‹ Discours et conférences. 2. sérChapitre 16 sur 38 · A TRÈS UN SIECLE · texte numérisé non relu

A TRÈS UN SIECLE

Cent ans ! C'est une longue période, — magnum aevi spatium, — dans F histoire d'un peuple. Le siècle qui s'achève aura vu s'accomiDlir pour notre race d'importantes modifications et de graves événements. Qu'étions-nous en 1800 ? A travers quelles épreuves, quels revers et quels succès avons-nous passé, depuis ? Que sommesnous aujourd'hui ?

A l'aurore du dix-neuvième siècle, au moment où les esprits subtils de l'époque discutaient, — tout comme on l'a fait aux alentours du 1er janvier 1900, — la grande question de savoir si l'on était au commencement ou à la fin d'une période séculaire, le peuple canadien-français se trouvait encore dans une situation bien précaire et bien périlleuse.

Nous étions depuis quarante ans sous la domination britannique. Sans doute, durant ce laps de temps, nous avions progressé. A part Tannée de l'invasion américaine, en 1775-TG, nous avions joui d'une paix profonde.

Les blessures infligées par la guerre de Sept ans étaient depuis longtemps cicatrisées. L'agriculture était prospère ; le commerce commençait à prendre de l'essor ; nos populations coulaient des jours paisibles sous l'étendard d'Albion. Mais au point de vue politique et social, notre influence était nulle. De redoutables problèmes se posaient au patriotisme inquiet de nos esprits dirigeants. Xotre nationalité résisterait-elle à l'absorption ? Nos institutions pourraient-elles éviter les écueils dont elles étaient menacées ? Notre chère langue française, — ce doux parler de nos aïeux, — continuerait-elle à être le verbe populaire et dominant sur les rives du fleuve majestueux qui fait l'orgueil du Canadien ? Autant de questions qui se dressaient devant nos pères lorsqu'ils essayaient de scruter notre avenir.

En 1800, la population canadienne-française était d'environ 120,000 âmes dans la province du Bas-Canada. La population anglaise n'était que d'une vingtaine de mille âmes. Et cette immense majorité franco-canadienne était gouvernée par une poignée de fonctionnaires fanatiques et hostiles à notre race. Depuis 1791, où le Canada avait été divisé en deux provinces, notre peuple avait le privilège d'élire des députés pour le représenter au parlement Mais, dans l'enfance de nos institutions politiques, cette représentation était presque sans pouvoir. Elle donnait une

voix à nos revendicatioiis, et c'était tout. Il n'y avait pas de corrélation entre Texécutif et la législature, l'action de celui-là n'était en rien soumis à l'influence de celle-ci. Bien des années devaient s'écouler avant que la responsabilité ministérielle devint un axiome de notre droit parlementaire, et l'instrument de nos victoires constitutionnelles.

Il yavait alors comme aujourd'hui un conseil exécutif, un conseil législatif et une assemblée législative. La fonction de conseiller exécutif était une sinécure. Le conseil législatif était composé en majorité immuable de créatures des gouverneurs. Et l'assemblée était presque toujours impuissante quand elle essayait de réaliser une réforme utile.

Ça et là le gouvernement introduisait dans le conseil exécutif et dans le conseil législatif quelques Canadiens français, triés, à de rares exceptions près, parmi ceux dont on croyait pouvoir escompter la docilité. Mais toutes les charges importantes du gouvernement étaient soigneusement réservées aux membres de la faction régnante. Le grand juge de la province était l'honorable William Osgoode, qui était en même temps président du conseil législatif et membre du conseil exécutif. Le juge en chef de ^lontréal était l'honorable James Monk, membre, lui aussi, des deux conseils. Sur huit juges de la

