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iii(''l)i';iiil:il)le sur le chairii) de lialaillc; de la vie p()lit.i(|ue ([ue sur les champs d(; l)alaill(! de 1H70, où il guidait les enfaiils de la (lirdiide.
Puis(iuo vous avez rappelé le temps où j'avais l'honneur de porter une épée, vous me permettrez de vous raconter un épisode de la dernière guerre ({ui n'est point sans analogie avec notre situation présente. Fendant la bataille de Rezonville, le 10 août, h la droite de l'armée, tous avaient des deux côtés les yeux fixés avec une même anxiété sur un point élevé du terrain que dominait un clocher : c'était le village deTronville. A qui s'emparerait de cette hauteur appartiendrait la victoire : chacun le sentait; elle commandait la route par où l'armée française pourrait trouver le salut et déjouer l'elTort de l'armée allemande.
Aujourd'hui, Messieurs, la situation est la même; il y a, comme alors, une position qui attire tous les yeux, un point où, des deux parts, la lutte se concentre: c'est l'enfance, c'est la jeunesse, qui gardent le secret de nos destinées. L'ennemi veut s'en emparer; nous la défendrons à tout prix. En 1870, nous avons perdu ïronville et le chemin de la France , ici nous serons plus heureux : nous garderons la jeunesse et nous sauverons l'avenir de la patrie.
Le lendemain, 'J juin, quatre mille personnes étaient réunies dans la magnifique salle de TAlhambra en présence de S. Ém. le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, de M-'' de la Bouillerie, archevêque de Perga, son coadjuteur, et sous la présidence de M. de Carayon la Tour, sénateur.
La conférence de M. de xMun ne put être sténographiée, jnais la presse locale en reconstitua le lendemain la plus
gracde pariie . d'après des notes prises avec beaucoup de soia.
Cest ce compte rendu que nous donnons ici.
Éminence ,
MONSEIfiXEUR ,
Mesdames, Messieurs,
Je revois avec émotion sous mes yeux le spectacle qui les avait frappés, il y a trois ans, dans cette même ville et dans cette même salle.
Alors conrnie aujourd'hui, il y avait ici un auditoire nombreux, témoignant par la sympathie chaleureuse de son accueil à celui qu'il allait entendre, non seulement une bienveillance dont je retrouve en ce moment les marques avec une profonde reconnaissance, mais encore et surtout, car c'est là la principale signification de vos applaudissements . l'ardeur de sou dévouement pour la cause que je m'honore de servir.
Alors comme aujourd'hui, nous étions réunis pour protester contre une loi funeste et revendiquer, au nom des droits de la famille et de la conscience, la liberté de l'enseignement chrétien.
C'était au temps de l'article 7.
Mais aujourd'hui les circonstances sont bien plus graves , bien plus douloureuses , bien autrement décisives pour l'avenir du pays. (Oui .' oui ! )
Alors il ne sagissait que d'une menace, et notre protestation avait pour but d'en arrêter les effets. Aujourd'hui il s'agit d'une violence accompUe , et nous sommes ici , non plus pour protester, mais pour nous défendre. (Applaudissements.)
Alors la loi ne menaçait qu'un nonribrc n^lativernent restreint de familles et de citoyens : aujourd'hui tout le inonde est atteint, tout le moinh;, et non pas seulement les familles (j[ui, favorisées par la fortune ou par leur condition sociale, peuvent trouver dans leurs ressources un moyen d'échapper à la tyrannie, mais aussi et principalement les enfants du peuple, l'ouvrier des champs, l'artisan des villes, tous ceux qui portent, pour ainsi dire, dans leurs mains laborieuses la richesse et la prospérité de la nation, qui n'ont ni le moyen ni le loisir de faire un choix pour l'éducation de leurs enfants, qui sont obhgés de prendre ce qu'ils trouvent à leur portée et n'ont pas le temps de se protéger eux-mêmes.
Voilà ceux dont nous défendons les droits avec les nôtres ! C'est notre cause et la leur ! C'est l'âme de tout un peuple! C'est la liberté de toute une nation! (Vifs applaudiaseme nta .)
Personne ne s'y est trompé. Aussi, le jour où cette loi a paru, avons- nous entendu échapper de tous les cœurs un cri unanime d'indignation et d'ineffaçable flétrissure. D'un bout à l'autre du pays on lui a appliqué un nom, né en Belgique de circonstances analogues ; on l'a appelée la loi du malheur. Et en même temps surgissait dans toutes les âmes un même sentiment, de toutes les bouches sortait un même cri : la résistance! (Bracos et applaudisseïuents •prolongés.)
Résister à la loi , c'est une grave parole ! C'est un mot qu'il ne faut pas prononcer à la légère. C'est un acte pour lequel il faut être sûr de son droit, auquel il convient de n'apporter ni passion ni emportement, mais le calme et la résolution qui naissent de la ré-
flexion et qui engendrent le courage viril et la lutte persévérante : il faut surtout, avant de s'y engager, savoir pourquoi on résiste et n'avoir ni doute ni inquiétude sur les raisons qui commandent de le faire...
