‹ Discours et allocutions [microforme]Chapitre 52 sur 58 · CRU ON, OS LE DS JE A · texte numérisé non relu

CRU ON, OS LE DS JE A

aux êtres qui vous sont le plus chers, à ceux-là mêmes dont vous êtes en ce moment la joie et l’orgueil, et dont le bonheur si vrai se mêle et se cunfond avec celui que vous ressentez. Mais dans ce désenchantement et dans ce malheur, et quand peut-être tout sera tombé et tout aura disparu près de vous, vous ne serez pas seules. Quelqu'un vous restera, et ce confident suprême de vos peines et ce consolateur fidèle de vos tristesses, ce sera l’ami qui ne trompe jamais, le Dieu du tabernacle et le Jésus de la table sainte qui vous tend aujourd’hui sa main, et qui vous ouvre aujourd’hui son cœur.

Entrez donc de toutes vos âmes candides dans ce cœur et cet asile généreux. Promettez à Notre-Seiare confiance, amour, fidélité. Conservez-lui, sens aillir, ce culte dont vous lui offrez les prémisses, et lui-même vous conservera son amitié et ses grâces. Priez-le pour vous-mêmes, pour vos parents bienaimés, pour tous ceux et toutes celles qui s'intéressent à vous. Remerciez-le du grand don qu’il va bientôt vous faire ; et un jour, a’ rès une vie vraiment chrétienne, toute remplie de vertus, de mérites et de bonnes œuvres, se vérifiera pour vous cette ps ole que je rappelais en commençant : ‘“ Laissez verir à moi les petits enfants ; car c’est à de telles âmes qu’appartient le royaume des cieux. ”

Votre communion d’enfants, source de tant de joies, se consommera pour vous en un banquet céeste, en une communion plus haute, plus sainte et plus divine qui sera, à la table même des anges et en présence de l’Agneau sans tache, le terme de tous vos travaux, la fin de toutes vos misères, et l’assouvissement de tous vos désirs.

Ainsi soit-il !

ALLOCUTION prononcée à l'occasion d'une réuricn de CONFRÈRES LE CLASSE dans la chapelle du Petit-Cap (St-Joachim) le 19 juin 1901

Chers confrères,

la parole s phrases

res de classe a évidemment

es, ses réminiscences, ses ca-

es et pleines d’entrain : elle

côté religieux. Et c’est pour-

ce matin réunis dans cette chapelle

ssus et discrets gardent tant d'his-

et dont les voûtes, empreintes

chante, ont résonné à travers les ux cantiques.

En pensant aux prêtres vénérables, Ja plupart disparus, qui ont célébré en ce sanctuaire le Saint Sacrifice de la messe, en Songeant aux nombreux essaims d’écoliers qui sont venus ici chaque année, pendant

CNE L'PPET

les mois de vacances, éveiller l’écho des bois, s’ébattre sous l’ombre des grands chênes, et retremper leurs joies dans la grâce des mystères divins, nous ne saurions nous défendre d’une vive et salutaire émotion. Le temps qui emporte tout, qui n’épargne ni âge, ni santé, ni talent, qui a rompu le fil de tant d’existences précieuses et enlevé pour jamais de la scène du monde tant d’hôtes assidus de ces lieux traditionnels et de cette retraite sacrée, le temps, dis-je, nous entraîne, nous aussi, dans sa marche continue et irrésistible vers l'éternel séjour d’où l’on ne revient pas, mais qu’ilnous appartient de rendre heureux ou malheureux.

Cette pensée, tout austère qu’el'e paraisse, ne me semble pas hors de propos dans une circonstance si bien faite pour nous engager à nous replier sur nousmêmes, et À considérer, de notre vie, ce passé qui nous échappe sans retour, et cet avenir plus ou moins voilé qui nous réserve, avec de cruelles surprises, d’inévitables tristesses, et des deuils peut-être prématurés.

