Tous les archevêques et évêques de la Province de Québec
is naissance par les héros ou d’un saint.
de la foi ? Sa mémoire, toujours chère au peuple canadien-français, toujours bénie, toujours vénérée, a survécu au naufrage des siècles. Et c’est pour honor: cet ancêtre glorieux qu’aujour-
d’hui, dans ce li: istorique premier témoin de son zèle °t dernier thiire de sa piété, s’est réunie l'élite J'me nation qu: fut pendant si longtemps l’obje de se plis “endres et de ses plus vives sollicitudes
Pressés par vw sentiment de juste reconnaissance, nous somme: ve:us, sur l'appel de son Eminence le cardi::] Archevêque, remercier
Dieu et le Saint-Siège d’avoir exaucé nos vœux, d’avoir voulu permettre l'introduction en cour de Rome de la cause de béatification et de canonisation du premier évêque de Québec ; nous sommes venus, dis-je, en face des autels où le portent déjà nos désirs, saluer et célébrer l’immortel fondateur de l'Eglise du Canada, le vénérable François de Montmorency-Laval.
Personne ne contestera l'importance souveraine d’un tel événement. Ce décret du Saint- Siège, sans être définitif, et sans autoriser encore les honneurs d’un culte public, consacre solennellement la vie et les travaux du grand serviteur de Dieu. Il nous remet sous les yeux, à une époque où la foi chrétienne, même la mieux ancrée dans le cœur des peuples, est exposée à de graves dangers, les exemples lumineux de
cette âme si fidèle et les leçons de courage dictées par ce modèle de toutes les vertus.
En effet, par le Caractère de ses mérites et de ses œuvres, Mgr de Laval rappelle les temps héroïques des premiers siècles du christianisme. Organisateur d’une Eglise qui lui doit ses premiers progrès, il a été en même temps, dans ces contrées neuves et barbares, l'infatigable champion de la foi ; et, au milieu de tous ces travaux, on l’a vu s'élever jusqu'aux plus hauts sommets de la perfection évangélique. C’est dire que sur son front brille une triple auréole : le génie de l’auto-
Chef-d’œuvre des mains divines, l'Eglise catholique est une société vivante, un vaste corps moral puissamment organisé selon toutes les lois de l’ordre hiérarchique, et pénétré et vivifé Par un principe supérieur et par un souffle surnaturel qui en est l’âme et la force. Sur cette ‘œuvre merveilleuse, sortie du cœur même du
Christ, et ordonnée à un but universel, doivent se modeler ou plutôt se greffer toutes les Eglises nouvelles, locales et régionales, nécessitées par la marche des temps et par le mouvement des peuples. Vouloir créer une Eglise en dehors de ces conditions serait jeter dans le sol une branche sèche et sans vie, fatalement vouée à la stérilité.
C'est ce qu'avait compris l’illustre François de Laval dès le jour où il fut choisi par les cours de France et de Rome pour aller au Canada exercer les fonctions de Vicaire apostolique.
Formé aux meilleures écoles de la science et du dévouement, préparé et initié, par la Providence elle-même, au gouvernement des hommes et à la gestion des affaires, Mgr de Pétrée apportait à la haute mission dont on l'avait investi un jugement droit et sûr, une foi ardente et profonde, un courage magnanime. Nous ne le suivrons pas dans le détail des œuvres qu’il entreprit et fonda pour assurer à la Nouvelle-France une condition religieuse digne, tout à la fois, de la noblesse de sa naissance, et de la grandeur de ses destinées. Cette étude dépasserait le cadre que nous nous sommes tracé. Toutefois, nous ne saurions taire avec quelle prévoyance, et quel esprit de discernement, le sage et prudent prélat sut asseoir l'édifice confié à ses mains sur ces bases immuables qui défient les révolutions et l’action corrosive des siècles,
Sachant. bien qu’une Eglise ne saurait. longtemps subsister sans un clergé instruit et pieux, il s’appliqua tout d’abord, malgré son peu de ressources, à établir un séminaire, Ce séminaire, mes Frères, fut l’œuvre de prédilection de Mgr de Laval. Il l’entoura de ses soins, l’aida de ses Conseils, le dota de ses deniers, Il en fit, chose admirable, un centre et un foyer ’où tous les
paroisses, et,où chacun d’eux ensuite, brisé, accablé de fatigue, venait avec bonheur refaire ses forces et retremper son courage!,
C’est, en très grande partie, au zèle et à la
Etat, Ce système, sous certains rapports, peut n'être pas parfait. Il a cependant rendu, sur notre terre canadienne, des services inappréciables, Semblables aux tissus celluleux où s’éla-
re la vie physique et qui la gardent et la transmettent, nos centres Paroissiaux ont été des
1. C'était là, assurément, une situation transitoire, mais adaptée aux besoins spéciaux d’une Eglise toute nouvelle, et
qui témoigne de l'esprit éminemment pratique du premier évé. que canadien,
cellules fécondes par lesquelles s’est conservée, et propagée, et multipliée, notre vie religieuse, et avec elle cet esprit de solidarité morale et de communauté civique qui a tenu nos familles rurales si puissamment associées.
L'Eglise, nous l'avons dit, n’est pas une masse inerte, mais un corps vivant. Elle 2 une âme qui la pénètre en tous ses éléments et en tous ses organes, et de laquelle dépendent, comme d’un principe essentiel, sa force, sa fécondité et sa vie.
Ce sera l’honneur propre, et la gloire impérissable, de Mgr de Laval, d’avoir su faire passer dans l'Eglise de Québec le souffle surnaturel qui l’inspirait lui-même, de lui avoir donné une âme lumineuse et pure, d’avoir infusé à son œuvre cette sève spirituelle et ces fortes traditions de doctrine et de morale, de piété et de religion, dont s’est imprégné notre esprit, et qui distinguent aujourd’hui encore nos braves populations canadiennes.
Dans un siècle où l'Eglise de France, menacée par l'invasion protestante et travaillée par le ferment janséniste, se laissait d'autre part entraîner au courant des prétendues libertés gallicanes, quelle énergie ne fallait-il pas, chez un prélat du reste très bien vu de la Cour, pour échapper à tant de périls ! Mgr de Laval eut ce rare et insigne mérite. On le vit, dès le
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début dé son administration, repousser coura-
siens, que du Saint-Siège lui-même. Hostile au jansénisme ainsi qu’au gallicanisme, il ne perdait aucune occasion de battre en brèche ces erreurs.
que son désir de faire prévaloir les exigences de la morale, et de faire partout triompher les intérêts de la religion, de la piété et de la vertu.
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