C'est à l'examen de ces raisons que l'orateur convie son auditoire.
Il y a deux choses principales dans la loi du 28 mars : l'obligation et la laïcité; toutes deux comme enveloppées dans une troisième qui leur sert en quelque sorte de passeport, tout en n'étant qu'un odieux mensonge, la gratuité.
L'obligation ! Il faut d'abord bien s'entendre sur ce point. Sans doute il y a une obligation morale, une obligation de conscience pour les parents d'instruire leurs enfants. Nous sommes tous d'accord pour le proclamer. Et j'ajoute sur-le-champ que c'est le devoir de l'État de chercher tous les moyens de faciliter l'exercice de cette obhgation morale et de persuader aux familles qu'elles ont à la remplir.
C'est l'arme favorite de nos adversaires, pour faire valoir leurs projets, de dire que nous sommes les ennemis de l'instruction populaire, et que nous voulons, par je ne sais quel calcul politique, entretenir autour de nous les ténèbres de l'ignorance : c'est un chché qui se retrouve dans tous leurs discours, et qui fait partie du bagage ordinaire des calomnies contre l'ancien régime; l'instruction ne date que de la Révolution; jusque-là il n'y avait que l'ignorance et la barbarie.
Mais l'histoire tout entière proteste contre ces mensonges.
— Ti-l'l —
Je ne me laisserai pas aller à la lenlalion du l'aire ici le tableau de (;elte France bercée par l'K^Mise, depuis le jour où, comme le dit M. (iuizot, l'esprit luiinain, banni, tracjuô de toutes [)arls, vint eiribrasser en suppliant ses autels, flicrclicr un aliri dans ses cloîtres et se former peu à peu, sous sa main |jroteclrice, à la vie intellectuelle.
Je ne veux pas m'attarder à ces souvenirs. Mais il y a une chose certaine, qui ne peut plus être démentie et qu'il ne faut pas se lasser de répéter : c'est que l'instruction populaire a été de tout temps la constante préoccupation de l'Église ; c'est que les conciles n'ont pas cessé de recommander l'instruction du peuple; c'est que pendant des siècles, suivant le mot de M. de Salvandy, l'esprit chrétien a suffi et pourvu à tout, et qu'avant 1789 il y avait dans tous les diocèses des écoles nombreuses et presque toutes gratuites.
Dans le diocèse de Rouen, 710 écoles; dans la Haute-Marne, 514 écoles sur 570 communes; en Franche -Comté, 390 écoles, et ainsi des autres.
Voilà les chiffres, les statistiques constatées parles travaux historiques les plus récents, au nombre desquels je citerai seulement celui d'un homme dont le nom ne peut pas être suspect aux défenseurs de la société moderne, de M. Albert Duruy, qui, dans son beau livre sur l'Instruction publique et la Pvévolution , que l'Académie vient de couronner, établit d'une manière péremptoire, qu'avant 178!) l'instruction était très répandue et très florissante.
Voilà ce qui se passait sous l'ancienne monarchie, et c'était le temps où Voltaire écrivait au procureur de la Chalotais :
« Je vous remercie de proscrire l'étude chez les laboureurs. II est ù propos que le peuple soit guidé , et non pas qu'il soit instruit. Il n'en est pas digne. Les paysans sont des bœufs auxquels il faut un joug, un aiguillon et du foin. »
Ainsi s'exprimaient les ancêtres de nos adversaires. Sans doute les Assemblées révolutionnaires ont beaucoup parlé d'instruction , et on pourrait leur dire ce que Démosthènes disait aux Athéniens : « S'il suffisait de voter une loi pour qu'elle fût exécutée, vous auriez fait de belles et grandes choses. » Mais nous examinerons tout ;i l'heure l'œuvre de ces Assemblées; nous n y trouverons que des ruines, et à leur place des lois violentes, éphémères, dont M. Cousin disait qu'elles ne furent pas des lois, mais des coups de hache sur les restes de l'ancien régime... Puis, au terme de ces années douloureuses, nous entendrons les hommes qui les ont traversées, tous, Fourcroy, Rarrère, Chaptal , dénonçant à l'envi le néant de tout ce qu'on aura tenté... Barrère s'écriant : « Faut -il vous dire qu'à la porte de vos séances on met des fautes d'orthographe ! » Fourcroy déclarant « qu'on n'apprend plus à lire ni à écrire » !
Voilà la vérité. Je tenais à la dire au moment même où j'attaque une loi sur l'instruction primaire, afin de liien faire comprendre qu'en repoussant le principe de l'obligation, ce n'est pas l'instruction elle-même que nous repoussons. Ce n"est pas non plus i'oljligation morale qui s'impose au nom de la conscience, mais l'obligation juridique, forcée, décrétée par la loi, entourée de sanctions pénales ! Voilà ce qui est sorti de la Révolution! Ce n'est pas l'instruction, c'est
— no; —
rohliguLion l'urcùe (|ui luiil cllc-inôiiie d'un principe nouveau : l'omnipotence de l'État! (fSalve d'applaudis-
f'CIIK'Ills.)
