Léon XIII, encyel. Adjutricem populi, 5 sept
avec la Reine du ciel ces relations confiantes et ce commerce de cœur qui répandent sur tout le cours de l’existence humaine un baume si suave.
Aimez-la, priez-la, servez-la, vénérez-la.
Grâce à une telle mère, et à cette protection puissante dont elle couvre tous les mérites, et dont elle entoure tous les besoins, vous aurez la joie d’être au Séminaire de bons et pieux écoliers, et vous aurez plus tard dans le monde, et selon les voies où Dieu vous appellera, l'honneur d’exercer un double apostolat, l’apostolat du vrai par la parole ou par la plume, l’apostolat du bien par la charité et par l’exemple.
Ainsi soit-il !
SERMON Prononcé à l'occasion d'une cérémonie de YÊTURE ET DE PROFESSION RELIGIEUSE dan3 la chapelle de l'Hitel-Dieu du Précieux-Sang de Québec
18 20 septembre 1904 TO — —
Beati misericordes, quoniam ipsi misericordiam consequenlur.
Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront eux-mêmes miséricorde.
Marre. v, 7.
Mes très chers Frères,
Ce fut une heure mémorable dans l’histoire de l’humanité que celle où Notre-Seigneur, au début de sa mission sur la terre, et entouré d’une foule nombreuse et curieuse suspendue à ses lèvres, prononça le célèbre discours qu’on a appelé depuis “ le sermon sur la montagne.”” Ce discours était une révélation, plus que cela, une révolution, un renversement total des idées jusque-là reçues, des opinions et des croyances païennes sur la vie de l’homme et sur la nature du bonheur.
Jusqu’alors, on avait placé le bonheur dans les
plaisirs grossiers et dans les joies sensibles, et Jésus s’en venait dire à ce monde de jouisseurs : “ Bienheureux ceux qui souffrent, bienheureux ceux qui pleurent.” On avait fait des richesses l’un des mobiles principaux de l’activité humaine, et Jésus osait déclarer heureux ceux qui s’en privent, bienheureux ceux qui sont pauvres. On n’avait eu pour les humbles, pour les petits, pour les misérables, que des paroles hautaines et des gestes de mépris, et Jésus osait appeler heureux ceux qui sont humbles, heureux ceux qui sont charitables, heureux ceux qui sont miséricordieux.
Quel langage, mes Frères, et comme ces accents durent paraître étranges, mystérieux et inintelligibles, à ceux qui, pour la première fois, entendaient l'éloge des larmes, la glorification de la souffrance, et à qui les noms mêmes de miséricorde et de pitié semblaient nouveaux et inconnus !
Pourtant, ce discours portait en germe tout le christianisme. C’est de ce langage, en apparence insensé, qu’est sortie la société chrétienne avec ses prodiges de grâce, de bienfaisance et de sacrifice. C’est du sermon sur la montagne que sont nées tant de maisons pieuses, tant d'institutions charitables, tant d’asiles et d’hospices consacrés sous tant de formes diverses au soulagement des misères humaines ; c’est de là, en particulier, qu’est issu cet admirable institut des Sœurs Hospitalières qui, dès l’origine de la Nouvelle-France, s’implanta courageusement sur le rocher de Québec, et dont l'existence, malgré tant d'épreuves, malgré tant de désastres, et au milieu des vicissitudes les plus cruelles, est demeurée si intimement et si glorieusement liée à notre histoire nationale.
Quand on embrasse du regard l’histoire de cette maison vénérable, quand on se reporte à ses origines et qu’on en suit, à travers les âges, les progrès souvent pénibles et les développements merveilleux, on ne peut se défendre d’une légitime fierté qui va jusqu’à
344 APPENDICE l'admiration, je dirais même jusqu’à /’ Que d’âm , depuis bi
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et une phrase s , pensée dans vos cœurs.
Beati misericorde diam Consequentur :
Parce qu’ils obtiendront eux-mêm Et 1 j i
er, des Vous avez demandé grabat où gît la souffrance.
pas, mes Sœurs, à ce que vous rière cette résolution depuis votre
les amabilités exquises dont vous étiez, de la part de parents bieu-aimés, les tendres et très chers objets ? Ne goûtiez-vous pas ce qu’on appelle dans le siècle la joie de vivre, de vivre en pleine santé, de vivre en pleine jeunesse, de vivre en pleine efflorescence des dons que le monde estime, et au milieu d’une société ui sait encore, en notre pays, tempérer les fatigues u travail par des plaisirs honnêtes et par des jeux innocents ? Ne voyiez-vous pas l'avenir, sous les formes souriantes dont l'imagination le revêt, vous offrir ses espoirs caressants, et vous promettre, non pas certes les satisfactions coupables que vos cœurs chrétiens eussent promptement repoussées, mais les joies légitimes et les succès désirables que recherchent et qu’obtiennent tant de familles pieuses, fidèles au culte de l’honneur et à l’observance de la loi de Dieu ?
Et qu'y avait-il donc ici de tant propre à vous séduire, et à dicter votre choix, et à vous inspirer ce courage, ce renoncement généreux que le grand nombre admire, mais que le petit nombre seul sait imiter ? Sont-ce ces murs austères qui s'élèvent infranchissables entre le passé et le présent ? Est-ce cette solitude du cloître où viennent expirer tous les bruits de la terre, cette réclusion, cette captivité si gênante pour notre nature, cette discipline si rigoureuse de la règle et du silence ? Sont-ce ces vêtements modestes si peu semblables aux parures du siècle, cette guimpe et cette robe de bure si peu faites pour flatter le caprice et pour réjouir la vanité ?
Sont-ce ces lits uniformes rangés comme en un champ de douleur, et ces misères obscures qu'y verse le flot continu et sans cesse renouvelé des scrofuleux, des cancéreux, des infortunés de toutes sortes, de toute condition et de tout Âge, qui viennent cacher ici leurs loques et leur hideur ? Sont-ce ces plaies qui s’ouvrent béantes sous vos yeux délicats, ce sang qui jaillit sous le couteau tranchant et cruel, ces membres qui se tordent sous l'effort de la souffrance ?
Sont-ce enfin veilles prolongées ? est-ce vous im
Ah ! sur la fo je rappelais tout à l'heure : Bea heureux les miséricorvenues, mes Sœurs, chercher en cette . Ne vous êtes-vous pas trompées ?
N'avez-vous pas cédé à un entraînement er, à une noble et fugitive illusion capable d’éblouir un instant des âm de faire r sous leurs mais incapable de les
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vous-mêmes, sont toutes
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