Matth., v
le langage humain était impuissant à traduire la perfection immaculée de Marie : Mater purissima, Mater castissima, Mater inviolata, Mater intemerata, or a pro nobis ; mère très pure, mère très chaste, mère sans tache, mère sans souillure, priez pour nous. Oh î qu'elle est donc belle, et qu'elle est donc parfaite, et qu'elle est donc digne de louanges l'ineffable pureté de Marie, et combien le spectacle d'une si haute et si excellente vertu chez celle que nous appelons notre mère doit nous inspirer d'estime pour elle et de confiance en son secours !
C'est pourquoi, quand l'ennemi invétéré de vos âmes tendra des pièges à votre innocence ; lorsque, s'armant d'une impudique audace, il montera à l'assaut de vos imaginations et de vos cœurs ; lorsqu'il fera miroiter sous vos yeux le prisme trompeur des séductions mondaines et des plaisirs déshonnêtes, réfugiez-vous sans tarder dans le sein de Marie. Faites un pressant appel à sa bonté et à sa puissance ; prononcez dévotement son nom ; baisez amoureusement son image ; récitez avec ferveur les prières qu'une croyance et une piété ingénues mettront et retiendront sur vos lèvres, et, j'ose l'assurer, bientôt vous ressentirez l'heureuse et maternelle protection de celle qu'on n'invoqua jamais en vain.
Cette protection, demandez-la non pas seulement pour une vertu, mais pour toutes celles qui font l'écolier modèle, et que l'on aime à voir resplendir sur le front du jeune homme chrétien.
Sentez-vous décroître en vos cœurs, sous l'influence de causes diverses, l'amour que vous devez à Dieu, l'esprit de foi et de religion, de discipline et de docilité, dont s'inspirent les âmes pieuses, et qui préside à toute leur conduite ? Tournez-vous vers Marie, vase insigne de dévotion : Vas insigne devotionis. Priez-la de vous obtenir ce sens religieux qui redresse et oriente le regard et qui l'élève vers l'azur du ciel, de vous communiquer quelque chose de ce feu sacré
dont elle brûla elle-même dès l'aurore de sa vie, qui fond la glace d<vs cœurs, et qui allume au foyer i\c< âmes le flambeau des vérités saintes et la flamme des vertus agissantes.
Etes-vous mélancoliques, enclins à une humeur chagrine, à une sensibilité morose, à cette lourdeur déprimante qui pèse sur certaines âmes jusqu'au point d'en briser tous les ressorts, et qui prédispose, par une sorte de prostration morale, aux chutes les plus honteuses et aux habitudes les plus lamentables? Priez Marie, objet et source de notre joie : Causa nostrœ lœtitiœ, ora pro nobis. Demandez-lui le secret de cette gaîté franche, de ce pur et calme sourire où s'épanouit la santé de l'âme ; et elle vous dira que la cause prochaine de notre joie, et le principe fécond de notre bonheur, c'est la paix de la conscience, et que cette paix si précieuse, sans laquelle tout bonheur est un rêve et toute jouissance un mensonge, vaut bien la rançon des plus courageux sacrifices.
Y a-t-il chez vous mollesse de caractère, apathie dans le travail, âpreté dans les manières, prétention rogue et suffisance orgueilleuse dans les rapports de chaque jour avec vos camarades ? Adressez-vous à la mère de toute bonté et de toute grâce : Mater divinœ gratiœ, ora pro nobis. Exposez-lui vos besoins ; montrez-lui un désir sincère de vous amender et de vous corriger ; et il n'est penchant si marqué, défaut si fortement ancré, habitude si puissamment enracinée, dont sa main, tôt ou tard, ne triomphera et ne vous affranchira.
Lorsque Jésus, suspendu au bois du supplice, jeta un dernier regard sur le théâtre du drame sanglant que sa mort allait consommer, il aperçut tout près de la croix Marie, son auguste mère, et Jean, le disciple préféré, qu'il aimait par-dessus tous : quem diligebat1. Et il dit à Marie : " Femme, voilà votre fils ; "