Il ne s'agit pas ici d'un l'ilat tulélaire, prfilectcur des familles , pourvoyant à leur indigence et h leurs Ijesoins ou même à leur incurie, mais bien d'un État substitue' à tout le monde, concentrant entre ses mains tous les pouvoirs, absorbant tous les droits, frappant de son estampille les individus, les consciences, les ûmes et les intelligences, les déclarant, comme les édifices publics, propriétés nationales, et s'en emparant pour les façonner à son image et en quelque sorte pour les aménager à sa volonté et à son gré. (ApjjlaHdisfieuit'id^ pruloKgés.)
Cet État-là, ce n'est pas la patrie, image auguste et sainte qui apparaît à l'enfant à travers les baisers de sa mère, non pas sous la forme abstraite d'une idéivague et indéfinie, non pas sous l'aspect solennel du juge ou du gendarme, mais gracieuse et souriante comme le pays qui l'a vu naître, comme le foyer près duquel il a fait ses premiers pas, comme le clochei' sous lequel dorment les anciens! la patrie, enfin, avec ses souvenirs, avec la tradition des gloires et des douleurs dont il a appris le récit. Ah oui ! voilà la patrie, je la reconnais et je l'aime! (Tonnerre d'applaiidUsemculs.) Pour elle les mères donneront tout, et jusqu'au sang de leurs enfants.
Mais l'État, c'est autre chose; c'est un département ministériel, avec son chef, son personnel et ses agents : aujourd'hui, c'est M. Ferry; hier et peut-être demain, c'est M. Paul Bert. (Applaudissements.)
Voilà l'État conçu par la Révolution ! Un jour, à la
Convention, pondant qu'on discutait la loi sur l'enseignement primaire, et que quelques hommes, par un reste de respect pour la liberté, demandaient qu'on laissât aux familles la faculté d'envoyer leurs enfants à l'école publique, un homme bondit à la tribune et s'écria : Les enfants appartiennent à la République avant d' appartenir à leurs parents! Cet homme, c'est Danton ! et c'est lui qui donne la formule de l'instruction obligatoire ! tous la répéteront après lui , avec d'autres formes, avec des paroles plus douces, parce qu'ils auront moins d'audace... tous, jusqu'à ^I. Jules Ferry, qui donnera la formule moderne en disant : L'État est le père de famille universel, i Rirc^.)
Voilà la doctrine de l'instruction obligatoire.
Car, remarquez-le, c'est là la question; ce n'est pas l'instruction obligatoire qu'il faut dire, c'est l'école obligatoire.
C'est l'État s'établissant au foyer de la famille, prenant l'enfant dès l'âge de six ans et lui disant : Tu viendras non pas à l'école, mais dans mon école.
Or il y a ici une question de statistique : sur 3,800,000 enfants , 3,000,000 au moins fréquentent les écoles communales, et ainsi l'immense majorité de la nation sera forcée d'aller à l'école de l'État, de suivre les programmes de l'État et d'apprendre, sous un maître imposé par l'État, la leçon prescrite par l'État.
Voilà l'esprit de la loi.
On ne tient compte ni de l'insuffisance actuelle des locaux scolaires constatée par les statistiques, ni des distances si grandes dans certaines régions, telles que la Bretagne, le Jura, le Dauphiné, les Landes, oii il fautlra que deux lois \)<\r jour, et, au cœur de l'hiver,
doux fois pai- iiuil , un culiMil de six ;i Iroi/c ans lasse de loiif^'s trajets par la pluie ou la neige. On ne se préoccupe pas des besoins si nombreux dans les l'auiilles agricoles, où personne n'ignore que c'est une nécessité, pour certains travaux, d'employer les enfants...
Tous les pères de famille seront .soumis à la loi, et s'il en est qui veulent s'y soustraire, on les frappera de peines sévères; on leur infligera d'abord un averti.ssement , puis un affichage dont on veut faire une flétrissure, puis une amende et enfin la prison.
Et il ne faut pas croire que les enfants qui seront élevés dans leurs familles échapperont au despotisme de la loi.
Il y a 600,000 enfants qui ne vont pas aux écoles. Sur ce nombre il y en a beaucoup qui sont instruits dans leurs familles; ceux-là encore, l'inquisition saura bien les atteindre.
Quand l'âge de la scolanlé sera venu , un agent de l'État pénétrera chez vous, mères de famille, et cet enfaat, que vous avez entouré de tant de soins, de tant de tendresses, il l'interrogera sur le programme fixé par le gouvernement, et si votre enfant, trop timide, ne peut répondre ou répond par un torrent de larmes , il vous l'enlèvera pour le traîner à l'école obligatoire. {Applaudissements.)
