Mgr Louis-Nasaire Bégin, archevêque de Quebec
des milliers de pèlerins accourus de tous les pays dans la Ville éternelle.
Pie X, l’élu de Dieu, le Pontife vénéré dont le zèle s'emploie de tant de manières à affermir la foi et à raviver la piété des fidèles, venait de donner une issue heureuse à plusieurs causes de canonisation et de béatification jusque-là pendantes. De nouveaux saints montaient sur les autels ;' de nouveaux astres s’allumaient au firmament de l'Eglise. L’immense basilique de Saint-Pierre, théâtre de ces religieuses et grandioses manifestations, voyait chaque semaine le Pape lui-même y présider en personne et rendre ainsi, par sa royale présence, un hommage souverain aux vertus de ceux qu’il serait désormais permis d’invoquer publiquement comme de célestes protecteurs.
Le quinze janvier, j'avais l'insigne bonheur d’être présent à l’une de ces fêtes. Au haut de l’abside, dans un rayonnement de douce et sereine lumière, un tableau presque transparent attirait tous ies regards. Trois personnages y apparaissaient, à genoux sur un nuage de gloire, tenant des palmes à la main et la figure toute resplendissante de clartés séraphiques.
On se demandait leurs noms. C'étaient des inconnus émergeant soudain de l’ombre du passé, et prenant place, par un acte décisif du Vicaire
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de Jésus-Christ, au rang des bienheureux et des héros chrétiens. — D’où sortaient ces héros ? Sur quels champs de bataille s’étaient-ils illustrés ? Que représentaient ces palmes flottant et s’épanouissant en leurs mains comme des étendards ? Hi qui amicti sunt siolis albis, qui sunt et unde venerunt! ?
Le décret de béatification, retentissant sous la voûte sacrée comme un divin message, vint bientôt nous l’apprendre. Nous sûmes que c’étaient des prêtres, que c’étaient des missionnaires, que c'étaient des martyrs. Leurs tuniques empourprées brillèrent à nos yeux d’un plus radieux éclat, et nous crûmes entendre, comme tombant des hauteurs du ciel, ces paroles de nos Saints Livres : ‘“ Hi sunt qui venerunt de tribulatione magna, et laverunt stolas suas, et dealbaverunt eas in sanguine Agn®. Ceux que vous voyez là, ce sont des hommes de foi, des apôtres admirables qui ont traversé le feu des grandes épreuves, qui ont lavé leurs robes et qui les ont purifiées dans le sang de l’Agneau. ”
Paroles éloquentes, mes Frères, paroles pleines de beauté et de sens !
Et c’est pour y faire écho que je viens aujourd’hui, à la clôture de ce triduum et en ce