TOAST A L EPISCOPAT
Monsieur le gouverneur, ^îessieurs,
Un écrivain français a dit: "I^es évéques ont édifié la France comme les abeilles construisent leurs ruches." Ces paroles, vraies pour la France, n'auraient pas moins d'îi-propos si on les appliquait au Canada. Les évéques ont joué dans notre hi.stoire un rôle toujours important et souvent décisif.
Monseigneur de Laval a fondé parmi nous la hiérarchie catholique, cette grande force morale
et sociale, et il a jeté dans le sol canadien les fondements d'institutions bienfaisantes, dont nous saluerons demain le magnifique et glorieux épanouissement.
Monseigneur de Saint- Vallier a été l'organisateur de nos paroisses et le créateur de notre discipline ecclésiastique. Monseigneur Briand, par sa vigilance et sa sagesse, a fait traverser à notre nationalité et à notre foi un défilé dangereux. Monseigneur Plessis, homme de conception et d'action, a été tour à tour restaurateur, défenseur et fondateur, et la patrie canadienne n'a pas enfanté d'homme plus illustre. Plus près de nous. Monseigneur Bourget a multiplié les monuments de son zèle pastoral ; Monseigneur Taché a joué dans l'Ouest le rôle d'un chef de race en même temps que d'un apôtre ; Monseigneur Taschereau a fait briller sur le siège antique de Québec, la plus haute et la plus humble vertu, avant que d'y faire briller la pourpre vimaine, gmce à la paternelle sollicitude de notre grand pontife Léon XIII.
Je m'arrête. Messieurs; il est des noms qu'une respectueuse réserve m'interdit de prononcer ici ce soir, et des éloges dont je dois m'abstenir, parce qu'ils perdraient en délicatesse ce qu'ils gagneraient en à propos. Je me bornerai donc à dire qu'aujourd'hui comme autrefois, notre épiscopat est une des forces et l'une des gloires les
plus incontestables de notre nationalité. Nous le yo3'on$ à la tête de tous les progrès, ne se renfermant pas uniquement dans la mission de direction religieuse qu'il accomplit avec une vigilance si éclairée, mais faisant sentir sa bienfaisante influence dans le domaine de l'éducation de la colonisation, de l'agriculture, en un mot, ne faisant qu'un avec le petiple confié à sa houlette et s* identifiant partout et toujours avec ses intérêts les plus chers. Il nous donne ce soir une nouvelle preuve, une preuve éclatante et qui nous touche profondément, de son esprit ardemment patriotique, par sa présence au milieu de cette démonstration populaire, de ces agapes nationales.
''Il fait bon vivre sous la crosse", a dit un écrivain illuslre. Du fcmd du cœur, je fais écho à cette gi'ande parole, et en votre nom. Messieurs, je remercie notre admirable épiscopat de ce qu'il a fait pour nous dans le passé, et de ce qu'il fait pour nous dans le présent.
Qu'il me soit permis d'ajouter qu'en proposant un toast à l'épiscopat canadien, nous vouhms aussi rendre hommage à notre clergé si dévoué, si profondément national, qui a été notre plus ferme soutien dans no.s épreuves, qui a toujours marché sur les traces de ses chefs naturels, et qui continue à suivre leurs nobles exemples.
Messieurs, à notre patriotique épiscopat.