Eh bien ! il y a une question qui se pose à tous les esprits, un cri qui s'échappe de toutes les poitrines: Cette école, que sera -t- elle?
On nous dit qu'elle sera laïque; qu'est-ce donc que l'école laïque? car il ne faut pas d'équivoque ! Est-ce celle qui est dirigée par des maîtres laïques? Oh! s'il
ne s'agissait que de celle-là, nous n'aurions pas lieu de nous inquiéter aussi vivement. Nous savons tous que les excellents instituteurs laïques sont nombreux et que l'Église ne les a jamais condamnés.
L'article l*"" de la loi dit expressément que l'instruction religieuse ne fera plus partie des matières de l'enseignement ! Voilà l'école laïque. — Eh bien ! il faut aller au fond des choses ; on nous dit : Mais pourquoi vous effrayer? La suppression de l'instruction religieuse dans l'école, cela ne veut pas dire l'hostilité contre la religion : cela veut dire la neutralité. L'école sera laïque, mais elle sera neutre. L'École neutre ! Je dis que c'est une tromperie et une impossibilité.
Je pourrais vous rappeler d'où la loi du 28 mars est sortie, vous en montrer l'origine et presque la formule dans les programmes de la franc -maçonnerie, dans les décisions du grand Orient , dans les congrès de la ligue de l'enseignement applaudissant à l'o'uvre de M. Jules Ferry. Pour en trouver le véritable caractère, je pourrais rechercher là les sources de cette conjuration antichrétienne dont l'âme de nos enfants est l'objet ! {Ap- IjJaudissciiirnU.)
Mais je ne veux rien dire qui prête à l'équivoque, rien avancer qui ne soit l'évidence même. Est-ce que les patrons de la loi, ceux qui l'ont faite, qui l'ont soutenue, qui l'ont appliquée, ne se sont pas chargés de nous en apprendre le sens? Est-ce que M. Paul Bert d'abord, le ministre d'hier, peut-être le ministre de demain, n'a pas déclaré publiquement, au Cirque d'hiver, que l'enseignement religieux est en antagogonisme avec l'éducation civique, et que le catéchisme
est récolc (le riiiili(''cillil('', du r.iiialiMiie ('1 di; l'iiniuoriililf'? Est-ce (luo le Ojiisc'il municipal de Paris no lonouvollc pas cliaijiie jour ses déclaralions de haine contre l'I-iglisc, ordonnant la laïcisation des écoles avec une sorte de ra^^e, malgré le vœu de la population manilcsté par l'assiduité aux écoles des Frères*.'
Est-ce qu'hier le préfet de la Seine ne faisait pas arracher les crucifix des écoles, en présence des enfants, pour en emporter ensuite les débris jetés pêle-mêle dans des tombereaux?
Mais il y a plus, il y a encore et par- dessus tout la discussion du Sénat.
On ^ vous citait tout à l'heure les vaillants orateurs qui ont pris part avec tant d'éloquence et de courage à ce grand débat.
Ici M. de Mun, se tournant vers M. de Carayon la Tour, .ijoule :
Seulement on en a oublié un. (Applaudissements et acclamations prolongés.) Vos applaudissements viennent de réparer l'oubli.
C'est M. Corbon qui ouvre la discussion. Il demande nettement qu'il soit interdit d'enseigner un système religieux. Il précise sa pensée; ce qu'il veut, c'est la proscription du catéchisme,
M. Ferry approuve. Il n'y a rien de contradictoire dans les méthodes, les théories d'éducation de M. Corbon, avec l'œuvre que lui-même poursuit.
C'est, au premier mot, la condamnation de l'éducation chrétienne! Du moins pourra- t-on apprendre
1 M. de Carayon la Tour, président de la séance, dans son discours irouvcrlnre.
aux enfants qu'il y a un Dieu et qu'il a des devoirs envers lui? M. Jules Simon l'espère, et, avec la grande éloquence que vous savez , il demande que la loi comprenne, parmi les matières de l'enseignement, les devoirs envers Dieu et envers la patrie.
Aucune nation civilisée n'avait cru pouvoir se passer d'un pareil enseignement. Il semblait qu'il fût impossible d'en repousser la proposition ; mais M. Jules Ferry se lève, et il déclare que ce serait pour la loi une pierre d'achoppement, et que voter l'amendement de M. Jules Simon serait détruire l'économie même du projet et le faire tomber tout entier.
C'en est fait, l'école sans Dieu est décrétée.
Alors s'engage une lutte dramatique , où , pied à pied , pas à pas , on essaye de sauver un reste de l'indépendance des consciences, un reste de la liberté des familles. Tout est rejeté, presque sans discussion. Si l'on votait cela, répète sans cesse le ministre de l'instruction publique, mieux vaudrait rejeter toute la loi.
M. Batbie veut obtenir pour l'instituteur public, s'il y consent, la faculté de donner l'enseignement religieux dans l'école, en dehors des heures de classes, aux enfants dont les parents en auront fait la demande.
