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Rapport de 1660 adressé au Souverain Pontife

pouvaient suffire À tous les besoins, de nouveaux missionnaires remplis de l'esprit de Dieu. Ces nobles ouvriers du Christ, il les chérissait de toute son âme; et il faut lire les lettres d’adieu, les instructions si sages, et les conseils si pratiques qu’il leur adressait, Pour comprendre tout ce qu’il y avait de foi confiante, d’aspirations sublimes et de lumineuses intuitions dans ce cœur d’évêque et d’apôtre.

Un jour, revenant d’une visite pastorale, il fait rencontre d’un vieux missionnaire tout courbé sous le poids de l’âge, et qui, effrayé peut-être par de sombres prévisions, lui demande d’un air hésitant, s’il doit continuer sa route : “ Mon Père, répond le prélat d’un ton quasi inspiré, toute raison humaine semble vous retenir ici, mais Dieu, plus fort que les créatures, vous veut en ces quartiers-là. ” Et le Père, dans la suite, écrivait qu’au sein de ses labeurs et de ses tristesses, dans la solitude des bois, ou sur le bord des torrents, cette parole tombée des lèvres d’un tel pasteur apportait à son âme consolée des leçons de force et des échos de joie.

Mgr de Laval n'avait pas de plus grand bonheur que de Partager la vie et les travaux de ses prêtres, de sillonner en canot d’écorce, et une crosse de bois à la main, les lacs et les rivières, et d’aller souvent visiter les postes les plus inhospitaliers de son immense diocèse. Sa pré-

Pour qu’il en fit un ciboire, et que ce qui avait servi à la nourriture du corps pût servir désormais à un office plus noble : Porter aux âmes affamées le Corps et le sang d’un Dieu.

rent l’apostolat du premier pasteur de la Nouvelle-France.

Oh! qu’elle doit être grande, la joie du Pieux évêque ; et quelles suaves émotions ne doit-il Pas ressentir en Voyant maintenant, sur ce trône

de sa cathédrale, siéger un prince de l'Eglise, et autour de ce trône, dans tout l'éclat de leur dignité, un si grand nombre de prélats, l’honneur de notre pays et l'orgueil de notre race, et en qui l’âme du saint fondateur revit tout entière, tenir si hautement le sceptre des pontifes !

Vénérable François de Laval, non, ce n’est Pas en vain que, de vos sueurs d’apôtre, vous arrosâtes le sol canadien! Vos doctrines ont germé ; des mains fidèles les ont fécondées ; et vos œuvres, débordantes de promesses et de vie, grandissent et s’épanouissent sous le ciel de la liberté. Ce que vous étiez jadis au conseil souverain, vos successeurs le sont aujourd’hui dans les conseils publics pour défendre la plus belle et la plus vitale des causes. Vous rêviez pour votre Eglise des progrès et des triomphes. Ces progrès se sont accomplis ; ces triomphes, nous les contemplons dans la marche ascendante de notre foi religieuse, dans cette force d’expansion et d'organisation qu’elle déploie, et qui lui assure, en dépit de tous les obstacles, un rôle providentiel sur ce continent d'Amérique !

Nous disions en commençant que Mgr de

Laval avait été non seulement un évêque illustre, non seulement un apôtre généreux, mais aussi

Un grand saint. Similem um fecit in gloria sanciorum.

Sans doute, mes Frères, les deux premiers titres vont rarement sans le troisième. Et, après ce que Vous venez d’entendre, toute considération tendant

chement et le mépris de soi-même, le bruit de la renommée, le travail de la bienfaisance, l'éclat des œuvres publiques, ne font qu'’illusionner l’âme et l’écarter de sa voie.

Mais, s’il en est ainsi des actes extérieurs, du

retraite, d’immolation et de privations, que la patience, le renoncement, et l’abandon inconditiouné aux vues du ciel. Un homme qui porte ces signes, et c2 que j’appellerai ces stigmates de la grâce, n’est pas un chrétien quelconque : c’est

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