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cour du Banc du Roi, nous n'en avions que deux, MM. P.-A. De Bonne, à Québec et P.-L. Panet, à Montréal ; et malheureusement ils n'étaient pas du tout en harmonie avec les sentiments de leurs concitoyens. Le procureur-général était ^I. Jonathan Sewell ; le directeur-général des postes était M. Hughes Finlay ; le collecteur des douanes était M. Thomas Ainslie, et il n'y avait pas un seul Canadien français employé dans ce départemnt ; le receveur-général était M. Cakhvell, dont un retentissant péculat devait plus tard rendre le nom si tristement notoire ; le secrétaire de la province était sir George Pownall ; l'auditeur et l'inspecteur des comptes était M. T. -A. Coffin; l'arpenteur général était M. S. Holland ; le secrétaire du gouverneur et le greffier du Conseil Exécutif était le fameux Heraian-Witsius Ryland, lïmie de l'oligarchie anti canadienne, l'esprit dirigeant de la faction bureaucratique, l'ennemi acharné de notre nationalité et de notre Eglise. En un mot, à l'exception de quehiues postes subalternes, les Canadiens français étaient complètement exclus de l'administration des affaires de leur paya

Dans sf)n beau livre, la France aux colonies, ^[.Rameau a tracé ce tableau de la situation de nos p<>res, opprimés par une bureaucratie intolérante, à la fin du dix-huitième siècle.

^"^La foule peu estimable des spéculateurs et

des marchands qui avaient afflué après la conquête, et cette race servile et despotique à la fois de fonctionnaires publics, que l'on retrouve chez tous les peuples du monde, nourrissaient une haine violente contre les Canadiens. Ces derniers^ exclus de tous les emplois et de toutes les affaires publiques depuis trente ans, avaient laissé un libre champ à l'envahissement de cette troupe d'étrangers ; ceux-ci avaient donc fini par regarder le Canada comme leur domaine, et par constituer une sorte de caste qui gouvernait le pays. C'était eux, bien plus encore que le gouvernement anglais, et quelquefois même malgré celui-ci, qui imposaient à cette infortunée province une quantité de petites persécutions et de mesures vexatoires. Leur plan était de réduire les Canadiens à l'état d'ilotes, de faire du Canada une seconde Irlande, et d'y organiser une oligarchie dominante, comme celle qui opprima longtemps cette dernière et malheureuse contrée. Le gouvernement métropolitain, rendons-lui cette justice, se montra plus libéral^ et souvent ses membres déjouèrent leurs plans, qui devaient en dernier lieu succomber devant la résistance patriotique de ceux qu'ils espéraient asservir."

Nos pères avaient donc plus d'un motif de crainte et d'anxiété, en pénétrant dans l'inconnu du nouveau siècle. Comme elle était faible et désarmée, à ce moment, notre nationalité, si cruel-

lement éprouvée, d'abord par la défaite, ensuite par Tostracisme ! La presse canadienne-française était à naître parmi nous. Nos tribuns, nos parlementaires et nos penseurs ne s'étaient pas encore révélés. Nos grands chefs politiques et religieux n'étaient pas sortis de la foule. Plessis restait dans la pénombre ; Papineau et Bédard n'avaient point frappé leurs coups historiques. Et les hommes qui rêvaient notre anéantissement pouvaient se dire qu'ils en auraient bientôt fini avec nous.

Mais, Dieu merci, nous avions des réserves de forces que nos pères ne soupçonnaient pas euxmêmes. Depuis trente ans, après l'effondrement de l'ancien régime, après les désastres de l'invasion et l'interruption des études, le séminaire de Québec et le séminaire de Saint-Sulpice s'étaient vaillamment remis à l'œuvre, et nous avaient fabriqué des hommes trempés pour la lutte. Honneur en soit à jamais rendu i\ ces deux illustres maisons !

Le premier choc eut lieu en 1804. Nos ennemis fondèrent le Mercnrij pour nous calomnier et nous dénoncer.

Aussitôt Le Caiwdien- surgit, pour nous justifier et nous défendre. Le vieux Canadien, premier-né de notre presse nationale, avec quelle émotion nous feuilletons toujours ses fortes pages jaunies par le temps ! Pierre Bédard en fut

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l'âme ; Taschereau et Blanchet j tinrent souvent la plume ; Jacques Viger, débutant dans la carrière, en fut le rédacteur en titre pendant quelques mois. Le vaillant journal fit une belle campagne, dont nous lisons encore aujourd'hui avec un puissant intérêt les bulletins émouvants.

