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il faut encore, et avant tout, recueillir les fortes leçons qui se dégagent de sa vie, considérer les exemples de foi profonde et de vertu laborieuse, inséparables de sa mémoire, et qui la rendent si particulièrement chère à tous les vrais amis de l'instruction et de la jeunesse.
Le collègue que nous pleurons personnifie, à nos yeux, le travail ardent, réfléchi, persévérant, mis au service de la plus noble des causes, la cause de l'éducation.
Ecolier, on ne le vit jamais perdre en lectures frivoles, en Passe-temps qui léroutent ou anémient la pensée, ces heures précieuses que le’ jeune homme doit employer à sa formation intellectuelle, Docile aux enseignements et aux conseils de ses maîtres, il suivait sans dévier le sentier qu’on lui traçait ; et ce sentier parfois ardu, où s’exerçait son courage, devenait chaque année pour lui le chemin de la victoire. Il aimait ses classes et ses livres, et il s’y attachait de plus en plus, par plaisir et par devoir : par plaisir, sans « rute, puisque l’âme altérée et curieuse y étanche cette soif insatiable de connaître qui est l’un de ses besoins les plus pressants ; par devoir, surtout, car c’est l'étude qui façonne les esprits solides, et qui les dispose à servir dignement les plus hauts intérêts de la société et de l’Eglise.
Ce qu’il était écolier, l’abbé Olivier le fut davantage encore, devenu séminariste.
60 DISCOURS Er ALLOCUTIONS
allier aux plus sévères Pratiques de la piété
Sans être une de ces intelligences de haut vol qui planent sur les sommets, :] Possédait un goût sûr, un jugement droit : et ce qui lui manquait peut-être de facilité et de Pénétration naturelle était, chez lui, amplement compensé par la Passion du Savoir et par l’opiniâtreté du travail.
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Chaque année voyait s’accroître le trésor de ses Connaissances, En présence des beautés sereines et des horizons de lumière que lui révélait le culte des lettres, il s’éprenait d’une admiration qui allait jusqu’à l'enthousiasme. I] savourait lui-même avec une délectation extrême ces plaisirs élevés ; et, en classe, par sa parole chaude et persuasive, il les faisait passer dans l'âme enchantée de ses élèves.
Quelques écrits sortis de sa plume, montrent suffisamment ce qu’on pouvait attendre d’elle. Pensées nobles et choisies, critique experte et judicieuse, style correct, châtié, élégant, tout déjà faisait présager pour l’abbé Olivier un avenir brillant et fécond. I] était entré dans le groupe des collaborateurs de notre grande revue, le Canada-Français. Une conférence fort réussie sur le marivaudage lui avait valu les suffrages d’un bon nombre de lettrés ! Ses sermons, quoique rares, étaient goûtés des fidèles.
Mais c’est surtout en classe, dans sa chère classe de Seconde, que le mérite et le talent de notre jeune ami apparaissaient tout entiers.
Il y a dans le cœur humain, et dans l'affection franche et ouverte par laquelle il se livre, une force de persuasion que n’ont pas les seules con-
naissances de l'esprit. Pour se frayer le chemin des âmes, surtout si ces âmes sont neuves, inconstantes, sensibles aux moindres atteintes de
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donne l'intelligence jointe au dévouement, au désintéressement et à la vertu.
J'ai nommé la vertu. L'abbé Olivier, Messieurs, la cultivait depuis son enfance. Il avait compris ‘que, sans elle, sans cette force intérieure qui élève la pensée, redresse le sens de l’âme, et oriente toute l’activité humaine, le travail est un servage, la gloire une vanité et une dangereuse chimère,
Habitué de bonne heure à ne rien négliger de ce que la religion demande, il mit à accomplir tous ses devoirs de prêtre, cette ardeur et ce courage qui ne le quittaient jamais. Pieux, charitable, plein de condescendance, modeste dans le succès, régulier dans ses actions, il offrait à ses confrères l'exemple de toutes les vertus. Il accomplissait saintement les actes les plus ordinaires ; et c’est en cela même qu'ont brillé de tout leur éclat l'énergie soutenue de sa volonté et le mérite singulier de sa foi.
Aussi, quand sonna l’heure des suprêmes adieux. quand il fallut s’arracher à une famille en pleurs, à des frères tendrement aimés, reconcer aux jouissances de l'étude, et aux mille projets d’avenir que caresse instinctivement tout esprit jeune, vigoureux et conscient de ses dons innés et de sa naissante valeur, son âme se trouva prête. Un acte d’espérance, un élan d’amour divin, une pensée et un regard tournés vers le ciel suffirent pour consommer le sacrifice.
avec tant de labeur, il ]
fiance, à jouir parmi les élus de
ans son printemps ; Consoler, il nous en res en garderont l’inoubliab
endormi du sommeil des ité douce, cette soumission
s, foyer des lettres françaises, compléter ses études
omme recueille iciui a Livré Ja vérité t, » NOUS en avons |
‘éternelle vision
Personne un professeur dévoué, la j
eunesse pleure un jeune prêt:
re studieux et
ÉLOGE DU VÉNÉRABLE FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAYAL, PREMIER ÉVÈQUE DE QUÉBEC, Prononcé dans la Basilique de Québec, à l'occasion de l'introduction de la cause de béatification du serviteur de Dieu, le 13 mai 1891
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Similem illum fecit in gloria sanclorum.
Dieu lui a donné une gloire égale à celle des saints.
Eccli., xLv, 2.
Eminence!, Messeigneurs’, Mes Frères,
| le domaine moral, non moi:s que dans l'ordre physique, l’Auteur et l’'Ordonnateur de
1. Son Eminence le cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec.