez sur le théâtre même du carnage ^ île triomphe de la bienfaisance et de l’humanité.

Si vous voulez répondre à la générosité de la république envers vous , ne négligez aucuns des moyens qui vous sont prodigués pour votre instruction 5 si vous isuivez assiduement les leçons , que les professeurs de cette école se font encore plus un plaisir qu’un devoir de vous donner, vous vous rendrez dignes des bienfaits dont la nation vous comble. Redoublez d’ardeur et de travail pendant les deux années qui vous restent à consacrer à votre avancement dans l’art de guérir j qu’elles soient» employées } sinon vous perfectionner dans la pratiqua

d’un art qu’on apprend pendant toute la vie , au moins à vous mettre en état de répondre à la confiance de vos concitoyens. C’est le vœu des représentans du peuple qui surveillent cette école ; c’est celui de vos professeurs : puisse-t-il être rempli suivant nos désirs! puissions-nous applaudir un jour à vos nombreux succès! puisse- je , en mon particulier après avoir employé mes veilles pour vous faire connoître les meilleures sources où vous puiserez la théorie de la science, mériter votre reconnoissance , et trouver en vous, non plus des disciples assidus, mais des concurrens , des maîtres , et même des amis !

Après ce discours , on a remis aux représentans du peuple l’état circonstancié des examens des élèves , qui ont eu lieu à la fin du semestre , suivant la loi du 20 ventôse dernier, et du jugement des professeurs sur la nouvelle classification des élèves. Il en résulte que sur les trois cents salariés par la nation pour suivre les exercices de l’école ; un seul , le citoyen Dano , a été jugé digne de passer de la troisième classe à la première $ que treize de la seconde ont passé à la première ; que six sont descendus de la seconde à la troisième , et que trente-quatre ont monté de la troisième à la seconde.

Le citoyen Baraillon a loué et encouragé le zèle et l’activité des élèves qui se sont rendus dignes de monter dans une classe supérieure ; il a donné le bftiser fraternel à celui qui est monté de la troisième à la première.

Les représentans du peuple , accompagnés des professeurs et des élèves 9 ont ensuite visité la bibliothèque et les cabinets 5 ils ont applaudi à l’ordre et à l’arrangement des différentes parties qui les composent , et ont témoigné aux professeurs dépositaires , combien ils étoient satisfaits du zèle et des soins qu’ils ont apportés à accélérer la jouissance d’établissemens aussi utiles.

N. B, L’empressement de l’école de santé pour faire jouir

ïe public de sa bibliothèque, a hâté le moment de son ouverture ; les travaux qu’elle exige encore , l’embarras des ouvriers , et d’autres causes forcent de borner , pour le présent, cette ouverture aux quint idi et décadi , depuis dix heures du matin jusqu’à deux heures. Sitôt que la bibliothèque pourra être ouverte plus souvent, le public en sera prévenu par de nouvelles affiches.

Les cabinets de physique , d’histoire naturelle , de maladies des os etc. sont ouverts tous les jours à la même heure.

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