Quoi qu’il en soit, chers amis, et pour revenir à des sentiments plus en accord avec le caractère dominant de notre réunion, remercions cordialement le Seigneur des bienfaits dont nous lui sommes redevables, de la santé qu’il nous a conservée, des foyers ou des œuvres qu’il nous a permis de fonder, des succès de tout genre dont il a voulu couronner nos humbles efforts. Remercions-le de nous avoir, par une aimable providence, ménagé ces jours de joie et cette fête de famille où des amis d’il y a trente ans, jeuncs encore d’allure et de cœur, et dispersés sur toutes les routes de la vie, se retrouvent sous le même toit, assis À ln même table, animés du même esprit, recueillis devant le même autel et à genoux aux pieds du même Dieu.

Lorsque tout change sous nos yeux, quoi de plus consolant que cette union durable et cette sympathie fraternelle dans une foi qui n’a pas vieilli, dans

cette foi candide et sereine puisée par nos âmes novices aux sources jaillissantes de la grâce, et qui, à certaines heures, au sortir d’une retraite, d’une pieuse confession, d’une salutaire communion, nous faisait pleurer de bonheur ? Cette foi primitive, nous l’avons gardée ; nous en avons propagé les doctrines ; nous en avons pratiqué les préceptes. Elle est notre plus cher trésor ; et ce que nous demandons instamment à Dieu, ce que nous sollicitons avec confiance de sa paternelle bonté, c’est qu’il daigne protéger en nous ce trésor et le conserver pur de tout alliage jusqu’à notre dernier soupir.

Au cours des vingt-trois années qui viennent de s’écouler et dans la mélée confuse des événements dont s’est remplie notre vie, peut-être avons-nous reçu quelques blessures, subi quelques défaillances, laissé quelque chose de notre ferveur première aux ronces du chemin. i

cette poussière qui s’att

à tout pied kumain ? C’ n'avoir qu’une cui privilège des

fils de l’Egli

l’usage des sacrements, refai réparer leurs pertes ou le

Je voudrais que chacun de nous sortit de cette chapelle l'esprit plus attaché que jamais aux nobles et religieuses traditions du passé, et le cœur tout enivré des parfums que la foi, l’amour de Dieu, l'édification mutuelle, répandent suavement dans les âmes.

Je voudrais encore que pas un ne manquât de satisfaire, avec toute l’ardeur possible, au grand devoir de la prière, devoir que nous sommes tenus de remplir non seulement pour notre bien propre, mais aussi pour le bien et le bonheur d'autrui.

Elèves du séminaire de Québec, de cette illustre et admirable institution dont l’histoire, vous me permettrez de le dire, s’identifie avec l’histoire même de notre pays, nous devons à notre Alma mater l'hommage d’une profonde et franche gratitude, et, avec ce tribut de notre piété filiale, l’assurance de notre attachement fidèle et les vœux les plus cordiaux pour sa prospérité et pour sa gloire. Prions Dieu de la combler des faveurs matérielles indispensables à sa vie, °t des bienfaits d’un autre ordre qui lui permettent de continuer son rôle providentiel et de marcher, sans jamais faiblir, à la tête de tous les progrès intellectuels et moraux.

De plus, puisque cette messe à laquelle nous venons d'assister nous rappelle spécialement le souvenir des confrères défunts, consacrors à leur mémoire autre chose- que de stériles regrets. C’est par de pieux suffrages, et par des appels répétés à la miséricorde divine, que notre amitié pour eux doit marquer sa sincérité et sa constance. Hélas ! depuis notre dernier rendez-vous, nous avons été, sinon très souvent, du moins très cruellement éprouvés, par la perte de deux amis dont nous ressentons aujourd’hui bien vivement l’absence.

L'un d’eux, vous le savez, avocat aussi distingué que modeste, s'était déjà conquis, par ses talents et son travail, et par son sens du droit, avec la palme du doctorat, une place très enviée dans le haut enseignement, position qui l’associait à l’effort mental de notre jeunesse et qui le mettait à même, en cultivant soigneusement cette élite, de déployer toutes les ressources de sa science et tout le zèle de son dévouement.