Bien des articles profondément pensés et solidement écrits, virent le jour dans la feuille patriote. Damer le pion au Mercury ; c'était un jeu pour nos polémistes de 1806 et de 1807 ! Mais bientôt le jeu se gâta. La mitraille gouvernementale se mit de la partie. Craig, the little king, — entrait en scène. Après quelques escarmouches, notre première grande bataille rangée constitutionnelle fut livrée en 1810. Assemblée populaire contre gouverneur !

Ce fut une rude et brillante rencontre. Le Canadien j perdit héroïquement la vie ; il devait renaître plus tard. MM. Bédard, Taschereau, Blanchet furent emprisonnés. Le parlement fut deux fois dissous ah irato. Mais le courage et la fermeté des Canadiens ne fléchirent pas. Et la faction Ryland vit en définitive ses projets déjoués. Ce dont il s'agissait en apparence, c'était de l'indépendance du parlement. Bédard et ses collègues soutenaient avec raison que les juges ne devaient pas siéger dans les assemblées. Mais, quelle que fut l'importance de cette question, la raison du conflit était plus pro-

fonde. Il s'agissait de savoir si la constitution de 1791 nous avait garanti la plénitude de nos droits politiques. Craig et la caste bureaucratique ne voulaient pas admettre que la majorité canadienne pût jouir dans son intégrité du self government ; les chefs patriotes luttaient pour faire reconnaître nos franchises constitutionnelles.

Pendant qu'ils livraient cette bataille, le grand Plessis défendait avec la plus intrépide vaillance nos libertés religieuses, et triomphait, à travers mille périls, des complots tramés contre le pouvoir pontifical et épiscopal.

Craig disparut. Avec Prévost une ère d'apaisement commença. La guerre de 1812 vint faire briller la loyauté canadienne, et Châteauguay, cet " éclair au coin d'un bois,*' jeta sur notre race un reflet d'héroïsme.

Puis ce furent d'autres combats. En 1818, commença le long et î>énible conflit entre l'exécutif et l'assemblée, au sujet de la liste civile et des subsides, conflit qui, avec des temps d'arrêt, des reprises, des soubresauts, des trêves, des crises aiguës, des incidents multiples, se poursuivit jusqu'en 1836.

C'était toujours la question du self c/oveni- 7}wnt qui était en jeu. Durant cette période, les gouverneurs Dalhousie et Aylmer furent les principaux champions de la doctrine bureaucratique.

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Du côté opposé, les droits populaires ne manquèrent pas de défenseurs. A l'exception de Bourdages, notre première génération de parlementaires célèbres était disparue de la scène. Bédard, Panet, Joseph Papineau, Taschereau, Borgia étaient morts ou avaient pris une honorable retraite. Mais Louis-Joseph Papineau, Denis-Benjamin Viger, Vallières de St-Réal, Quesnel, Cuvillier, et plusieurs autres, les avaient remplacés dans l'arène. Avec le concours de Neilson, un Ecossais loyal et ami de la justice, ils firent échouer le premier projet d'union entre les deux provinces, en

Cependant, Dieu réser\'ait encore à notre race de terribles épreuves. La lutte entre Toligarchie et la majorité parlementaire s''env-enima et prit un caractère menaçant.La sagesse ne présida pas toujours aux conseils de nos chefs. Entraîné par la passion politique et le ressentiment des injustices subies, Papineau, devenu le grand agitateur de la province, dépassa la limite qu'il avait paru d'abord se fixer à lui-même. Deux scissions successives se produisirent dans la phalange canadienne. Mais le tribun dominait l'assemblée et la poussait aux extrêmes. Nous croyons qu'à la session de 1835, une modération habile eût pu changer la face des choses et faire éviter à notre province de cruels désastres. Malheureusement Papineau, appuyé par un nouveau groupe de jeunes