C'est peu de chose, mais au moins c'est une ressource, une planche de salut; on la repousse! Si elle était acceptée , l'économie de la loi serait détruite.
La discussion s'anime encore ; ce ne sont plus seulement les catholiques, ce ne sont plus seulement les chrétiens, ce ne sont plus seulement les déistes, qui défendent leurs droits et leurs croyances, mais tous ceux qui ont quelque souci de la liberté des âmes e', du respect des consciences.
H. — io*
La religion lôvélre a succoml)é; la nolioii de Dion est pruscrile! Mais qu'arrivera- 1- il si un iiiaitre impie vient, en face des élèves, ouliaj,œr la roli^fion de leur père'? Cela est possible à prévoir ! Il le faut bien, on le doit. N'a- 1- on pas dans les mains un manuel qui provoqueà toutes les impiétés? N'a-t-onpas dans la mémoire les discours de M. Paul IJert et les applaudissements du congrès des instituteurs'.'
M. Baragnon demande que les parents ne soient pas punis pour avoir refusé d'envoyer leurs enfants à l'école, quand il sera établi que l'enseignement y aura été contraire à leurs croyances religieuses. L'amendement est repoussé comme les autres. Ah ! cette fois, ce n'est plus le christianisme qui est proscrit, c'est l'irréligion qui est proclamée. Est-ce que je me trompais quand je disais que l'école neutre était une tromperie'? {Triple salve d' applaudisse menls .)
Mais le drame n'est pas fini! je dis le drame, car c'est l'âme de nos enfants, l'âme de la France qu'on s'arrache dans cette lutte engagée dans l'hémicycle de l'Assemblée.
Quelqu'un demande si un instituteur qui aura fait profession publique d'athéisme pourra encore enseigner dans l'école neutre. Aussitôt une voix s'élève, c'est celle de l'homme qui préside à l'élaboration de l'œuvre législative qui s'accomplit; il est debout et il s'écrie : « Je repousse votre amendement, parce que je suis athée! » Le silence lui répond, un silence d'indignation et d'attente ! les yeux se tournent vers le banc des ministres, et sur ce banc d'où jadis M. Cousin, tout philosophe qu'il était, bondissait à la tribune pour protester quand on accusait l'Université d'être
impie, sur ce banc où est assis l'homme qui commando en France à l'éducation publique et qui prétend étendre sa main sur l'âme de nos enfants , cet homme qui a le droit de parler au nom de la France courbe la tête et ne trouve pas un seul mot de protestation !
Tout est dit ! voilà l'école neutre ! voilà l'école laïque ! c'est l'école athée !
Voilà l'école à laquelle on condamne trois millions d'enfants, dans laquelle on traînera votre enfant, le mien...
Eh bien, pères et mères de famille, vous qui en recevant cet enfant dans vos bras, en l'appelant pour la première fois « mon enfant », avez accepté du même coup l'honneur et la charge de votre dignité paternelle, vous qui avez reçu la garde de son âme et de son immortelle destinée, si on vient vous l'arracher et le conduire à l'école athée, que ferez- vous? Pour moi, je le déclare hautement devant ce grand auditoire, je le déclare devant les princes de l'Église, qui me font l'honneur de m'entendre et qui ont le droit de juger les consciences, je le déclare avec la certitude d'être dans mon droit : j'ai des enfants dans l'âge de la scolarité, si on vient à mon foyer pour leur appliquer la loi, je refuserai d'obéir. {Tonnerre d'applaudissements. — Profonde sensation. — Acclamation.)
Et, s'il faut aller devant un tribunal pour y répondre de ma ré.sistance, j'irai sans trouble, certain d'être absous par la conscience publique du jugement qui pourrait m'atteindre, et, renouvelant une parole tragique, je pourrai m'écrier à mon tour : J'en appelle à toutes les mères ! (Oui ! oui ! — Applaudissements prolongée.)
Mais h côt6 de ce devoir de résistance personnelle, il y en a un autre : il faut sauver les Aines des enfants du peuple et leur conserver l'éducation clirétienne... Sans doute l'instruction est un bienfait, mais à la condition qu'elle marche de pair avec l'éducation, et qu'en même temps qu'on instruira l'enfant on relèvera. Eh bien, qui pourra élever un enfant sans le détourner de la terre et de ses aspirations, sans lui parler de Dieu?
<y La religion ! c'est la vie de l'humanité ! Pour conduire l'humanité il faut des espérances plus vastes, plus nobles , que la passion des jouissances matérielles. Partout et toujours on a parlé de Dieu. Plus le mouvement social sera vif et étendu, moins la politique suffira à diriger l'humanité ébranlée. 11 faut une puissance plus haute que les puissances de la terre, des perspectives plus longues que celles de la vie : il y faut Dieu et l'éternité. »
C'est M, Guizot qui a dit ces magnifiques paroles, et, puisque je l'ai nommé, laissez- moi vous en citer d'autres encore, et après les siennes, celles de quelques autres hommes illustres par leur caractère, par leur intelligence et par leurs travaux, qui, tous, sans une exception, ont rendu à la nécessité de l'éducation religieuse d'éclatants hommages. Dans une pareille matière, je n'ai point voulu m'abandonner seulement à l'ardeur de ma foi, et j'ai recueilli ces citations pour donner à mon langage l'autorité qui , sans elles , pourrait lui faire défaut.
