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dans ce domaine beaucoup plus n streint L'astronomie ;i fait naître, sous ce rapport, des espérances trop empiriqfues, qui ne sauraient se réaliser Jamais pour les phénomènes plus compliqués, pas seulement quant à la physique proprement dite, dont les cinq bran ches principales resteront toujours distinctes etttre elles, malgré leurs incontestables relations. On est loti vent disposé à s'exagérer beaucoup les inconvénients logiques d'une telle dispersion nécessaire, parce qu'on apprécie mal les avantages réels que présente la transformation des inductions en déductions. Néanmoins, il faut franchement reconnaître cette impossibilité directe de tout ramener à une seule loi positive comme une grave imperfection, suite inévitable de la condition humaine, qui nous force d'appliquer une tfèS faible intelligence à un univers très compliqué.
Mais, cette incontestable nécessité, qu'il importe de reconnaître, afin d'éviter toute vaine déperdition de forces mentales, n'empêche nullement la science réelle de comporter, sous un autre aspect, une suffisante unité philosophique, équivalente à celles que constituèrent passagèrement la théologie ou la métaphysique, et d'ailleurs très supérieure, aussi bien en stabilité qu'en plénitude. Pour en sentir la possibilité et en apprécier la nature, il faut d'abord recourir à la lumineuse distinction générale ébauchée par Kant entre les deux poiruts de vue objectif et subjectif, propres à une étude quelconque. Considérée sous le premier aspect, c'est-àdire quant à la destination extérieure de nos théories, comme exacte représentation du monde réel, notre
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science n'est certainement pas susceptible d'une pleine systématisation, par suite d'une inévitable diversité entre les phénomènes fondamentaux. En ce sens, nous ne devons chercher d'autre unité que celle de la méthode positive envisagée dans son ensemble, sans prétendre à une véritable unité scientifique, en aspirant seulement à l'homogénéité et à la convergence des différentes doctrines. Il en est tout autrement sous l'autre aspect, c'est-à-dire, quant à la source intérieure des théories humaines, envisagées comme des résultats naturels de notre évolution mentale, à la fois individuelle et collective, destinés à la satisfaction normale de nos propres besoins quelconques. Ainsi rapportées, non à l'univers, mais à l'homme, ou plutôt à l'Humanité, nos connaissances réelles tendent, au contraire, avec une évidente spontanéité, vers une entière systématisation, aussi bien scientifique que logique. On ne doit plus alors concevoir, au fond, qu'une seule science, la science humaine, ou plus exactement sociale, dont notre existence constitue à la fois le principe et le .but, et dans laquelle vient naturellement se fondre l'étude rationnelle du monde extérieur, au double titre d'élément nécessaire et de préambule fondamental, également indispensable quant à la méthode et quant à la doctrine, comme je l'expliquerai ci-dessous. C'est uniquement ainsi que nos connaissances positives^ peuvent former un véritable système, de manière à offrir un caractère pleinement satisfaisant. L'astronomie ellemême, quoique objectivement plus parfaite que les autres branches de la philosophie naturelle, à raison de sa simplicité supérieure, n'est vraiment telle que sous cet aspect humain : car, l'ensemble de ce Traité fera nettement sentir qu'elle devrait, au contraire, être
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jugée très imparfaite si on La rapportait à l'univers et non à l'homme ; puisque toutes nos études réelles y sont nécessairement bornées h notre monde, qui pourtant ne constitue qu'un minime élément de l'univers, dont l'exploration nous est essentiellement interdite. Telle est donc la disposition générale qui doit finalement prévaloir dans la philosophie vraiment positive, non seulement quant aux théories directement relatives à l'homme et à la société, mais aussi envers celles qui concernent les plus simples phénomènes, les plus éloignés, en apparence, de cette commune appréciation : concevoir toutes nos spéculations comme des produits de notre intelligence, destinés à satisfaire nos divers besoins essentiels, en ne s'écartant jamais de l'homme qu'afin d'y mieux revenir, après avoir étudié les autres phénomènes en tant qu'indispensables à connaître, soit pour développer nos forces, soit pour apprécier notre nature et notre condition. On peut dès lors apercevoir comment la notion prépondérante de l'Humanité doit nécessairement constituer, dans l'état positif, une pleine systématisation mentale, au moins équivalente à celle qu'avait finalement comportée l'âge théologique d'après la grande conception de Dieu, si faiblement remplacée ensuite, à cet égard, pendant la transition métaphysique, par la vague pensée de la Nature.
Après avoir ainsi caractérisé l'aptitude spontanée de l'esprit positif à constituer l'unité finale de notre entendement, il devient aisé de compléter cette explication fondamentale en l'étendant de l'individu à l'espèce. Cette indispensable extension était jusqu'ici essentiellement impossible aux philosophes modernes, qui, n'ayant pu suffisamment sortir eux-mêmes de l'état
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métaphysique, ne se sont jamais installés au point de vue social, seul susceptible néanmoins d'une pleine réalité, soit scientifique, soit logique, puisque l'homme ne se développe point isolément, mais collectivement. En écartant, comme radicalement stérile, ou plutôt profondément nuisible, cette vicieuse abstraction de nos psychologues ou idéologues, la tendance systématique que nous venons d'apprécier dans l'esprit positif acquiert enfin toute son importance, parce qu'elle indique en lui le vrai fondement philosophique de la sociabilité humaine, en tant du moins que celle-ci dépend de. l'intelligence, dont l'influence capitale, quoique nullement exclusive, ne saurait y être contestée. C'est, en effet, le même problème humain, à divers degrés de difficulté, que de constituer l'unité logique de chaque entendement isolé ou d'établir une convergence durable entre des entendements distincts, dont le nombre ne saurait essentiellement influer que sur la rapidité de l'opération. Ausi, en tout temps, celui qui a pu devenir suffisamment conséquent a-t-il acquis, par cela même, la faculté de rallier graduellement les autres, d'après la similitude fondamentale de notre espèce. La philosophie théologique n'a été, pendant l'enfance de l'Humanité, la seule propre à systématiser la société que comme étant alors la source exclusive d'une certaine harmonie mentale. Si donc le privilège de la cohérence logique a désormais irrévocablement passé à l'esprit positif, ce qui ne peut guère être sérieusement contesté, il faut dès lors reconnaître aussi en lui l'unique principe effectif de cette grande communion intellectuelle qui devient la base nécessaire de toute véritable association humaine, quand elle est convenablement liée aux deux autres conditions fondamentales, une suf-