députés, parmi lesquels brillaient MM. Lafontaine et Morin, souffla à la majorité la flamme de ses colères impétueuses, et le gant fut jeté à l'Angleterre. Elle le releva à la pointe de la baïonnette. On sait le reste. Mil huit cent trente-sept est une date de sang et de larmes dans notre histoire au dix-neuvième siècle. Les intrépides paysans que la voix des agitateurs avait poussés à la prise d'armes,sans le vouloir peut-être, furent implacablement écrasés. La mitraille et la torche ravagèrent quelques-uns de nos districts. Nous eûmes les cours martiales, les proscriptions, les échafauds. On nous enleva notre constitution. On nous gouverna par l'arbitrage à peine déguisé sous le masque transparent du Conseil spécial. On ostracisa notre langue. On nous imposa TUnion. Et le Bas-Canada prospère fut chargé des dettes du Haut-Canada obéré. En 1840, nos destinées nationales semblaient avoir subi un recul de cinquante ans.

Et cependant nous survécûmes à cette effroyable crise. Au milieu de nos orages, le journalisme politique avait ressuscité, avait grandi malgré les aquilons et muUiplié ses rameaux. Viger, Parent, Morin avaient ramassé la plume brisée par Craig aux mains de Bédard et de Taschereau. Le Canadien î\ Québec, la Minerve, à Montréal, d'autres feuilles animées de la même inspiration, avaient jeté dans les sil-

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Ions populaires la bonne semence des libertés constitutionnelles. En même temps la muse patriotique, née (le nos malheurs, commen(;ait à déploj'er ses ailes, à chanter les gloires de nos aïeux, à célébrer notre passé, à consoler notre peuple des tristesses du présent, en ranimant dans son cœur l'espoir en l'avenir.

Chauveau, poète adolescent, flétrissait les banquiers, auteurs véritables de l'Union exécrée. Garneau préludait à son histoire réparatrice par ses chants nationaux. Notre clergé admirable, continuant son œuvre séculaire, multipliait les maisons d'éducation. Enfin, ce qui restait de nos hommes publics après la tourmente se ralliait pour de nouveaux combats, et Lafontaine assagi, éclairé par les lueurs de la foudre qui avait effleuré sa tête, contractait avec le noble et loyal Baldwin cette alliance féconde qui nous conduisit à la victoire.

Comme je ne trace ici qu'une esquisse et non une page d'histoire, je n'entends point raconter l'Union. Instituée pour nous perdre, elle nous apporta, par la permission du Ciel, l'instrument de notre salut. La responsabilité ministérielle, qui peut avoir ses inconvénients, mais (jui nous a donné le moj^en de briser le joug oligarchique, était contenue en germe dans l'Acte d'Union. Seulement, des gouverneurs comme Sydenham et ^letcalfe voulaient Tempêcher de

croître et de fructifier. Lafontaine et Baldwin, après huit ans de lutte, firent triompher la vraie doctrine constitutionnelle. L'heure des grands gouverneurs britanniques avait enfin sonné. Bagot et Elgin, noms immortels dans la mémoire reconnaissante de notre peuple, proclamèrent la légitimité de nos revendications. Et les fauteurs de l'Union, destinée à nous annihiler, virent un jour avec stupéfaction les Canadiens français arriver aux affaires, et participer au gouvernement de leur patrie, pour la première fois depuis que le drapeau fleurdelisé avait repassé les mers.

Ce grand succès était accompagné de beaucoup d'autres. Notre nationalité agrandissait son domaine par le défrichement de nos forêts et de nos terres incultes. Elle s'affirmait dans les lettres. Elle se faisait une place dans le commerce et dans la finance, longtemps fermés au plus grand nombre de nos compatriotes. En un mot, dans toutes les sphères de l'activité sociale, elle prenait de glorieuses et pacifiques revanches.