C'est encore M. Guizot qui écrit dans ses mémoires :
« Il faut, pour que l'instruction primaire soit vraiment bonne et socialement utile, qu'elle soit profondément religieuse... Si l'instituteur se regarde comme
le rival indépendant et non comme l'auxiliaire du prêtre, la valeur morale de l'école est perdue, et elle est près de devenir un danger. »
C'est M. Saint- Mure Girardin, qui dit dans son rapport sur l'enseignement intermédiaire en Allemagne : « Sans instruction religieuse , il n'y a pas un bon système d'éducation : créer des écoles sans enseignement religieux, c'est organiser la barbarie, et la pire de toutes les barbaries. »
C'est M. Cousin, qui, au mois de juin 1851 , écrit au ministre de l'instruction publique : « Le christianisme doit être la base de l'instruction du peuple. L'instruction populaire doit être religieuse, c'est-à-dire chrétienne... Que nos écoles soient donc chrétiennes, qu'elles le soient sincèrement et sérieusement... La religion est , à mes yeux , la base la meilleure et peut-être la base unique de l'instruction populaire. »
On parle beaucoup aujourd'hui de pédagogie, c'est le mot à la mode : tout se fait au nom de la pédagogie, et il y a un homme que M. Jules Ferry cite, en pareille matière, avec une rare complaisance, dont il ne se cache pas dans ses discours, dans ses circulaires, d'invoquer les préceptes et de rappeler les méthodes. C'est Pestalozzi, le célèbre maître d'école de Hanz, dont le dévouement à l'enfance et les efforts courageux sont assurément dignes d'admiration. Eh bien! écoutez ce que dit Pestalozzi dans une de ses lettres à Gessner, où il expose comment une mère élève son enfant : le passage est admirable et vaut la peine d'être lu tout entier. L'enfant est à cet âge où l'esprit commence à s'éveiller ; la mère le serre plus étroitement que jamais contre son cœur :
a Mun eiifaiil, lui (lil-(;llo, il y u un iJieii ciout lu as besoin rjuand lu n'as plus besoin do moi. Il y a un Dieu (|ui le [)rcn(l dans ses br'as (|uand je ne fjeux plus te proléger; il y a un Dieu (pii pense à Ion bonheur et cl tes joies (piand je ne peux plus le donnei- ni joie ni bonheur.
« Alors se passe dans le cœur de l'enfant (luelque chose d'inexprimable; un mouvement sacré, un élan de foi (jui l'élève au-dessus de lui-môme se produit dans son ;ime. A peine sa mère a prononcé le nom de son Dieu, il se réjouit (h^ l'entendre; les sentiments d'amour, de recoimaissance, de confiance éclos sur le sein maternel, s'élargissent; ils s'étendent dès lors à Dieu aussi bien qu'au père, à Dieu aussi bien qu'à la mère. L'obéissance a trouvé un champ plus large pour s'exercer; l'enfant, qui croit désormais à l'œil de Dieu comme à l'œil de sa mère, se conduit bien maintenant par amour pour Dieu, comme il se conduisait bien jusque-là par amour pour sa mère. «
Voilà ce que pensent de l'éducation religieuse, des devoirs envers Dieu, les hommes les plus considérables, les maîtres le plus respectés, et jusqu'aux auteurs favoris du ministre de l'instruction publique...
Mais ce n'est pas assez d'invoquer le témoignage des hommes : il faut encore appeler à comparaître, dans cette grande cause, toutes les nations de l'Europe. Toutes reconnaissent qu'il n'y a pas d'éducation possible sans religion!...
L'orateur annonce qu'il va passer en revue toutes les législalions scolaires de l'Europe.
L'énumération sera un peu longue sans doute, mais
elle est singulièrement instructive, et nous sommes ici pour nous convaincre et pour amasser contre la loi alliée toutes les preuves et tous les témoignages...
En Danemark, le programme scolaire comprend la religion. L'enseignement religieux est donné par l'instituteur, d'après la doctrine de l'Église établie et sous la surveillance des évêques. Tous les élèves, sauf ceux dont les parents appartiennent à un culte dissident, sont tenus de suivre ce cours.
En Suède, l'enseignement religieux figure au nombre des matières obligatoires de l'école. Il est donné par l'instituteur sous la surveillance du clergé.
En Norwège , des législations différentes règlent l'organisation des écoles rurales et des écoles urbaines, mais elles présentent des caractères communs. Toutes deux placent la religion au nombre des objets de l'enseignement, et confient l'inspection des écoles à des commissions scolaires, présidées par les pasteurs et dont les vicaires font également partie.