L'avenir lui souriait ; le bonheur s'était assis à son foyer. Epoux et père de famille tendrement aimé, citoyen intègre, chrétien éclairé et pratiquant, il était de toutes manières, pour l’Université comme pour sa classe, un ornement et une gloire, quand la

mort, par un de ces cou mais qui étonn

confrère en

les plus bell

Et voici que la réaliser, un autre

ses anis en pleurs pour répondre de son Créateur.

"Arthur Hébert, noms synonymes de droiture, d'intelligence et d’honneur, resteront gravés, en caractères que rien ne saurait effacer, dans les annales de notre classe et au plus profond de nos cœurs.

Espérons, chers amis, que le Seigneur, dans sa clémence, nous épargnera pendant lengtemps de telles pertes et de telles douleurs.

Prions les uns pour les autres : c’est le premier devoir de l'amitié. par cette prière, Dieu veuille it der en sa sainte grâce, oublier i voile de pitié et et nos faiblesses,

notre sort définitif. Faisons du salut de nos âmes l’œuvre maîtresse, et l’entreprise capitale qui domine toutes les pensées, oriente tous les travaux, commande tous les sacrifices.

Le ciel en sera le prix ; et, dans cette attente joyeuse, nos douces et fraternelles réunions de la terre n’auront été que le symbole des fêtes plus élevées, plus spirituelles et plus durables, qui rassemblent aux pieds du Très-Haut les âmes dignes de s'aimer et de se posséder éternellement.

ALLOCUTION POUR L'OUVERTURE DU MOIS DE MARIE prononcée dane la Chapelle de la Congrégation du Petit Séminaire de Québec

le ler mai 1902 7 Ét-— —

Chers amis,

es plus chers, dire, du moins, adieu à vos parents ce. Il vous a fallu s

sous ses soins dévoués, aimante, généreuse, toute ésintéressement et de tendresse, er familial qui s'appelle une mère, après Dieu, occupe la première place

enfant bien né.

pénible serait peut-être demeurée Pour vous sans adoucissement, cette absence de l'être chéri dont l'amour et les caresses enveloppaient doucement votre vie insouciante, vous eût peut-être plongés dans un noir chagrin ct eût pu avoir pour vous

des conséquences funestes, si, en entrant au Séminaire, vous n’y eussiez trouvé la main protectrice d’une autre mère, d’une mère bien autrement bonne, bien autrement puissante, bien autrement généreuse que celle qui vous a donné le jour.

Cette mère adoptive et unique, vous la connaissez. Vous l’invoquez chaque jour avec piété et avec confiance. Vous ne la voyez pas, c’est vrai, des yeux de la chair ; mais la foi met entre elle et vous de mystérieux contacts. Vous sentez qu’elle a l’œil ouvert sur vous. Je puis même ajouter qu’elle est au milieu de vous: elle y est par cette image tutélaire qui la rappelle sans cesse à votre pensée ; elle y est par ce sanctuaire où son influence rayonne, par cette pieuse congrégation dont les membres se dévouent à son culte et se consacrent à son amour, par ces fêtes organisées périodiquement en son honneur et qui rendent sa présence en quelque sorte sensible. Elle y est spécialement pendant ce beau mois de mai, où il semble que le nom et les louanges de Marie retentissent à nos oreilles avec plus de suavité, et que l'écho des saints cantiques pénètre plus avant et plus salutairement dans nos âmes.

En vous voyant réunis ce soir auprès de la Vierge toute bonne comme des enfants réjouis et empressés autour de leur mère, je ne puis m'empêcher de songer aux nombreuses générations d’écoliers qui sont venues tour à tour s’agenouiller comme vous au pied de cet autel, qui ont fait monter vers ces voûtes l’encens de leurs prières, qui ont célébré comme vous les gloires et les bontés de la Reine des cieux, et qui ont emporté de cette atmosphère de foi, dont le parfum nous embaume, des germes de vocation sainte ou de fortes et durables impressions. Qui dira, chers amis, les trésors spirituels de toute sorte dispensés par Marie dans ce sanctuaire ? Qui révèlera les faveurs secrètes obtenues par son entremise, les soudaines résolutions écloses au feu de sa charité, les conversions même

opérées, dans des cœurs jusque-là rebelles à la grâce, par la puissance et la portée merveilleuse de son action ?