Cependant le siècle marchait et entraînait dans son cours les honunes et les événements. A Lafontaine et Morin succédaient Taché, leur digne compagnon d'armes, puis Cartier, l'énergique et clain-ojant leader. Les partis se divisaient, les luttes devenaient plus iipres, les rap-

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ports entre les deux sections du Canada devenaient plus difficiles. Après vingt-sept ans, d'une série de heurts et d'imbroglios aigus naquit la confédération des provinces, qui donnait à chacune d'elles le contrôle de ses intérêts les plus directs, et créait un pouvoir central chargé de surveiller leurs intérêts communs. La province de Québec devenait autonome, et un lieutenant-gouverneur canadien-français reprenait à Québec les fonctions abandonnées un siècle auparavant par le marquis de Vaudreuil.

Nous touchons ici à l'histoire absolument contemporaine, et il serait oiseux de nous y appesantir. Depuis trente-trois ans la Confédération dure. Nous y avons rencontré nos épreuves ; nous y avons trouvé des avantages et des succès. Notre nationalité y a gagné pour ses affaires intimes, pour ce qui lui tient le plus au cœur, ce self govcrnment vers lequel elle a tendu pendant soixante ans ses efforts. Et c'en est assez pour nous faire aimer le régime fédéral, en dépit des difficultés qui ont parfois signalé sa mise en œuvre.

Où en sommes-nous aujourd'hui, en l'an de grâce 1900, comparés à ce que nous étions en Tan de grâce 1800 ? Nous étions alors environ 120,000. Nous n'avions pas de presse, pas de littérature, pas de commerce, pas d'influence politique. Aujourd'hui nous sommes à peu près

1,500,000. Nous avons une multitude de journaux, dont l'un tire à plus de 60,000 exemplaires, et qui, réunis, parlent à plus d'un million de lecteurs. ]Xous avons une littérature, une littérature imparfaite, sans doute, mais dtmt les progrès sont incontestables, et qui peut être comparée sans crainte à celle des anglo-canadiens. Dans le commerce, l'industrie, la haute finance, nous rivalisons avec nos concitoyens d'une origine différente de la nôtre.

Dans la politique, nos orateurs, nos chefs parlementaires marchent de pair avec ceux des autres races. Xous avons conquis sur la forêt et la solitude les Bois-Francs, le lac Saint-Jean, les régions de l'Ottawa, du yominingue, de la Métapédia, et, franchissant nos frontières, nous avons entamé le Haut-Canada à l'Est et tl l'Ouest, et lancé nos colonies jusiiu'aux pieds des Montagnes-Rocheuses. Eu égard à ce que nous étions, ce que nous sommes n'est-il pas merveilleux, et ne devons-nous pas rendre à la Providence maternelle de ferventes actions de giiiees, au déclin du siècle qui s'achève ?

Ah I oui, tout compte fait, le dix-neuvième j siècle a été pour le peuple canadien-français un 1 siècle glorieux I II nous a donné dans l'Eglise, I pour ne parler que des morts, les Pk^ssis, les / Taschereau, les Hourget et les Laflèche ; dans les lettres, les Oarneau, les Parent, les Créma-

zie, les Ferland, les Taché, les Cliauveau ; dans la politique et la magistrature, les Bédard, les Panet, les Papineau, les Viger, les Vallières, les Lafontaine, les Morin, les Taché, les Cartier, les Dorion. Il nous a vus sauvegarder nos libertés religieuses et conquérir nos libertés politiques.

Sans doute, il nous laisse encore plus d'un ardu problème à résoudre. Qui peut prévoir quelles épreuves et quels combats nous réserve

peut-être le vingtième siècle, dont nous voyons, dès à présent, poindre l'aube incertaine ? ^Mais

qu'importe ? La lutte n'est-elle point la règle de toute vie humaine et de toute vie nationale ? Notre merveilleuse histoire nous a appris à avoir confiance en la Providence. Soyons seulement fidèles à nous-mêmes et à nos traditions. Gardons de toute atteinte, au fond de nos cœurs, le feu sacré du patriotisme et de la foi. Et préparons-nous à entrer demain, sans crainte, dans le siècle nouveau, qui ouvre déjà devant nous ses perspectives mystérieuses. ^

Québec, 22 juin 1900.

1. Cet article fut puiblié da.Ti'9 le " Journal " de Mantnéal.

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