En Russie, les écoles rurales laissent beaucoup à désirer ; mais partout où elles existent elles sont confessionnelles. En général, elles portent le nom d'écoles paroissiales et ont été fondées par le clergé : elles sont entretenues, soit exclusivement à ses frais, soit avec le concours du gouvernement, des états provinciaux et des paroisses.
En Espagne, la doctrine chrétienne et l'histoire sainte sont inscrites en tête des branches de l'instruction primaire.
En Portugal, l'instruction primaire élémentaire et l'instruction primaire supérieure comprennent toutes deux la doctrine chrétienne.
En Bavière, la législation sur la matière se compose de plusieurs lois et arrêtés qui consacrent les principes suivants : la religion est rangée panrii les matières obligatoires de l'instruction primaire; elle est enseignée par le cure'; ou le vicaire et, en cas d'empêchement de leur part, par les instituteurs.
En Saxe, en tète dos branches essentielles de l'enseignement, la loi du 20 avril 1873 a inscrit la religion et la morale.
En Wurtemberg, les écoles primaires sont confessionnelles. L'instituteur et les autorités préposées à la surveillance de l'école doivent appartenir au culte de la majorité ; mais les dissidents sont dispensés d'assister aux leçons religieuses.
En Hesse, l'école populaire, porte la loi du 10 juin 1874, a pour but l'éducation religieuse, morale et intellectuelle de la jeunesse. Ainsi le programme renferme la religion.
En Autriche, chacune des provinces a sa législation spéciale en ce qui concerne l'érection, la fréquentation et l'inspection des écoles. Mais une loi du 14 mai 1869 détermine les principes qui doivent servir de base à l'organisation scolaire du pays tout entier. D'après l'article 1*^'' de cette loi, « l'école populaire a pour but d'assurer aux enfants l'instruction morale et religieuse. » Ainsi la religion est au nombre des matières enseignées.
En Italie , aux termes de la loi générale sur l'instruction publique du 13 novembre 1859, l'instruction primaire du degré inférieur et du degré supérieur comprend l'enseignement religieux.
Au milieu des bouleversements dont l'Italie a été le
théâtre à partir de 1859, quelques administrations municipales crurent pouvoir exclure de leurs écoles primaires l'enseignement de la religion. Mais le gouvernement déclara à plusieurs reprises qu'elles devaient se conformer aux dispositions des lois et règlements existants quant à l'instruction religieuse, et qu'il appartenait aux pères de famille et non aux communes de sauvegarder la liberté de conscience des enfants.
Une loi du 15 juillet 1877 ayant proclamé l'enseignement obligatoire sans parler de Tinstruction religieuse, certaines municipalités en conclurent que les prescriptions relatives à cette instruction étaient abrogées. Mais un décret royal, appuyé sur la jurisprudence du conseil d'État, décida, sous le ministère d'un libéral avancé, M. Cairoli, que la loi de 1859 était restée en vigueur et que l'enseignement religieux devait continuer à être donné au même titre que par le passé.
En Suisse, la législation varie d'après les cantons; j'en choisis quelques-uns au hasard, protestants et catholiques :
Berne. — L'enseignement religieux est donné dans l'école. Le pasteur doit seconder l'instituteur dans l'exercice de ses fonctions.
Lucerne. — Le curé est chargé de visiter les écoles de sa paroisse, de diriger l'enseignement religieux et d'assister l'instituteur dans l'accomplissement de sa tâche. Celui-ci doit suivre ses instructions en ce qui concerne l'enseignement religieux.
Zurich. — L'enseignement comprend la religion et la morale chrétienne.
Uri, — La religion lait partie du progi'aimno.
Unlerivaldeii. — La religion li^iire dans le pnjgrarrime.
(îinris. — La religion est au noinhio des branches o])lig;ttoires.
Utile. — A IlAle- ville, le programme comprend la religion.
En Prusse, l'article 24 de la Constitution du :M janviei- 18r)() porte que « l'enseignement de la religion dans les écoles se donne sous la direction des chefs des cultes respectifs ». En exécution de cet article 24, un règlement émané du gouvernement d(''clare que le programme obligatoire des écoles comprend la religion. A la suite du Kulturkampf parut, le 15 octobre 1872, un nouveau règlement des écoles populaires primaires. Ce règlement supprima les livres de lecture dits confessionnels et autorisa le pouvoir civil à réunir sur les mêmes bancs les enfants catholiques et protestants. Dans un certain nombre de localités, les écoles confessionnelles furent alors remplacées par des écoles sans caractère dogmatique bien déterminé, et, comme le clergé se refusa à y enseigner le catéchisme, M. Falk, ministre des cultes, autorisa les instituteurs à donner l'enseignement religieux aux enfants. Le 15 janvier 1879, répondant aux attaques dont il était l'objet, il contesta vivement que, sous son administration, la base de l'éducation, c'est-à-dire la religion, eût été négligée.