Marie aime la jeunesse, et la jeunesse doit l’aimer.

Et vous particulièrement, chers amis, qu’une coutume vénérable va convier ici, pendant ce mois, aux plus beaux et aux plus touchants exercices, venez-y, non avec cette allure distraite qui accuse une froide indifférence, mais avec le désir ardent d’y puiser la leçon qui éclaire, la force qui soutient, les joies saines et fécondes qui sont le charme de votre âge et l’odorante floraison de votre vertu.

Quand vous entendrez cette invocation des litanies : Sedes sapientiæ, ora pro nobis, Siège de la sagesse, priez pour nous, rappelez-vous qu’en effet Marie au ciel possède la science la plus élevée et la plus parfaite, et que l’un de ses plus vifs soucis est le triomphe de la vérité sur la terre. Songez que les docteurs les plus éminents, les théologiens les plus illustres, ont imploré humblement le secours de ses lumières : qu’un Albert le Grand, par exemple, reconnaissait lui devoir son érudition immense et profonde ; qu’un célèbre prédicateur moderne, la gloire de l’Eglise de France, ne commençait jamais la rédaction de ses magistrales conférences sans aller d’abord offrir ses hommages à la Vierge très sainte, et sans solliciter l’aide efficace de celle qui eut l’honneur de faire lever sur le monde le soleil de toute vérité et de toute justice.

Mus par de tels exemples, vous-mêmes, mes chers enfants, dans les obscurités qui voilent votre pensée naissante, et daus les difficultés qui surgissent sous vos pas incertains, et auxquelles se heurtent votre énergie et votre labeur, recourez à Marie. Levez vers catte étoile des âmes vos regards humbles et confiants. Implorez ses lumières et son assistance, non avec le désir de satisfaire une vaine et sotte ambition, mais dans l'espoir de répondre par de légitimes succès à l'attente

de vos parents et à celle de vos maîtres, et dans l’intention aussi de pouvoir, l’heure venue, réaliser les desseins que la Providence a formés et qu’elle entretient sur chacun de vous.

Ces succès, du reste, et ces triomphes de bon aloi, —- succès et triomphes que la religion favorise et qu’il est permis à tous de rechercher et de convoiter, — ne sont pas sans relation avec la pureté des mœurs et la sérénité de la conscience.

C’est Notre-Seigneur qui a dit : “ Beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videbunt'; heureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu.” La connaissance des choses de Dieu, l'intelligence de ses œuvres et de tout ce que le Créateur a semé de beau et de grand dans le monde, la vue claire et sagace des questions qui se posent et des devoirs qui s’im-

nt, sont des actes d’un esprit dont rien ne trouble e regard. L'âme humaine est'comme un miroir où la vérité se reflète avec d'autant plus d'éclat que ce cristal est plus pur. Voit-on dans un jeune homme er ti l'empire des sens, s'affirmer et prédominer influence des passions grossières ei des appétits déréglés ? Bientôt son ardeur à l'étude s’émousse ; ses facultés et ses énergies s’al. issent ; les nuages qui montent d'en bas, comme d'épaisses et lourdes vapeurs, enveloppent peu à peu sa pensée et lui dérobent ses plus nobles et ses plus lumineux horizons.

Vous avez besoin, chers amis, d’être purs; tout vous fait un devoir et une nécessité d’être chastes ; et le moyen de garder intact ce lis qui fleurit sur vos fronts, et qui prend ses racines virginales dans les grâces de votre baptême, c’est, avec la confession et la communion fréquente, un culte tout filial pour la très sainte Vierge. Tous les soirs, pendant ce mois, vous redirez dans vos plus beaux chants et de vos voix les plus sympathiques ces invocations maintes fois répétées, et que l'Eglise multiplie à dessein, comme si

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