En Angleterre , le gouvernement ne crée des écoles publiques que dans les localités où l'enseignement libre est insuffisant. Les écoles libres sont subsidiées par le gouvernement. Dans les écoles publiques, un ensei-
gnement général religieux peut faire partie du plan des études. Les écoles privées sont ouvertes à un enseignement religieux dogmatique. A la vérité, les enfants qui les fréquentent doivent être dispensés, à la demande des parents, de suivre cet enseignement, mais, comme elles sont fondées par les communions religieuses, dans un but de préservation et souvent de propagande , elles ne comptent guère que des enfants appartenant à ces communions. Le i-4 mars 1870, M. Forster, présentant au Parlement un nouveau bill sur l'instruction primaire, disait: « Non seulement je ne viens pas aujourd'hui réclamer l'instruction laïque, mais je ne la réclamerai jamais. Nos opinions religieuses peuvent être différentes, mais je crois que nous tous, que l'immense majorité du peuple anglais, est d'avis que la question du bien et du mal est fondée sur la religion , et qu'en blessant la religion on blesse en même temps la loi. » Aussi un amendement de M. Richard, proposant de supprimer l'enseignement religieux, fut rejeté par 421 voix contre 60.
En Hollande même, où l'instruction laïque est établie, la dernière loi sur l'enseignement, celle de 1878, porte que « l'enseignement doit avoir pour but de développer les facultés intellectuelles des enfants et de les élever dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes et sociales. L'instituteur doit s'abstenir de faire ou de permettre ce qui est contraire au respect dû aux sentiments religieux d'autrui. On n'enseigne pas en Hollande une morale neutre étrangère à toute religion, mais la morale chrétienne, et tout le monde peut être instituteur, à condition de justifier de sa capacité. Il résulte de ces deux dispositions combinées que celles
des écoles publiques qui sont rn';queiit«'îes par une population entièrement catholique ou protestante, sont cil fait conressionnelles.
Enfin en Belgique, sur la terre classique de la loi de malheur, c'est à peine si le ministre de l'instruction publique a pu persévérer trois mois dans la tentative de laïcisation complète qu'il a faite. La loi de 1870, qui « laissait au soin des familles et des ministres des divers cultes l'enseignement religieux», tout en permoAlant d'ailleurs au prêtre de venir donner cet enseignement dans l'école, a soulevé tant d'indignation, et les écoles sont devenues si désertes, que le 20 septembre 1871), M. Van Humbeeck a dû adresser aux gouverneurs la circulaire suivante :
« Monsieur le gouverneur,
« Comme suite à ma circulaire du 30 août dernier, je vous prie de charger les instituteurs communaux de votre province de lire on classe et d'expliquer à leurs élèves la circulaire ministérielle du 17 juillet dernier, concernant Texéculion de l'art. 4 de la nouvelle loi sur l'instruction primaire.
« Ils devront surtout faire comprendre aux élèves et engager ceux-ci à répéter à leurs parents, qu'aucune innovation aux usages suivis jusqu'ici quant aux prières, dans les écoles fréquentées par les enfants d'une même communion, et quant aux emblèmes religieux placés dans les classes, n'a été introduite par la loi du 1<>'" juillet dernier.
« Lorsque, par suite du refus du clergé de donner luimême l'enseignement religieux dans les écoles primaires, les membres du personnel enseignant suppléeront les ministres du cul le professé par les élèves, ils devront se borner à faire rcciler les leçons de religion d'après le catéchisme approuvé par l'ordinaire diocésain.
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« Dans ces conditions, leur enseignement ne saurait donner prise à aucune critique fondée.
« La présente circulaire a été communiquée par mes soins à MM. les inspecteurs de renseignement primaire. «
Signé: « Van Humbeeck. »
Voilà le tour de l'Europe, et on pourrait presque faire le tour du monde.
Aux États-Unis même, aucun enseignement religieux spécial ne se donne sans doute dans les écoles publiques, aucun livre confessionnel n'y est admis; mais les classes commencent par la prière et une lecture faite dans la Bible; et, en 1872, M. Hippeau écrivait dans un rapport à l'Académie des sciences morales et politiques : « Les instituteurs n'ouvrent jamais la classe sans faire à leurs élèves une prière commune et leur lire un chapitre de la Bible. » En 1877, M. Claudio Jannet constatait aussi que, dans presque tous les États, les maîtres font au commencement de la classe une lecture de la Bible.
Ainsi toutes les nations sont unanimes pour placer la religion à la base de l'éducation... Je me trompe..., il paraît qu'il y a un pays où l'enseignement athée est mis en pratique. xM. Paul Bert l'affirme, mais je n'y suis point allé voir: c'est à Honolulu...
Un immense éclat de rire couvre les dernières paroles de l'orateur.
Vous me pardonnerez cette longue énumération, mais je n'ai pas voulu me contenter de la protestation de nos cœurs. Il fallait que la loi de malheur succombât sous le poids des autorités les plus respectées et de